un message à sens unique
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15/10/2013
La curiosité qui m'a poussée à aller voir le film Secondaire V de Guillaume Sylvestre était nourrie par le fait que mon adolescent fréquente l'école Paul-Gérin-Lajoie-d'Outremont (PGLO) depuis le début de son secondaire et que ma jeune cinéaste en devenir y a étudié lors de ses récentes années au secondaire.
Mon aînée ayant choisi en 2006 cette école de quartier pour sa concentration en Art Dramatique, tous les membres de notre famille avons déménagé nos pénates dans le quartier afin de lui offrir une qualité de vie exempte de transport et, surtout, une expérience au secondaire dans un milieu de vie ''à échelle humaine''. Ainsi donc, PGLO a été choisie et n'a pas été un passage obligé pour mes deux jeunes.
Au sortir de la représentation, une amertume, voire une colère, s'est installée en moi, telle une force qui m'encourageait à crier tout haut ma déception quant à cette œuvre. Ma réaction n'est en aucun point dirigée vers la qualité cinématographique du documentaire. Toutefois, les choix éditoriaux de Guillaume Sylvestre ne traduisent en rien l'expérience que j'ai eue de PGLO à travers le vécu de mes jeunes. C'est un choix, je ne peux en discuter. Je suis cependant fort inquiète de l'image que projettera cette œuvre auprès des parents moins impliqués dans le quotidien de leurs jeunes qui fréquentent l'école PGLO ainsi que de celle projetée auprès des parents qui actuellement ''magasinent'' une école publique pour leurs jeunes. En effet, le documentaire laisse très peu de place, voire aucune place, aux exemples d'élèves qui y vivent (ou y ont vécu) un séjour positif, motivés et empreints d'une acceptation des règles encadrant leur réussite et encore moins à ceux ayant bénéficié des mesures prises par l'équipe-école pour favoriser leur accomplissement. En d'autres termes, un seul côté de la médaille nous est présenté dans ce documentaire alors que la réalité quotidienne laisse place à d'autres types d'élèves, voire à d'autres types de comportements et d'attitudes. Là où le bât blesse, c'est qu'à aucun moment je n'ai perçu que le réalisateur annonçait que ce portrait en était un parmi d'autres, beaucoup plus nuancés que celui qu'il a choisi de présenter. Seul devant la scène, ce message à sens unique risque de ternir l'image non seulement de l'école PGLO, mais également celle de l'école Publique. Oui les adolescents sont beaux, oui les adolescents ont des choses à dire, mais NON ils ne portent pas tous le même discours et ils ne nourrissent pas tous la même amertume face au monde adulte et encore moins une telle attitude d'irrespect envers le système scolaire et envers leurs parents.
Catherine Chevrier, Outremont




