Photo Martine Doyon.Chaque semaine, l’écrivain en résidence de la bibliothèque Robert-Bourassa, Bertrand Gauthier, nous propose un petit texte. Dans ses billets, il traite d'un sujet qui le touche, parfois littéraire, parfois sportif, suivi d'un haïku et de lectures recommandées. (Billet # 1, 26 octobre 2012)
Le 23 septembre dernier, j’ai participé au demi-marathon de Montréal. Pourquoi je cours ? Simple, j’adore courir. Rien de tel que de sentir la goutte de sueur qui vient me chatouiller le bout du nez, de me prendre vaniteusement pour Alexis le trotteur qui courait aussi vite qu’un train ou encore de me sentir galoper tel un cheval puissant et libre comme l’air vers… Vers quoi au juste ? Ou plutôt vers qui ? Vers moi-même et c’est fort possible qu’il en soit ainsi. C’est pourquoi je pratique aussi le yoga afin de calmer mon cerveau débordant d’endorphines surexcitées par cette course effrénée vers moi-même. Si c’est vrai, vaut mieux en rire et continuer à courir. Mais une chose est sûre : que je coure vers moi-même ou vers autre chose et peu importe la vitesse à laquelle je cours, je n’arriverai jamais à distancer mon ombre. C’est quand même rassurant de savoir que même si l’on se perd, notre ombre sera toujours là pour nous retrouver.
Et l’écriture dans tout ça ? Je vais l’intégrer progressivement à mes nombreuses galopinades de galopin. Quand les mots n’existent pas pour exprimer ce que l’on ressent, il ne faut pas se gêner pour les inventer. Qui sait, un de ces jours, ils seront peut-être adoptés par le petit Robert, le Grand Larousse ou l’Office québécois de la langue française.
Haïku hebdomadaire no 1
Nuit de septembre —
le funambule sourit
à la pleine lune
Lectures recommandées
* À tout seigneur, tout honneur : L’homme rapaillé de Gaston Miron et les 2 CD 12 hommes rapaillés qui reproduisent les spectacles donnés à partir de cette œuvre de Gaston Miron.
* Dans l’œuvre de Haruki Murakami, je propose ces trois livres : Autoportrait d’un auteur en coureur de fond (pour les amateurs d’endorphines surexcitées, je conseille aussi le Courir de Jean Échenoz sur la vie romancée d’Émile Zatopek), Kafka sur le rivage (un roman envoûtant, métaphorique et allégorique) et L’éléphant s’évapore (des nouvelles qui donnent la pleine mesure du talent de cet auteur japonais).
(Source JULIE SÉLESSE, BIBLIOTHÈQUE ROBERT-BOURASSA)




