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M. Philipe Tomlinson
Maire d’Outremont
Monsieur Le Maire,
Cette résidente d'Outremont avait raison de vous questionner lors de la réunion du Conseil de Ville, le 4 septembre dernier, au sujet du Chemin Camillien- Houde. En effet, comme maire vous avez le devoir de surveiller avec vigilance ce qui se passe autour de notre arrondissement afin de mesurer l'impact que peuvent avoir sur nous les activités et les décisions de nos voisins.
PHOTO ARCHIVES LE JOURNAL D’OUTREMONT Ainsi, cette résidente était inquiète, comme je le suis aussi d'ailleurs, en même temps que très déçue par les effets du Projet Pilote concernant le Chemin Camillien- Houde (C.C.H.) que l'on voudrait éventuellement fermer pour de bon à la circulation de transit, dans le but dit-on, de se réapproprier le Parc du Mont-Royal et le rendre plus sécuritaire pour ceux qui le fréquentent.
Comme membre de la coalition qui a mené Madame Valérie Plante à la Mairie de Montréal, vous êtes certainement la bonne personne à qui nous adresser pour faire connaître notre opinion et notre désapprobation face à ce projet, étant donné que c'est là un des éléments du programme électoral que Madame Plante tente maintenant de concrétiser!
À titre de fidèle visiteur de ce magnifique Parc du Mont-Royal depuis des décades, j'affirme, d’entrée de jeu, que la circulation de transit ne peut être tenue responsable d'une situation qui n’existe tout simplement pas! Rien ni personne ne s'est approprié le Parc ou menacé la sécurité dans celui-ci! C’est faux, archi- faux, je le dis, d’accuser la circulation de transit de tels méfaits, mais c'est pourtant sur cette affirmation qu'on se base pour fermer le C.C.H. à la cir-culation de transit.
D’abord et en premier, si c'était le cas, ça ferait très longtemps qu'on y aurait vu. J'ai beau es-sayer de comprendre, je ne vois pas comment on peut arriver à un tel constat! Je vois même des avantages dans le fait qu'il y ait une certaine quantité de circulation de transit, par moment, sur le C.C.H.! Cette belle route panoramique que de nombreux autobus de tourisme sillonnent sans arrêt, qui permet à tous ceux qui le veulent de se rendre sur la Montagne en auto sans mettre quiconque en péril!
Comment d'ailleurs peut-on invoquer cette menace à la sécurité des visiteurs du Parc qui serait due à la circulation de transit ? En consultant les statistiques, si elles existent, on constaterait qu'il n'en est rien. Je viens au Parc depuis plus de 60 ans, et cependant je n'ai jamais été témoin d’un seul petit accident! Pourtant la circulation de transit y existe depuis que le C.C.H. est ouvert. Comme tout le monde, je déplore ce triste événement durant lequel ce jeune cycliste a perdu la vie : Il allait malheureusement beaucoup trop vite et a heurté la voiture d'un visiteur du Parc qui ne respectait pas le règlement. La circulation de transit ne peut évidemment pas ici, être blâmée.
M. Le Maire, demandons- nous tout de même qui sont ces gens qui transitent par ce chemin et qui dérangent tant les initiateurs de ce projet et voyons pourquoi ils sont coupables de ce qu'on leur reproche. Le gros bon sens nous dit que, cinq jours par semaine aux heures de pointe, les gens utilisent ce chemin parce qu’il est le plus court entre deux points, séparés par le Mont-Royal, pour se rendre à leur lieu de travail et en revenir. D'autres l'utilisent alors qu'ils vaquent à leurs occupations, par exemple faire de la livraison, ce qui cause parfois de légers bouchons aux extrémités du C.C. H. et qui d'autres encore? Ceux qui se rendent aux cimetières adjacents en passant par les deux entrées qui donnent sur le C.C.H. Bien sûr, et il ne faut pas les oublier, il y a ces autres méchants coupables! Ces gens à la retraite qui utilisent ce chemin sur toute sa longueur parce qu'ils l'aiment ce chemin, même si cela exige un détour. Et je les comprends car pour moi, toutes les occasions sont bonnes pour en faire autant! Alors, M. le Maire, je vous le demande, où est le mal, le danger dans tout cela ? Comment tout ce méchant transit prive-t-il ou menace-t-il les visiteurs du Parc? Surtout que pendant les cinq jours de semaine, les Montréalais sont au travail et ils ont bien d'autres choses à faire que de se promener dans le Parc! J’espère qu'on est d'accord là-dessus !
Cependant, il est bien vrai que durant la belle saison s'il fait beau les jours de semaine, on voit arriver en fin d'après-midi des familles entières, en voiture avec tout l'équipement nécessaire, y compris le poêle à bbq , pour pique-niquer. Les transiteurs l'ont compris et se font de plus en plus rares à ces heures et évitent de prendre le C.C.H. par crainte de se retrouver dans un petit embouteillage, surtout ceux-là qui en ont vécu l'expérience précédemment. Voilà pour la circulation de transit.
La fin de semaine, c'est une toute autre affaire. La circulation peut être très importante car les Montréalais prennent d'assaut le parc pour en jouir. Ceux-là, ce sont les vrais et authentiques usagers du Parc! C'est alors que s'opère une mystérieuse métamorphose : tout à coup, toutes les voitures sont alors considérées en transit, car la grosse barrière installée selon le plan du Projet Pilote interdit à tous les usagers du Parc d'aller plus loin. C’est quand même bizarre, cette interdiction de circuler en automobile sur tout le reste du C.C.H. et ce serait comme cela pour de bon! Comme réappropriation du Parc c'est réussi. Bravo!
En voulant ainsi fermer la porte au dangereux transit, sans bonne raison, on empêche la libre circulation si importante, qu'on vienne de l'est ou de l'ouest, et qui change tout. Ce Projet de coupure du C.C.H. a donc comme conséquence de confiner de part et d'autre de la barrière, les usagers du Parc comme on traite le transit et prive ainsi tout le monde du choix ultime de destination dans le Parc. Et c'est ainsi que s’envolent toutes ces options tant appréciées par tous les usagers depuis toutes ces années! Par ce zonage forcé, les autres zones deviennent difficiles d'accès, qu'on vienne de l’est ou de l’ouest, surtout si on doit le faire à pied en emportant avec soi les victuailles, les chaises, etc. Voilà, M. le Maire, comment on rend compliquées et pénibles des activités qui se faisaient fort bien depuis si longtemps!
Tandis que l'on projette de fermer le Parc du Mont-Royal à la circulation de transit, car c'est vraiment elle que l'on vise en tout premier lieu dans ce projet pilote, j'attire votre attention, M.le Maire, sur ce qui se passe à une autre extrémité du Parc du Mont-Royal. Je veux parler de l'Avenue du Parc, cette autoroute, s'il en est une, à six voies s.v.p., qui sépare le Parc du Mont-Royal du Parc Jeanne-Mance en passant entre les deux. C'est drôle, malgré l'important et constant volume de véhicules en transit sur ce segment, on ne parle plus ici de sécurité. Pourtant, surtout les dimanches, durant les longs mois de mai à octobre, des milliers de jeunes se faufilent entre les voitures et les autobus en transit pour venir se récréer aux rythme des tam-tams qui battent leur plein. Ce qui est le plus « renversant », c’est qu'il en est ainsi depuis des années sans que l'on s'inquiète de la sécurité de tous ces jeunes. On est obligé de conclure que le transit et les visiteurs font bon ménage sinon on aurait bloqué tout ce transit depuis longtemps. Pourtant tout cela se passe pas très loin du C.C.H. et de son dangereux transit!
M. le Maire, soyez assuré que de très nombreux transiteurs du Parc sont profondément frustrés par ce projet pilote dont ils font les frais inutilement et qui ragent, à titre de payeurs de lourdes taxes, du traitement de faveur dont jouissent tous ces touristes qui leur passent sous le nez, à plein autobus à deux étages en empruntant le C.C.H. sur toute sa longueur alors que les citoyens sont injustement punis pour des « crimes » qu'ils n'ont pas commis!
Toutefois cette coupure en deux qu'exige ce malheureux projet pilote a heureusement le don de nous faire comprendre combien le C.C.H. , tel qu'il est vécu depuis si longtemps, est un véri- table et nécessaire « cordon ombilical ».En effet, il est vital pour le Parc du Mont-Royal : Il facilite les choses pour ses nombreux usagers, il rend service à ceux qui entretiennent ce parc, il soulage à sa manière les différents artères autour de la montagne.En somme, il est tout ce que lui demandaient ses concepteur visionnaires. C'est pourquoi on a bien compris qu'il n’était pas question d'empêcher les autobus de ville et de tourisme de circuler sur toute la longueur de ce chemin, comme cela était voulu dès l'ouverture du C.C.H. . Ces concepteurs avaient vu juste. Ce C.C.H. tombait du ciel tellement il ouvre les portes à ce magnifique parc pour tant et tant d'utilisateurs et plus spécialement ceux qui ne peuvent aller à la campagne. Pensons aussi à tous ceux qui viennent aux deux grands cimetières sur ce même Mont-Royal, qui doivent maintenant faire de longs détours pour s'y rendre, les protestants, par exemple, venant de l'ouest passent par Outremont sur le Chemin de la Forêt où se trouve désormais l'entrée la plus proche. Alors que c'était si simple et non dérangeant par le C.C.H.
M. le Maire, êtes- vous allé faire un tour sur la Montagne la semaine depuis que le Projet Pilote est à l'essai? Si non, ça vaut vraiment la peine. C'est la mort là-haut : durant la semaine, le Parc est presque vide, les stationnements en témoignent, ils sont un peu comme des extensions des deux cimetières qui le côtoient! Est-ce vraiment ce que l'on veut? La fermeture du C.C.H. décourage la fréquentation du Parc, il n’y a pas de doute.C’est clair, l'administration Plante fera fausse route si elle persiste dans l'implantation définitive du projet pilote, malgré les évidences. II faut plutôt rouvrir le C.C.H. et tout simplement chercher ailleurs et autrement si l'on veut faire du Parc du Mont-Royal un parc encore plus exceptionnel possédant déjà une grande zone « classique » comme tant d'autres grandes villes du monde, grâce à son impressionnant Chemin Olmstead. Certes, cela ne veut pas dire que l'on ne devrait pas en augmenter la surface et le nombre de ses sentiers tout en tenant compte de ces nouveaux et nombreux usagers que sont les cyclistes et les skieurs de fond qui ont découvert ce que peut leur offrir cette montagne.
Ce qui nous invite à nous questionner justement au sujet de ces deux grands sports saisonniers pour lesquels le Mont-Royal est devenu un véritable aimant à l’année longue, soit pour l’un soit pour l’autre.C’est ce qui nous vaut maintenant ces grandes compétitions annuelles qui ont le don là encore de montrer combien notre ville fait bonne figure sur le plan international, pour la plus grande joie de tous! Voilà une excellente occasion d’augmenter le potentiel récréatif de ce Parc exceptionnel. En ce qui concerne ces deux sports si populaires, il faut maintenant voir sérieusement ce qui est à faire à tous les points de vue,pour satisfaire à ces pressantes réalités.
M. le Maire, quand il s'agit du Mont-Royal, il ne faut surtout pas oublier que les Montréalais aiment cette montagne en plein cœur de leur ville. C'est un amour qui dure depuis longtemps,à preuve, tous ces règlements qui la protègent maintenant. On doit être extrêmement prudent quant on veut y toucher. Cela exige de la vision et de l’imagination. C’est pourquoi, il faut absolument et nécessairement faire appel à de vraies compétences, à des créatifs de renom ( peut-être par le moyen de concours) en ne se fondant surtout pas sur des jugements erronés qui nous conduisent sur de mauvais chemins ou encore s’embarquer dans des projets qui ne tiennent pas la route parce qu'on aura mal compris les enjeux.
De plus en plus,la ville de Montréal est devenue cette pépinière de créateurs dans plusieurs domaines. Il faut que les projets qui concernent cette splendide montagne patrimoniale témoignent de cette réalité ainsi que son magnifique chemin C.C.H. Surtout, surtout, il ne faut pas penser, parce qu’un projet fait partie du programme d’un parti qui vient d’être élu, qu’il échappe pour cela à l’erreur. Le projet pilote, on le voit, en est clairement la preuve!
Si c’est le bonheur de ses concitoyens que l’administration Plante recherche, ce n’est pas en les enfermant, les confinant et en les frustrant par des clôtures et autres mesures qu’ils ne comprennent pas ou qu’ils contestent, qu’elle les rendra heureux! M. le Maire, de grâce n’allons pas bêtement ruiner une très belle et très pertinente réalisation de nos prédécesseurs parce qu’on aura pas été assez perspicace pour en comprendre et apprécier toute la valeur!
Permettez-moi, M.le Maire, de compter sur vous pour exercer des pressions auprès de l’administration en poste à l’Hôtel de Ville de Montréal pour que ce Projet Pilote meurt de sa belle mort au plus vite !!!
Alfred Bernier
24 septembre 2018
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