Avenir incertain
pour un immeuble remarquable
L’édifice du 1307 avenue Van Horne qui abrite la succursale de la Banque Royale sera vendu. La Société d’histoire d’Outremont, comme de nombreux résidants, souhaite la préservation de ce bâtiment classé remarquable par les architectes Bisson et Associés. (11 mars 2012) L’annonce du déménagement de la Banque Royale sur l’avenue Van Horne a fait réagir plusieurs personnes de l’arrondissement intéressées à la préservation du patrimoine outremontais. Construite en 1949 par l’architecte américain Sumner Godfrey Davenport, cette succursale de la RBC va cesser ses activités. Les services seront déplacés dans un autre édifice situé tout près sur la même artère, angle l’avenue Outremont. Alors pourquoi la RBC déménage-t-elle plutôt que de rénover le bâtiment actuel? Par manque d’espace, selon les représentants de la banque. Ce qui est regrettable. À l’instar de la succursale située sur l’avenue du Parc, angle Laurier, il aurait été souhaitable que l’établissement rénove le bâtiment plutôt que de le vendre. Désigné comme étant exceptionnel par les architectes Bisson et Associés, l’édifice surprend par la qualité de sa pierre, ses hautes fenêtres latérales et l’équilibre de ses volumes. Coiffée d’un toit en parapet et encadré par deux filets en relief, la succursale présente une ordonnance régulière, représentative du courant moderne fonctionnaliste en vogue après la seconde guerre mondiale auprès des institutions bancaires. L’édifice répond également aux règles de la composition classique par la hiérarchie de ses ordres et par ses proportions liées au nombre d’or. Sur la façade, deux grands piliers encadrent la porte vitrée à cadre de métal.
Par ses qualités architecturales, le bâtiment rehausse grandement le caractère de l’avenue Van Horne et contribue à son rayonnement. La vocation future de l’édifice préoccupe à juste titre les résidants. Comment seront aménagés et entretenus les nouveaux lieux? Car si la vente de succursales bancaires n’est pas nouvelle, le respect de l’intégration architecturale par ses nouveaux usagers ou propriétaires n’est pas toujours au rendez-vous. Qu’il s’agisse par exemple d’enseignes qui déprécient les devantures ou d’autres arrangements extérieurs peu soucieux des éléments architecturaux d’origine.
Dans le rapport publié en 1993 sur le patrimoine bâti à Outremont, les architectes Bisson et Associés, soulignaient qu’il appartenait aux pouvoirs publics de veiller à la qualité des interventions en ce domaine. Ils précisaient que les projets soumis devaient être examinés en fonction du respect des caractéristiques essentielles des bâtiments et de leur intégration à l’environnement. Aussi, il serait intéressant que la future vocation de l’édifice soit structurante pour l’avenue Van Horne. Depuis l’annonce du déménagement de la succursale de la RBC, on est à même de constater l’attachement que portent les Outremontais à leur patrimoine. Ce qui nous réjouit. Un dossier à suivre…
(Collaboration spéciale, Jean de Julio-Paquin, texte et photo tirés de Mémoire Vivante, LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE D'OUTREMONT)




