Bien que n'étant pas d'Outremont, Mathilde Blais, la cycliste de trente-trois ans écrasée sous un véhicule lourd lundi le 28 avril, fréquentait, il y a quelque temps, nos cafés de l'avenue Van Horne, notamment Le Paltoquet. Apprise seulement le lendemain, la nouvelle que la victime de cette tragédie était notre amie fut rapidement propagée par téléphone et par courriel. Nous en sommes tous consternés. Par sa douceur, sa grande culture, son intelligence et son humilité, cette jeune orthophoniste avait gagné notre affection et elle était appréciée de tous.
Le concours de circonstances qui a emporté Mathilde est inconnu, et le sera peut-être toujours. Malchance? Négligence? Nous n'avons pas à répondre: quelle que soit la cause, cette aimable jeune femme n'en reviendra pas. Nos soucis sont autres. Nous réfléchissons à la précarité de la vie, celle des êtres que nous aimons autant que la nôtre. Nous pensons à notre responsabilité à l'endroit de notre prochain, inconnu autant que connu: nous sommes responsables à son endroit. En l'absence de renseignements fiables, il serait téméraire de formuler des conjectures sur les causes de cette tragédie: pleurons plutôt la victime disparue dans la fleur de l'âge, soyons compatissants envers ses proches qu'ébranle et afflige ce choc, et soyons prudents pour éviter d'être heurtés à notre tour ou encore de percuter quelque innocent passant.
Manuela Ene
Pierre Joncas
Normand Montour
Pierre Pivet




