Communiqué version abrégée Galerie d’Art d’Outremont
À travers trois ensembles d’œuvres récentes, Alexis Lavoie provoque des rencontres entre optimisme et nihilisme, entre angoisse et insouciance, entre abstraction et représentation. Des espaces inquiétants y accueillent les traces défraichies d’un passé glorieux, voire les résidus prémonitoires d’une catastrophe anticipée.
Les petits tableaux de la série Faits divers, qui donne son titre à l’exposition, sont peints alla prima, en une seule session de travail de deux ou trois heures. Les accidents, les décisions prises sur-le-champ éloignent les tableaux de leurs images sources, opérant par le fait même une distorsion sur le monde que l’on connaît. Pour certains d’entre eux, Lavoie s’applique à une représentation détaillée, alors que d’autres affichent des formes plus sommaires. Souvent, la dilution de la matière picturale crée un flou qui évoque autant l’image hors foyer, qu’elle soit photographique ou filmique, que les souvenirs diffus.
Plusieurs tableaux empruntent leurs sujets à des photographies trouvées sur Internet ou prises par l’artiste. Pour d’autres, des plans spécifiques proviennent de films de Larry Clark ou de Robert Morin, par exemple. Des images iconiques, notamment celle de Neil Armstrong marchant sur la lune, côtoient des références à la culture populaire, comme les bonhommes Carnaval ou les clowns. C’est dans leur addition, dans leur mise en relation que ces sujets éclectiques prennent tout leur sens. Scènes pathétiques de moments de détresse, visions cauchemardesques d’une Amérique déchue, les tableaux mettent en forme un malaise, une incertitude symptomatique du monde contemporain.
L’incertitude qui marque la série Faits divers trouve ici écho dans les espaces mis en scène par Lavoie où se superposent les temporalités, alors qu’un obélisque est érigé à proximité d’un module de jeu pour enfants et qu’un divan antique cohabite avec une chaise de jardin. À plusieurs endroits, la nature semble renaître au cœur d’espaces désertés. Ou, plutôt, est-ce que ce sont les derniers spécimens d’une planète en train de succomber au réchauffement climatique qui sont ici représentés?
Quelques œuvres de la série Station, où des corps humains dénudés et fragmentés s’adonnent à des jeux énigmatiques, poursuivent sur une échelle plus intime les thèmes soulevés par les séries Jardins et Faits divers. Réalisées à partir de sessions photographiques où l’artiste agence des corps et des objets, elles suggèrent à la fois l’anonymat et la mise au silence, la célébration et le tourment, la violence et l’affection, le grave et le banal.
Fondée en 1993, la Galerie d’art d’Outremont offre un lieu d’exposition d’une superficie de plus de 150 mètres carrés. Elle a pour but de diffuser la production d’artistes professionnels dont les recherches s’inscrivent dans toutes les disciplines en art visuel. La Galerie d’art d’Outremont a aussi pour objectif de familiariser le public, le plus large possible, avec les différentes avenues que propose l’art contemporain.
Jusqu’au 30 avril 2017
Galerie d'Art d'Outremont
41, Av. St-Just (voir carte)
514 495-7419
Ouvert du mardi au vendredi, de 13h à 18h, samedi et dimanche, de 13h à 17h
galeriedartdoutremont.ca
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