Un autre mandat pour Bachand ?
23 mai 2012
Monsieur Bachand sollicitera un nouveau mandat aux prochaines élections générales. Il veut présenter un 4e budget qui permettra un retour à l’équilibre budgétaire et qui nous donnera les moyens de nos ambitions. « J’ai le goût », dit-il, « de bâtir un Québec plus riche, plus solidaire pour laisser à nos enfants un espace de liberté où ils pourront faire leurs propre choix ».
Les dépenses de son dernier budget sont pourtant chiffrées à 10 milliards de dollars de plus que dans le plan initial de retour à l’équilibre budgétaire. L’atteinte de l’équilibre budgétaire se fera parce que le gouvernement transfère ses hausses de dépenses à la dette.
Un Québec plus riche? Les redevances du Plan Nord rapporteront tout au plus que 400 millions de dollars par année d’ici cinq ans. Les libéraux se refusent à demander plus aux entreprises minières. Nous pourrions demander jusqu’à 30 % sur les surprofits et, si cette mesure était effective, elle nous aurait permis d’obtenir plus de 7 fois le montant versé par une compagnie établie au Québec l’an dernier, passant de 88 M $ à 659 M $.
Un Québec plus solidaire? Dans le budget Bachand, il n’y a rien pour le décrochage scolaire ni rien pour l’accessibilité à un médecin de famille. La taxe santé est augmentée à 200 $ sans égard au revenu; les familles de la classe moyenne seront les plus touchées. Ce budget contient des mesures d’aide à l’emploi tout en sabrant 25 M $ dans les programmes. On offre une maigre augmentation en soutien financier à un aidant naturel pour améliorer la qualité de vie des ainés mais on retire 23 M $ du plan d’investissement prévu pour les personnes âgées.
Une liberté de choix pour nos enfants? Le débat sur la hausse des frais de scolarité a permis de mettre au jour la volonté du gouvernement de faire de l’éducation un produit de consommation. La mentalité de l’entreprise privée s’est lentement mais sûrement installée dans les administrations de nos universités; nos étudiants et leur diplôme sont devenus des produits marchands à offrir dans une économie néolibérale. En limitant l’accès aux études supérieures par l’endettement étudiant, en inventant un remboursement proportionnel de la dette étudiante, nul ne choisira de faire des études selon ses propres habiletés et selon ce besoin que nous avons tous de contribuer à notre façon à la société à laquelle nous appartenons.
La vision néolibérale pousse l’individualisme à son summum et nie la notion même de société collective. Les étudiants nous font la démonstration que le chacun pour soi est révolu et la population québécoise est en train de faire le constat qu’un enrichissement personnel a sa contrepartie, l’appauvrissement personnel.
Roxanne Gendron
PQ Outremont




