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On le sait, la mort d'un jeune cycliste sur le chemin Camillien-Houde en 2017 a amené l'administration Plante à mettre en place un projet pilote visant à bloquer la circulation automobile sur ce tronçon du mont Royal. Une année plus tard, l'Office de consultation publique de la Ville était amené à produire un rapport public et dernièrement, au printemps 2025, la Ville annonçait que des travaux visant à interdire l'accès automobile au chemin Camillien-Houde seraient entrepris en 2027-28.
Si les médias en ont beaucoup parlé, aucun débat réel n'a été fait autour de cette question! Pire, dans un article de la Presse, le journaliste Maxime Bergeron soulignait dernièrement que loin de répondre aux recommandations de son propre office de consultation (OPCM), la Ville en ignorait les deux premières recommandations! Soit de maintenir la circulation automobile sur l'ensemble de l'axe Camillien-Houde\Remembrance tout en le réaménageant en « chemin de plaisance ».
Or, alors qu'on ne voyait aucun espoir de voir l'administration Plante revenir sur sa décision, on apprenait tout dernièrement que le nouveau chef de Projet Montréal et aspirant maire de Montréal, Luc Rabouin, déclarait que le projet de fermeture de la voie Camillien-Houde aux automobilistes devait être revu. Celui-ci déclarait en effet, selon un article récent de Sarah Collardey dans Le Devoir, que si le projet de la ville était un bon projet, on devait retravailler certains aspects pour assurer « un accès simple et efficace au poumon vert de Montréal, en particulier pour les personnes aînées, à mobilité réduite et les parents avec de jeunes enfants ».
Le parti d'opposition à l'Hôtel de Ville, Ensemble Montréal, avait déjà dénoncé ce projet pour ces mêmes raisons d'accès de tous à la montagne. Que le chef de Projet Montréal veuille le retravailler offre une lueur d'espoir pour qu'il y ait un véritable débat à ce sujet durant les prochaines élections municipales. Or, il semble que la solution en train de se dessiner se réduise à garder la porte ouverte à une possibilité de transport collectif, sous forme de navette sur le chemin Camillien-Houde. Mais, selon nous, une telle solution serait un pis-aller, favorisant les quartiers ouest de la ville au détriment des quartiers est.
En gardant ouvert le chemin Remembrance à l'ouest de la ville et en fermant le chemin Camillien-Houde à la circulation automobile, on ne ferait que perpétuer l'inégalité d'accès à la montagne entre l'est et l'ouest de la ville. Pire, on accentuerait les inégalités existantes. On sait en effet que les entrées piétonnes au mont Royal sont plus nombreuses à l'ouest qu'à l'est et que plusieurs des quartiers sud – où se trouve l'université McGill par exemple – et des quartiers ouest sont carrément construits sur les flancs du mont Royal comme Westmount qui à elle seule occupe tout un sommet du mont Royal!
Aussi, à côté des objectifs écologiques et de sécurité que représente le projet actuel, le débat devrait mettre de l'avant d'autres objectifs tout aussi nobles, selon nous, comme l'objectif d'égalité d'accès de toutes les populations de la ville à la montagne. C'est ainsi que les citoyens d'Outremont, du Plateau Mont-Royal et des quartiers de l'est de la ville pourraient avoir accès à la nature, ce qui constituait un des premiers objectifs de Frederic Law Olmsted, l'architecte-paysagiste du mont Royal. Pour ce faire, en respect des différents acteurs municipaux et des citoyens, la Ville devrait revisiter les recommandations de son comité consultatif, telles qu'émises en 2018. Espérons donc que le débat se fera en toute démocratie lors des prochaines élections municipales.
Colette Bernier
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