Une résidente de l’avenue Durocher se pose de sérieuses questions sur le respect du patrimoine à Outremont depuis qu’elle a vu s’élever, cette année, un mur en blocs de béton d’environ vingt pieds de haut sur la ligne mitoyenne de sa cour arrière.
Une résidente de l’avenue Durocher doit désormais composer avec un mur en blocs de béton d’environ vingt pieds de haut, construit sans permis sur la ligne mitoyenne de sa cour arrière. PHOTO JOURNAL D’OUTREMONT « Venez voir », lance Louise Dubois en nous invitant dans sa cour pour examiner de plus près le mur qu’a érigé son voisin, vraisemblablement sans permis de construction. « C’est le fun, n’est-ce pas? », ironise-t-elle, avant de livrer plus sérieusement le fond de sa pensée. Pour cette Outremontaise, ce mur est non seulement « imposant » et « dénué de sens », mais, à ses yeux, le matériau utilisé, en blocs de béton, est tout simplement « inacceptable ».
Auparavant, une simple clôture en bois séparait les cours arrière. « C’était aéré », dit Louise Dubois, en racontant s’être toujours très bien entendue avec l’ancien couple de voisins. « Mais là, la maison a été vendue et cela fait maintenant trois ans qu’elle est inhabitée. »
Le nouveau voisin « ne vient jamais ici », poursuit-elle. « Mais à un moment donné, des ouvriers ont commencé à faire toutes sortes de travaux. » Elle croit qu'ils ont tout démoli au rez-de-chaussée et au sous-sol. Puis à l’automne dernier, « ils ont commencé à construire une terrasse proche de ma ligne et j’ai commencé à m’inquiéter de ce qui arrivait. »
Elle n’était cependant pas au bout de ses peines. Le 8 janvier 2026, voilà qu’un mur en blocs de béton commence à s’élever sur la ligne mitoyenne.
Tout de suite, Louise Dubois signale la construction du mur à l’arrondissement d’Outremont. On lui répond qu’un dossier est désormais ouvert et consigné sous un numéro de requête à dix chiffres. On lui mentionne aussi qu’un inspecteur prendra en charge le dossier, mais pour en obtenir le suivi, elle devra soumettre une demande d’accès à l’information.
Des ordres de cesser les travaux ignorés
Les documents obtenus par la demande d’accès à l’information de Louise Dubois révèlent que l’arrondissement a émis deux avis d’arrêt des travaux au propriétaire qui a érigé le mur, les 15 et 22 janvier derniers. Ces avis n’ont pas été respectés et le propriétaire contrevenant a reçu deux amendes de 206 $ pour non-respect de cette ordonnance.
Les documents révèlent également que l’arrondissement a émis un constat d’infraction de 1326 $ au propriétaire en octobre 2024. Ce dernier n’avait pas suspendu des travaux effectués sans permis dans la cour arrière, après avoir reçu un premier avis.
Le 8 mai dernier, l’arrondissement d'Outremont a de nouveau apposé une affiche « Ordre de cesser les travaux » à l’adresse où ont lieu des travaux sans permis, avec le message manuscrit suivant : « 1000 $ if removed! ».
Quatre jours plus tard, Louise Dubois nous a envoyé un courriel, photo à l’appui, pour nous dire que les travaux n’avaient pas cessé dans la cour de son voisin malgré l’arrêt demandé.
Le Journal d'Outremont n’a pas été en mesure de parler au propriétaire de la maison où s’effectuent les travaux sans permis. L’arrondissement d’Outremont n’avait, pour sa part, pas répondu à nos questions au moment de publier ce texte.
Le règlement de zonage d’Outremont stipule que « la hauteur maximale des clôtures, murs ou haies est de deux mètres ». D’après ce règlement, le mur en blocs de béton de près de 6 mètres de haut ne serait donc pas conforme. Sera-t-il éventuellement démoli? C’est la grande question qui reste pour l’instant sans réponse pour Louise Dubois.




