Sa feuille de route est impressionnante. L'infatigable Louise Lapointe, fondatrice de Casteliers, semble réussir tout ce qu'elle entreprend. Dans l’univers incertain de la pérennité des arts, son parcours et ses réalisations tiennent de l'exploit. À la tête du succès de Casteliers depuis 12 ans, elle est un acteur majeur dans l'avènement de la Maison internationale des arts de la marionnette (MIAM) à Outremont, la première du genre au Canada. Plus récemment, elle accède au Conseil exécutif de UNIMA, Union international de la marionnette, créée à Prague en 1929 et partenaire de l'UNESCO. On lui confie la Commission des Festivals internationaux pour les quatre prochaines années. Portrait d'une puissance tranquille.
Louise Lapointe de passage au bureau du Journal d’Outremont. PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT Il y eut un commencement
« C'est d'abord le travail de la matière qui m'a séduite », dit-elle d'entrée de jeu. Les arts plastiques et la fabrication de masques à l'Université Laval, puis la technique et la production en théâtre à Ryerson (Ontario), la fabrication de marionnettes à l'École nationale des arts de la marionnette à Charleville-Mézières en France, et le perfectionnement dans la fabrication de marionnettes à Prague, elle a gravi un à un les échelons du savoir-faire. Sa rencontre avec le pionnier d'origine allemande de la marionnette moderne, Felix Mirbt, a été déterminante. « J'ai été éblouie! » ajoute-t-elle avec enthousiasme. Le voir travailler, ça été une découverte à tous points de vue. »
De nombreuses réalisations artistiques
Elle mettra son talent et ses connaissances à exécution dans la conception et la fabrication de masques, de costumes et de décors pour une trentaine de productions du Conservatoire d'art dramatique de Montréal et de nombreuses compagnies théâtrales au Québec, en Ontario et en France. En 2005, le Théâtre Outremont lui demande de monter une programmation pour les enfants durant la relâche scolaire. Les Casteliers prenaient leur envol dans la diffusion des arts de la marionnette. Depuis 12 ans, le festival annuel des Casteliers accroit son rayonnement sur la scène du Théâtre Outremont, avec la présentation d'artistes venus de partout dans le monde mais nous fait aussi connaître aussi les marionnettistes de chez nous.
L'arrière-scène du succès
« L'union fait la force », elle y tient et y revient sans cesse. Nous faisons un travail d'équipe, c'est notre succès ». Elle partage la direction générale de Casteliers avec Catherine Renaud, directrice de production. Un solide partenariat unit l'entreprise avec l'arrondissement, la bibliothèque Robert-Bourassa, le Théâtre Outremont. Des liens solides se tissent avec les associations de marionnettistes d'ici et d'ailleurs. Des partenaires publics ainsi que des entreprises privées participent au financement et les commerces d'Outremont offrent leur vitrine aux marionnettes durant le festival. L'aptitude de cette rassembleuse à s'entourer et à gagner la confiance est remarquable.
« Le temps détruit ce qui est fait sans lui », la puissance du travail et du temps, elle aime à se le répéter, est essentielle. Il faut en mettre de l'énergie pour que ça fonctionne. Loin d'être du temps perdu, c'est avec une pierre puis une autre qu'on bâtit un édifice, celui de la réussite, comme ce fut le cas pour ses projets antérieurs. Elle rappelle que les entreprises culturelles sont portées à bout de bras par de petites équipes, le travail est énorme et repose sur peu d'épaules.
Après ma rencontre avec Louise Lapointe, j'en suis venue à la conclusion que sa réussite tient d'abord à la passion qu'elle cultive pour l'art de la marionnette depuis 35 ans. Un amour immense qui rejaillit sur ses partenaires et ceux avec qui elle travaille. Elle tient certainement aussi au bonheur de vivre ensemble, artistes, petits et grands admirateurs, sur la planète poétique des marionnettes, le temps d'un spectacle.
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