Les Irrésistibles de Marie-Anne
- Détails
- VIE CULTURELLE
- Publication : 4 décembre 2019
- Par Marie-Anne Poggi
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
PHOTO COURTOISIE Voici mon coup de coeur littéraire de la semaine.
https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne/
Si vous aimez le théâtre, vous serez heureux de lire Le Cœur en bandoulière (Leméac/Actes Sud, 2019) de Michel Tremblay ; si vous aimez l’œuvre du dramaturge russe Anton Tchekhov – à qui l’écrivain a voulu rendre hommage – votre plaisir sera augmenté… mais si ce n’est pas le cas, qu’à cela ne tienne, vous aurez malgré tout de quoi vous sustenter, car notre prolifique auteur met également en scène un narrateur (lisez Michel Tremblay), jamais nommé, qui, le temps de cinq couchers de soleil à Key West, reprend sa pièce laissée en friche il y a cinq ans.
Il avait alors écrit 90 pages de sa pièce de théâtre, Cher Tchekhov. Pour une rare fois, peut-être la seule fois dans sa vie, il n’avait pu la terminer. Panne d’inspiration ? Devait-il poursuivre son projet ? Si oui, dans quel intérêt ? Quoiqu’il en soit, il s’est mis à relire, à corriger, à peaufiner l’intrigue et à enrichir ses personnages, pour en arriver à un résultat final de 125 pages.
Le narrateur du Cœur en bandoulière a aujourd’hui 76 ans. C’est un homme d’habitudes qui passe ses hivers en Floride, à Key West, depuis un quart de siècle. Rituel du matin : piscine, petit-déjeuner, parfois une partie d’Angry Birds sur sa tablette électronique… À la brunante, peu importe les conditions météorologiques, il se rend à pied jusqu’au bout de la rue Reynods pour voir le coucher de soleil, tout en mangeant une orange. Comme il le précise, santé oblige ! Le tout se poursuit au Salute « seul restaurant qui donne directement sur la plage » où il déguste un Margarita avec sel.
Donc, le narrateur reprend là où il avait laissé en 2013 les sept protagonistes de Cher Tchekhov : Benoit, le dramaturge de la famille (l’alter ego de Tremblay… prénommé Jean-Marc dans d’autres livres), n’a plus d’inspiration depuis trois ans ; son frère Benjamin considère qu’il est le moins talentueux de la fratrie ; Claire, Gisèle et Marie sont toutes trois comédiennes. Tout ce beau monde est réuni à la maison familiale de Vaudreuil pour le souper de l’Action de grâce. Se joignent à eux, Laurent, le chum de Benoit et acteur pour la télévision, et Christian, critique de théâtre et l’amoureux de Claire. Ces retrouvailles ne seront pas de tout repos, chacun y allant de répliques cinglantes.
Michel Tremblay ponctue également Cher Tchekhov de quelques nota bene nous donnant, par la même occasion, des informations complémentaires sur son processus de création, sur ses doutes, sur ses bons coups.
J’ai ressenti une certaine tristesse à la lecture de ce Cœur en bandoulière, alors que Tremblay se questionne à maintes reprises sur la pertinence d’écrire, et ce, précisons-le, malgré le fait qu’il publie depuis plus de cinq décennies.
À chaque semaine, François Busnel, animateur de l’émission La Grande Librairie, demande à un libraire ses coups de cœur. Je venais de terminer ma lecture du Cœur en bandoulière, quand l’un deux a proposé le récit d’un anonyme, La Scierie, dont la première phrase commence ainsi : « J’écris parce que je crois que j’ai quelque chose à dire. » N’en doutez point, Michel Tremblay, vous aussi, vous avez encore quelque chose à dire !
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__STremblay%2C%20Michel.%20Le%20C%C5%93ur%20en%20bandouli%C3%A8re__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
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http://irresistibles.bibliomontreal.com/
Une artiste et résidante d’Outremont, Mme Tamara Zakon, nous a gentiment donné l’autorisation de publier l’un de ses tableaux.
L’oeuvre représente le ruisseau Outremont à l’entrée du cimetière et qui, d’une certaine façon complète notre reportage intitulé « Ruisseau sans frontières », paru à la une de notre édition papier Automne 2019. Il s’agit ici d’une peinture à l'encre de Chine sur du papier de riz effectuée avec des pinceaux chinois; un style qui passionne l’artiste, et qu’elle espère incorporer à la peinture occidentale.
Une artiste et résidante d’Outremont, Mme Tamara Zakon, nous a gentiment donné l’autorisation de publier l’un de ses tableaux. [...]
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PHOTO COURTOISIE Par quoi commencer ? Par le début, je sais… J’ai normalement du plaisir à lire les romans de Jean-Paul Dubois, mais Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon m’a déçue. Voyez !
Pourquoi avoir mis dans la bouche de Patrick Horton, un Hells Angel incarcéré à la prison de Bordeaux, des répliques franchouillardes ? En voici deux exemples parmi tant d’autres : « Alors viens pas faire le mariole… », de dire Horton au narrateur (p. 117) ou « Mec, c’est ta mère. On parle pas comme ça de sa mère, c’est louche, putain. » (p. 139). Est-ce que vous me trouvez trop sévère ?
L’auteur a pourtant confessé à Josée Lapointe dans La Presse+ du 17 septembre 2019 : « Je ne savais pas quoi faire autrement. C’est une erreur, j’ai été lâche. En France, ça passe très bien, mais pour vous j’avais conscience dès le début que ce serait ridicule. » Ok, le monsieur est honnête, mais je n’ai pu m’empêcher de me demander : « Pourquoi l’avoir fait alors ? » C’est un manque de considération envers nous et cela m’a agacée au plus au point, du début à la fin.
Par chance, toute l’action ne se passe pas en prison où le narrateur, Paul Hansen, purge depuis le 4 novembre 2008 – « jour même de l’élection de Barak Obama » – une peine de deux ans. Né le 20 février 1955 à Toulouse, Paul partage sa cellule avec Patrick Horton, amoureux fou des Harley Davidson. Pour connaître la raison de l’incarcération de Paul, il vous faudra être très patient(e), le tout n’est révélé que dans les dix dernières pages.
Au fil de l’histoire, nous découvrirons le parcours de Paul, fils d’Anna Margerit et de Johanes Hansen. Sa mère exploite à Toulouse un petit cinéma de quartier, Le Spargo, tandis que son père, pasteur protestant, natif de Skagen au Danemark, se retrouve à Thedford Mines en 1975 – vous verrez pourquoi – où il devient le pasteur principal de la Methodist Church. Son fils va le rejoindre au Québec un an plus tard. Après avoir exercé divers petits boulots, Paul gravit les échelons pour finalement devenir surintendant de L’Excelsior, un immeuble de 68 condos situé dans le quartier Ahuntsic.
Plusieurs personnages viendront se greffer à ce récit qui aborde des thèmes chers à l’auteur avec l’humour qu’on lui connaît : problème de dents, la place qu’occupe dans la vie de Paul sa chienne Nouk, etc. Autant je peux reprocher à Dubois d’avoir raté sa cible avec la langue québécoise, autant il a bien fait ses recherches sur certaines régions du Québec, même si parfois j’ai eu l’impression de lire un guide touristique.
Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon m’est tombé des mains à plusieurs reprises, sans compter les quelques coquilles relevées au fil de ma lecture. Dommage !
P.-S. : J’ai appris, comme vous, que le prix Goncourt 2019 avait été attribué à ce livre de Jean-Paul Dubois. Disons, pour rester polie, que j’en perds mon latin. Pour paraphraser le titre Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, je dirai : « Tous les hommes ne lisent pas les romans de la même façon… »
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
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Sur la photo, Danielle Mercure, Marie Cinq-Mars, Manon Touchette, Gilles Lefort, Ginette Rioux, Catherine Chaumont, François Carrière, Robert Poulin et Laurent Bouchard. PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT Pour souligner les 25 ans de la GAO (Galerie d’art d’Outremont), l’équipe fondatrice, sous la direction de M. Robert Poulin, lançait mardi dernier à la galerie de l’avenue St-Just le catalogue commémoratif des 25 ans d’existence de cette formidable aventure qui a eu cours de 1994 à 2019. L’ouvrage de 132 pages, imprimé à 300 exemplaires, est disponible au coût de 20 $ à la galerie Robert Poulin (6341 Boul St-Laurent), et aux bureaux adminsitratifs de Casteliers sur l’avenue St-Just.
galerierobertpoulin.com
casteliers.ca
Pour souligner les 25 ans de la GAO (Galerie d’art d’Outremont), l’équipe fondatrice, sous la direction de M. Robert Poulin, lançait mardi dernier à la galerie de l’avenue St-Just le catalogue commémoratif des 25 ans d’existence de cette formidable aventure qui a eu cours de 1994 à 2019. L’ouvrage de 132 pages [...]
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C’est grâce à un ami, grand lecteur, que j’ai finalement lu Le Lambeau de Philippe Lançon. Il insistait tellement que je me suis décidée à ouvrir la première page de ce récit autobiographique qui décrit l’impensable. Ce fut tout un choc ! Il m’a fallu le lire à dose homéopathique, pas plus de deux chapitres à la fois, car l’émotion était trop forte. Si l’auteur était tombé dans l’apitoiement, je l’aurais refermé tout de suite, mais ce n’est pas du tout le cas.
Né en 1963, Philippe Lançon, journaliste et critique littéraire avait, me semble-t-il, une vie que nous aurions pu lui envier… jusqu’au mercredi 7 janvier 2015. La veille du jour de l’attentat de Charlie Hebdo qui allait changer le cours de sa vie, l’auteur venait d’apprendre qu’il partirait enseigner la littérature à Princeton durant une période de six mois. Le soir, il assistait en compagnie d’une amie à une représentation de La Nuit des rois de Shakespeare. Que du bonheur !
7 janvier 2015 : réunion avec ses collègues de Charlie Hebdo. Philippe Lançon est en retard, ce qui est rarissime dans son cas. Nous connaissons la suite de cette journée dont la langue française n’a pas de mots assez puissants pour décrire l’horreur.
Hospitalisations, multiples interventions, reconstructions de sa mâchoire, tout cela nous est relaté minutieuse et chronologiquement. Lançon doit beaucoup à la présence de certains membres de sa famille, de son amoureuse et des différents intervenants médicaux. Mais il ne faudrait pas sous-estimer la place accordée à l’écriture de ce récit, à la littérature, à la musique et aux arts visuels qui ont indéniablement contribué à son rétablissement.
Le Lambeau est une leçon de vie et de courage d’un survivant, d’un battant. Quatre ans et dix mois après ces terribles événements, j’espère de tout cœur que Philippe Lançon a gardé foi en la vie !
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Éditeur :René Soudre
Assistante à l’édition : Marili Soudre-Lavoie
Rédacteur en chef : René Soudre
Collaborateurs : Julie Turgeon, Viktor Lavoie, Emmanuelle Beaubien, Carla Geib, Alexis Drapeau-Bordage, Hélène Côté, Laetitia Arnaud-Sicari
Photos : Marili Soudre-Lavoie
Administration : Hélène Lavoie
Ventes : Marili Soudre-Lavoie, René Soudre

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