Les Irrésistibles de Marie-Anne
- Détails
- VIE CULTURELLE
- Publication : 31 mars 2020
- Par Anne-Marie Poggi
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
PHOTO COURTOISIE Voici mon coup de coeur littéraire de la semaine.
https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne/
Si je vous dis Art (1994) et Le Dieu du carnage (2006), à qui associez-vous ces titres ? Vous avez raison, à Yasmina Reza. Les deux pièces de théâtre ont fait la renommée de cette écrivaine française née à Paris en 1959. Elles ont été jouées par les plus grands, ici comme ailleurs.
Yasmina Reza vient de publier chez Flammarion, Anne-Marie la Beauté (2020) et déjà la pièce est au programme du Théâtre de la Colline à Paris, le mois prochain. Chanceux ! À quand notre tour ?
De qui est-il question dans ce huis clos ? De deux femmes qui ont été comédiennes, Giselle Fayolle et Anne-Marie Mille. Elles ont joué ensemble, elles se sont perdues de vue, elles se sont retrouvées. La première vient de mourir, la seconde doit faire son éloge. Elle s’adresse à une journaliste à qui elle donne du « madame » puis du « mademoiselle » et finalement « du monsieur ». Mais à qui s’adresse-t-elle vraiment ? Ne serait-ce tout simplement pas aux (futurs) spectateurs ?
À l’âge de 19 ans, Anne-Marie Mille, native de Saint-Sourd-en-Ger, était venue à Paris passer une audition. C’est à ce moment-là qu’elle avait rencontré Giselle, dite Gigi, de deux ans son aînée. À l’époque du Théâtre de Clichy, Anne-Marie prétendait être sa seule amie. Elle habitait une chambre rue des Rondeaux dans le 20e arrondissement, tandis que Giselle avait un logement rue Émile-Augier. Une rumeur circulait que Giselle avait comme amant Alain Delon et possiblement Ingmar Bergman.
Comme la pièce de théâtre ne comporte que 88 pages, je vous laisse le soin de découvrir le destin de ces deux femmes devenues mère de famille et dont la carrière de l’une a connu un plus grand succès que celle de l’autre.
Le style de Yasmina Reza est tour à tour drôle et mordant, son texte est lucide et impitoyable par moments. Il nous fait, entre autres, réfléchir sur le sort réservé aux comédiennes vieillissantes. Ne tombent-elles pas dans l’oubli un peu trop rapidement ?
Pour ce qui est du titre Anne-Marie la Beauté, vous verrez à quoi il se réfère si vous la lisez.
En terminant, une petite précision : même si ce monologue est une pièce de théâtre, il se lit comme un roman !
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SReza%2C%20Yasmina.%20Anne-Marie%20la%20Beaut%C3%A9__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
Vous voulez en savoir plus sur d’autres titres ?
http://irresistibles.bibliomontreal.com/
PHOTOS JOURNAL D’OUTREMONT
Dans le cadre du 15e Festival de Casteliers, La rue des rêveries, une exposition de Lucie Émard, est présentée à la Galerie d’Outremont, jusqu’au 29 mars.
Cette exposition met en scène une vingtaine de marionnettes à fils qui prennent vie à l’aide de moteurs électroniques. Les marionnettes miniatures sont disposées dans l’espace pour créer un tableau vivant représentant des gens dans une rue constituée d'une douzaine de maisons. Notre photographe a visité l’exposition.

Dans le cadre du 15e Festival de Casteliers, La rue des rêveries, une exposition de Lucie Émard, est présentée à la Galerie d’Outremont, jusqu’au 29 mars. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
PHOTO COURTOISIE Voici mon commentaire littéraire de la semaine.
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En lisant Encre Sympathique, j’ai retrouvé l’atmosphère que j’aime tant dans l’oeuvre de Patrick Modiano : les déambulations dans les rues de Paris et ces petits riens que l’on croit quelconques mais qui ont leur importance.
Dès les premières lignes de cette histoire, moins simple qu’il n’y paraît à prime abord, le ton est donné : « Il y a des blancs dans cette vie, des blancs que l’on devine si l’on ouvre le “dossier” : une simple fiche dans une chemise à la couleur bleu ciel qui a pâli avec le temps. […] Et le mot “dossier” est écrit au milieu de la chemise. À l’encre noire. C’est le seul vestige qui me reste de l’agence de Hutte, la seule trace de mon passage dans ces trois pièces d’un ancien appartement dont les fenêtres donnaient sur une cour. Je n’avais guère plus de 20 ans. »
Celui qui s’exprime ainsi est le narrateur Jean Eyben – possiblement l’alter ego de Patrick Modiano. Il se voit confier une première mission par M. Hutte, « une affaire non résolue » : retracer Noëlle Lefebvre – mais est-ce son vrai nom ? – disparue de la circulation du jour au lendemain.
Au final, on sait peu de chose de cette femme qui serait née dans « un village aux environs d’Annecy ». Qui est-elle réellement ? Pourquoi est-ce si important de la retrouver ? Quel(s) lien(s) avait-elle avec Roger Béavioure, Gérard Mourade, Georges Brainos, Serge Servoz-Lefebvre dit « Sancho Lefebvre », P. Mollichi, Jacques B. dit « le Marquis » ?
C’est ce que nous découvrirons durant les investigations entreprises par Jean Eyben qui parcourt Paris de la Rive gauche à la Rive droite, circulant à travers des rues qui me font rêver comme lectrice : Vaugelas, de la Convention, avenue Victor-Hugo, de l’Arcade, Vitruve, Yvon-Villarceau, d’Anjou, quai de Grenelle, Carnot, Robert-Estienne, Béranger, etc.
Et le narrateur de préciser à la page 91 : « À mesure que je tente de mettre à jour ma recherche, j’éprouve une impression très étrange. Il me semble que tout était déjà écrit à l’Encre Sympathique. Quelle est dans le dictionnaire sa définition ? “Encre qui, incolore quand on l’emploie, noircit à l’action d’une substance déterminée.” »
Et si à travers cette intrigue qui se déroule entre Paris, Annecy et Rome, Patrick Modiano avait simplement voulu nous faire réaliser que les aiguilles du temps continuent d’avancer, tandis que celles de la mémoire prennent, avec l’âge, un peu de retard, laissant sur son passage des trous, des « blancs » pour reprendre le mot du début du roman ?
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SModiano%2C%20Patrick.%20Encre%20sympathique__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
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D’après communiqué Arrondissement d’Outremont
Dans le cadre du 15e Festival de Casteliers, l’arrondissement d’Outremont et Casteliers présentent à la galerie d’Outremont, La rue des rêveries, une exposition de Lucie Émard.
PHOTOS PIERRE CRÉPO Cette exposition met en scène une vingtaine de marionnettes à fils qui prennent vie à l’aide de moteurs électroniques. Les marionnettes miniatures sont disposées dans l’espace pour créer un tableau vivant représentant des gens dans une rue constituée d'une douzaine de maisons.
Galerie d’Outremont
Du 5 mars au 29 mars 2020
Galerie d'Art d'Outremont
41, Av. St-Just, Outremont (voir carte)
514 495-7419
Du mercredi au vendredi de 13 h à 17 h
Samedi et dimanche de 12 h à 17 h.
Dans le cadre du 15e Festival de Casteliers, l’arrondissement d’Outremont et Casteliers présentent à la galerie d’Outremont, La rue des rêveries, une exposition de Lucie Émard. [...]

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Vous souvenez-vous la dernière fois que vous avez eu entre les mains un livre de Françoise Sagan ? J’ai fait l’exercice… et cela remonte en 2006 alors que j’avais lu Château en Suède (1960).
Je ne sais pas comment en France Les Quatre Coins du cœur, roman posthume et inachevé, a été accueilli mais, pour ma part, je m’y suis ennuyée ferme. Ce n’est pas que c’est mauvais, c’est tout simplement dépassé. Était-ce, par ailleurs, parce que ce livre a été revu, corrigé et augmenté par Denis Westhoff, le fils de Sagan, dépositaire de son œuvre ?
J’ai lu cette histoire des centaines de fois. Aucune originalité dans le propos et, plus grave encore, je n’ai pas retrouvé le style de cette auteure que j’ai pourtant beaucoup lue à une certaine époque. Souvenez-vous de certains titres : Bonjour tristesse (1954), Un certain sourire (1956), Aimez-vous Brahms… (1959) ou encore Des bleus à l’âme (1972) et Avec mon meilleur souvenir (1984).
Je vous résume en quelques lignes l’histoire des Quatre Coins du cœur Les Cresson habitent en Touraine. « [Ils] avaient fait leur fortune dans le cresson, les pois chiches et autres petits légumes qu’ils expédiaient aujourd’hui aux quatre coins de la terre. » Henri Cresson, homme d’affaires avisé, a épousé en secondes noces Sandra, souffrant de « crises sanguines ». Henri a un fils de 35 ans, Ludovic, victime d’un grave accident qui a risqué de lui coûter la vie. Ce dernier est marié, mais sa femme Marie-Laure veut divorcer. Henri et Ludovic convoitent la même femme qui est, elle-même en deuil de son mari et s’avère être la mère de Marie-Laure. Vous me suivez toujours ? Vous voyez le genre d’intrigue(s) ? Certains thèmes chers à Sagan s’y retrouvent, mais certainement pas sa plume.
Aventure casse-cou de sortir des tiroirs un roman d’outre-tombe. Alors pourquoi s’y risquer ? Pour aider à éponger les dettes de Françoise Sagan ? Décédée il y a 15 ans en 2004, était-ce une façon de lui rendre hommage, comme certains l’ont prétendu ? Peu importe la ou les raison(s), je ne cesse, depuis ma lecture, de me demander si Sagan aurait été heureuse et surtout d’accord de voir cet ouvrage en circulation. N’empêche, dès sa sortie en septembre dernier, ce livre a été tiré à 70 000 exemplaires. Énorme, me direz-vous. Eh oui ! Alors, peut-être, fais-je partie des rares à ne pas avoir aimé ces Quatre Coins du cœur
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Éditeur :René Soudre
Assistante à l’édition : Marili Soudre-Lavoie
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Collaborateurs : Julie Turgeon, Viktor Lavoie, Emmanuelle Beaubien, Carla Geib, Alexis Drapeau-Bordage, Hélène Côté, Laetitia Arnaud-Sicari
Photos : Marili Soudre-Lavoie
Administration : Hélène Lavoie
Ventes : Marili Soudre-Lavoie, René Soudre

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