Un citoyen profondément inquiet et indigné
13-03-2012
Tout citoyen soucieux de la paix devrait prendre connaissance des plus récents messages affichés sur les blogs de Céline Forget et Pierre Lacerte, et visionner les vidéos auxquelles ces messages donnent accès. Certains ont été récupérés avant que les vidéastes, sans doute honteux et conscients de s’être condamnés eux-mêmes, ne les retirent de Youtube. Les cheveux lui en dresseront sur la tête.
Par leur tapage à l’occasion des festivités de la Pourim, un ramassis de hassidim a perturbé la tranquillité des résidants d’un large secteur d’Outremont, y compris ceux du quartier avoisinant la Bibliothèque Robert-Bourassa. De plus, une foule y a bloqué la sortie de la caserne des pompiers, avenue St-Just: s’il s’était déclaré un feu, les conséquences pour la région desservie eussent pu être désastreuses. Aussi, des autobus ont circulé illégalement – et massivement – sur plusieurs rues résidentielles.
(...) se sont évertués à intimider la conseillère Forget. (...) Appelés sur le lieux, les agents de la sécurité publique et de la police n’ont imaginé rien de plus brillant que de l’escorter au poste 24 pour lui proposer une leçon sur la manière d’exercer ses fonctions. Mais ne serait-ce pas le devoir d’une conseillère que de veiller au respect des conditions réglementaires assurant la jouissance paisible de la quiétude à laquelle tout citoyen a droit? Il n’a cependant pas effleuré l’esprit des forces dites de l’ordre de faire respecter les règlements (...). Qu’auraient-ils fait s’il s’était agi, par exemple, d’étudiants en grève contre la hausse des frais de scolarité?
Dans cet histoire lamentable, il importe de bien le souligner, la liberté de religion est nullement en cause. Pourim est une fête religieuse, bien sûr, mais les activités illégales et les affronts odieux à l’endroit de Mme Forget ne sont pas dictées par les exigences du culte. La «tolérance» de l’administration de l’arrondissement n’a rien à voir avec l’«obligation d’accommodement raisonnable» des pratiques d’une religion, si vaste puisse être la portée de cette obligation: elle s’apparente au favoritisme du parti au pouvoir à l’endroit d’une importante clientèle électorale. C’est de la tolérance à la manière Duplessis.
Au passage, la comparaison avec l’Halloween est bancale. (i) Halloween est l’affaire d’un soir, pas deux jours; (ii) les adultes y voient à ce que les enfants se déplacent paisiblement et ils se gardent de faire eux-mêmes du grabuge; (iii) aucun autobus ne se déplace illégalement sur des avenues résidentielles. Et j’en passe probablement.
Que conclure?
De deux choses l’une.
A. Ou les autorités civiles sont incapable de maintenir l’ordre public, (i) soit parce que les forces policières, à qui la tâche est déléguée, sont impuissantes devant la meute, auquel cas nous sommes en État d’anarchie, (ii) soit parce que ces forces refusent d’obtempérer aux directives des élus civils, auquel cas nous sommes en État policier.
B. Ou bien les autorités civiles acceptent que certains groupes puissent impunément (...) troubler l’ordre public (...) auquel cas… À chacun de tirer ses propres conclusions.
Il y a quelque chose de pourri à Outremont.
Le reconnaissez-vous, madame la mairesse? Sinon, comment expliquez-vous les incidents désolants de la semaine dernière? Ne les déplorez-vous pas?
Si oui, entendez-vous intervenir pour mettre fin à ces infractions répétées et graves aux règlements qui mettent en péril l’ordre public et la paix civile? Quand? Comment?
Sinon, pourquoi pas? Comment, au juste, interprétez-vous vos responsabilités?
Bien entendu, je ne m’attends à aucune répose sérieuse à ces questions. Il ne m’étonnerait d’ailleurs pas de les voir taxées de malveillance. Soyez assurée, cependant, madame la mairesse, que ce sont celles d’un citoyen qui, si respectueux soit-il, n’est pas naïf et qui, pour cette raison, est profondément inquiet et indigné.
Pierre Joncas




