Mme David fait un pari risqué
11-04-2012
La porte-parole de Québec solidaire (QS) lance un appel à Thomas Mulcair pour rassembler la gauche au Québec dans le but d’unir les forces pour contrer les politiques de droite du gouvernement Harper. Rappelons à Mme David qu’un des thèmes de la campagne au leadership de M. Mulcair était le recentrage du parti. Le désir de former le prochain gouvernement aura probablement plus d’ascendant sur la stratégie politique du Nouveau Parti démocratique (NPD) que pourra en avoir la base militante, plutôt réticente à ce repositionnement.
Soulignons aussi que QS est un parti souverainiste dans ses lettres; demander au nouveau chef du NPD de soutenir le Québec dans ces valeurs est en soit une incohérence. Les faits d’armes de Thomas Mulcair sur la scène politique québécoise sont peu compatibles avec un quelconque soutien aux Québécois qui ont pour projet de se donner un pays. Rappelons-nous, par exemple, que Thomas Mulcair a été directeur des affaires juridiques d’Alliance Québec, organisme ayant notamment pour mandat de faire modifier la loi 101. M. Mulcair y voyait même un rempart contre la séparation. Plus troublant encore, il a maintenu qu’il y avait eu conspiration de la part du camp du OUI dans sa circonscription pour annuler les votes en faveur du NON lors du référendum de 1995.
Madame David se positionne en fédéraliste en demandant au NPD, un parti aux politiques centralisatrices et dont le programme touche à plusieurs champs de compétence provinciale, de s’opposer au gouvernement Harper afin que le Québec et sa population ne se sentent pas isolés dans le Canada des Conservateurs.
En outre, la candidate de Québec solidaire dans la circonscription d’Outremont, Édith Laperle, présente une des avenues explorées par son parti pour défendre les valeurs de justice sociale et de respect des droits humains chères au Québec. QS souhaiterait que le gouvernement fédéral finance à hauteur de 0,7 % du PNB l’aide internationale et que ceci soit défendu et soutenu par l’opposition officielle au Parlement canadien. Notons que cet objectif de financement est une des recommandations du rapport de la Commission d’étude de l’ONU sur l’aide internationale présidée par L.B. Pearson à l’aube des années 1970, un engagement que le Canada n’a même jamais respecté.
D’autre part, le Québec, dans sa politique internationale, se donne déjà un mandat en matière de solidarité internationale. Il est difficile de comprendre comment un parti souverainiste peut faire le choix de se tourner vers le gouvernement fédéral plutôt que de s’employer à améliorer les politiques québécoises. De son côté, le Parti Québécois propose de regrouper en un seul ministère tous les services qui sont reliés à l’action internationale ce qui permettra une plus grande cohésion d’action et de financement. Les organisations non gouvernementales qui œuvrent en coopération internationale seront appelées à collaborer à la relance de la politique québécoise de coopération. Avec une telle politique, bonifiée par l’expérience acquise et l’expertise des organisations déjà présentes sur le terrain, le Québec sera en contrôle de ses actions et non plus assujetti à la volonté et aux politiques du gouvernement fédéral.
Roxanne Gendron
Candidate pour le Parti Québécois
Circonscription d’Outremont




