Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
Khalil de Yasmina Khadra (éditions Julliard, 2018), 260 pages.
Khalil de Yasmina Khadra est un roman qui se situe dans la même veine que sa trilogie : L’Attentat, Les Hirondelles de Kaboul et Les Sirènes de Bagdad, à la différence près que l’histoire ici se déroule principalement entre Paris, Molenbeek, Bruxelles et Marrakech.
Paris, vendredi 13 novembre 2015. Qui ne se souvient pas de cette terrible soirée ? Trois lieux attaqués dans un temps rapproché : attentats-suicides à Saint-Denis près du Stade de France lors d’un match de foot, fusillades dans des cafés et restos des 10e et 11e arrondissements et le Bataclan où se donne un concert qui réunit des milliers de personnes.
Le roman débute précisément ce jour-là. Dès la première phrase, le ton est donné et Yasmina Khadra ne lâchera pas le rythme avant la dernière ligne : « Nous étions quatre kamikazes ; notre mission consistait à transformer la fête au Stade de France en un deuil planétaire. » Celui qui parle ainsi s’appelle Khalil. Arabe, musulman de 28 ans, sa « mission » est de se faire exploser dans le RER au moment où les gens rentrent chez eux après le match, tandis que son ami d’enfance Driss devra agir en amont sur ceux et celles qui sortent du Stade de France.
L’une des ceintures remplies d’explosifs ne fonctionnera pas pour une raison que je ne vous dévoilerai pas. Ce n’est que le point de départ de l’intrigue qui se déroule sur une période d’un peu plus de quatre mois, vous verrez pour le reste… c’est assez terrifiant.
Khalil, qui a vécu dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles, met les pieds dans la Ville Lumière pour la première fois. Ses parents sont des gens simples. Sa mère, une Berbère analphabète qui a été obligée de se marier à 16 ans fait ce que son mari lui dit, tout en s’occupant des siens. Marocain, le père de Khalil, épicier en Belgique, est un homme rustre et buveur. Un été sur deux, quand l’argent est au rendez-vous, ils vont à Nador, la région qui les a vus naître.
Khalil a une sœur jumelle, Zahra, avec qui il s’entend à merveille. C’est un peu moins le cas avec son aînée de 17 ans, Yezza qui, après sa dépression nerveuse, s’est installée à Mons. À 40 ans, cette dernière n’est toujours pas mariée et travaille dans un atelier rempli de machines à coudre, tandis que Zahra a été rejetée par son mari à peine quelques mois après les noces.
Khalil, Driss et Rayan sont amis d’enfance. Tous trois sont nés en 1992 et ont habité le même immeuble, rue Melpomène, à Molenbeek : Khalil déteste son père, celui de Driss a abandonné le foyer familial alors que son fils n’avait pas un an, et Rayan, le plus intelligent du groupe et le seul à avoir terminé ses études, est orphelin de père.
Pourquoi donc, en ce 13 novembre 2015, quatre individus, dont Khalil et Driss, ont décidé de donner leur vie au nom d’une cause qui les dépasse sûrement ? Quel rôle l’association Solidarité fraternelle à laquelle ils appartiennent a-t-elle joué dans leur décision ? Ont-ils trouvé une raison d’être auprès de leurs frères ? N’ont-ils pas plutôt été embrigadés ? Cherchent-ils leur moment de gloire ? Avec cette « mission », seront-ils considérés comme des terroristes ou des martyrs ?
Ce roman, écrit dans un style classique, nous met face à toutes ces questions et encore plus. Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, mais mon sixième sens me dit que ce roman se retrouvera, un jour, sur grand écran…
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SKhadra%2C%20Yasmina.%20Khalil__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
Vous voulez en savoir plus sur d’autres titres ?
Allez faire un tour : http://irresistibles.bibliomontreal.com/
Ou sur ma page FB : https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne/
Partagez sur




