Les Irrésistibles de Marie-Anne
- Détails
- VIE CULTURELLE
- Publication : 10 octobre 2019
- Par Marie-Anne Poggi
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
PHOTO COURTOISIE Voici mon coup de coeur littéraire de la semaine.
https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne/
Je ne sais pas quelle était l’intention première d’Amélie Nothomb en écrivant Soif (2019) son 28e roman publié chez Albin Michel. Peut-être saurez-vous m’éclairer… Chose certaine, il me faudrait une deuxième lecture pour en saisir toutes les subtilités ! L’auteure utilise ici le « je » et donne la parole à nul autre que Jésus, celui qui a « la conviction infalsifiable d’être le plus incarné des humains ».
J’ai eu l’impression d’avoir entre les mains une pièce de théâtre dans laquelle Amélie Nothomb avait distribué des rôles à Jésus, Marie-Madeleine (renommée Madeleine), Joseph, Marie, quelques apôtres (Judas, Pierre et Jean), ainsi que des Romains et deux crucifiés.
Le roman de 152 pages commence ainsi : « J’ai toujours su que l’on me condamnerait à mort. L’avantage de cette certitude, c’est que je peux accorder mon attention à ce qui le mérite : les détails. ».
Ainsi, le matin de son procès, Jésus constate qu’« aucun des miraculés n’éprouve pour moi la moindre gratitude, au contraire, ils me reprochent amèrement mes miracles, même les époux de Cana ». Vous verrez de quoi on le blâme, c’est hallucinant ! De retour dans sa geôle, il a le temps de réfléchir avant sa crucifixion prévue pour le lendemain – moment de l’histoire du Christ pour lequel l’auteure belge a une fascination depuis sa tendre jeunesse.
Jésus est aussi fâché contre Dieu, son père, il n’a pas que de bons mots pour lui et remet en question certains de ses actes. « C’est par amour envers sa création que mon père m’a livré. Trouvez-moi acte d’amour plus pervers. »
Il est invectivé de toutes parts, critiqué aussi, mis au défi. Va-t-il résister à la pression, à l’attente ? Il connaîtra la peur, la souffrance, la Soif. Nous connaissons le sort qui attend le fils de Dieu, mais l’auteure nous le rappelle.
L’heure a sonné, les Romains viennent le chercher. On lui met une couronne d’épines sur la tête, on le flagelle avant de lui faire porter la croix. Sur le parcours qui le mène au Golgotha, il y a beaucoup de monde. Est-on là pour les bonnes raisons ou pour le « spectacle » ? La croix est très lourde, trop lourde pour celui qui ne pèse que 55 kilos. Jésus est fouetté, maltraité, il a de plus en plus Soif. Arrivera-t-il vivant au Golgotha, se demande-t-on ? Peu de gens comprennent pourquoi Jésus, qui a fait tant de miracles, ne s’en octroie pas un... « Franchement, là, si je voulais ressusciter, j’en serais incapable pour une raison simple : je suis épuisé. Mourir fatigue. »
« En vérité je vous le dis », cette auteure ne cessera de m’étonner, même si Soif ne m’a pas tout à fait rassasiée. Le propos oscille entre quelques facilités et certaines réflexions intéressantes telles : « Les jugements des hommes sont si prévisibles que je les admire de se prendre tant au sérieux. » (p. 39) Ai-je été offusquée ? Non. Intéressée ? Couci-couça. Oui l’humour de Nothomb est encore au rendez-vous, mais il est parfois discutable. Et qu’en penseront les croyants, les fervents catholiques ? Seront-ils outrés ?
La lecture de ce roman sera sûrement teintée par nos connaissances et notre intérêt pour les Évangiles. Certains diront qu’Amélie Nothomb a pris un pari risqué, que c’était casse-cou, d’autres souligneront l’audace de l’écrivaine. Elle connaît, à n’en pas douter, son sujet qui soulève plus de questions qu’il ne donne de réponses.
Je ne sais pas comment ce livre a été reçu dans les pays francophones, mais j’avais bien hâte d’entendre Amélie Nothomb en débattre sur le plateau de La Grande Librairie. Elle y était, c’est sûr, puisque François Busnel l’a désignée « marraine » depuis les tous débuts de l’émission.
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SNothomb%2C%20Am%C3%A9lie.%20Soif__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
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http://irresistibles.bibliomontreal.com/
Anne-Marie Giroux, une artiste visuelle d’Outremont, a été sélectionnée parmi les 52 finalistes pour le Salt Spring National Art Prize 2019-2020, qui aura lieu le 19 octobre en Colombie-Britannique.
Dérive à la dérive (détails), 2018, plâtre, fragments de peinture à l’huile, fragments de porcelaine, assiette en métal émaillé, bois peint, socle en métal émaillé. PHOTO COURTOISIE Dérive à la dérive, l’œuvre sélectionnée d’Anne-Marie Giroux, est en quelque sorte une nature morte, en trois dimensions, fragmentée. Composée de matériaux traditionnels ainsi que de matériaux issus de la récupération, elle peut suggérer une perte de contrôle, un dérapage, une déviation ou tout simplement exprimer une volonté de se laisser porter là où le mouvement conduira. Dérive à la dérive peut aussi faire référence à une forme d’autoportrait, celui de l’artiste et de son art, à la dérive.
Créé en 2015, le Salt Spring National Art Prize est un concours biennal et une exposition d'artistes sélectionnés à travers le Canada, par un jury indépendant et ce, de façon anonyme. Jusqu’au 21 octobre 2019, les 52 finalistes exposent leurs œuvres au Mahon Hall à Salt Spring Island en Colombie-Britannique. Les finalistes ont la possibilité de gagner l'un des neuf prix, six sélectionnés par les jurés et trois sélectionnés par vote du public. Les lauréats seront annoncés lors de la soirée de remise des prix, le samedi 19 octobre 2019.
anne-mariegiroux.com
saltspringartprize.ca
Anne-Marie Giroux, une artiste visuelle d’Outremont, a été sélectionnée parmi les 52 finalistes pour le Salt Spring National Art Prize 2019-2020, qui aura lieu le 19 octobre en Colombie-Britannique. [...]
Voici mon coup de coeur littéraire de la semaine.
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PHOTO COURTOISIE L’auteure de La Tresse, Laetitia Colombani, nous propose dans son dernier roman, Les Victorieuses, le parcours fabuleux de deux femmes, Solène et Blanche. Deux histoires parallèles à cent ans d’intervalle, qui ont comme point commun un lieu, pour ne pas dire un bâtiment, dont je ne dévoilerai rien.
Paris, aujourd’hui : Solène, 40 ans, est née dans un milieu aisée et élevée dans une banlieue, auprès de sa sœur cadette et de ses parents professeurs de droit. Avocate depuis une quinzaine d’années, appréciée de ses pairs, elle exerce le droit dans un bureau réputé. C’est une femme minutieuse qui ne compte pas ses heures.
Au nouveau palais de justice de Paris, Solène est témoin d’un événement tragique qui changera le cours de sa vie. Hospitalisée puis envoyée en maison de santé, elle reçoit un diagnostic, burn out.
Quelques semaines plus tard, de retour dans son trois-pièces parisien, Solène n’a qu’une envie : dormir. De plus, elle se sent incapable d’imaginer réintégrer le cabinet d’avocats pour lequel elle travaille. C’est alors que son psychiatre lui fait une proposition inattendue : « Faites quelque chose pour les autres », lui suggère-t-il, « pourquoi pas du bénévolat ? » Sceptique, elle se décide quand même à chercher sur son ordinateur des sites d’associations en quête de bénévoles. Une annonce attire son attention, écrivain public.
« Mettre ses mots au service de ceux qui en ont besoin, l’idée lui plaît. » Elle accepte l’offre faite par Léonard de La Plume solidaire : donner de son temps, un après-midi par semaine, à des femmes dans le besoin.
Solène doit commencer par « apprivoiser » ces femmes de nationalités, d’âges et de conditions sociales différentes, avant d’espérer les aider. Parmi elles, Viviane, ex-secrétaire devenue tricoteuse, mère de deux enfants ; Cvetana, la Serbe qui ne se déplace qu’avec son caddie remplie de lettres et de circulaires ; Binta, mère de la jeune Sumeya et de Khalidou, son fils qu’elle a dû laisser en Guinée ; Cynthia, remplie d’une colère prête à exploser à la moindre occasion, abandonnée à sa naissance et mère d’un petit garçon de cinq ans ; « la Renée » avec ses cabas et combien d’autres encore.
Pour quelle(s) raison(s) ces centaines de femmes que nous apprendrons à mieux connaître se sont-elles retrouvées à partager un même lieu ? Finiront-elles par solliciter les services de Solène ? C’est ce que nous découvrirons au fil de notre lecture.
Paris, 1925 et 1926 : à l’autre spectre, Blanche Roussel. Née à Lyon en 1867, elle a grandi à Genève au sein d’une famille de cinq enfants auprès d’une mère écossaise et d’un père pasteur français – qui mourra alors que Blanche n’a que onze ans.
En 1888, Blanche fait la rencontre d’Albin Peyron qui, trois ans plus tard, deviendra son mari et le père de ses six enfants.
Malgré ses poumons fragiles et quelques autres problèmes de santé, Blanche deviendra officière salutiste, organisation de l’Armée du Salut à laquelle elle sera attachée sa vie durant. Femme déterminée, courageuse et empathique, elle mène jusqu’au bout ses projets (et ils sont nombreux) d’aider les femmes les plus défavorisées de la société. Attentif, Albin n’est jamais loin de Blanche, il veille sur elle.
Blanche porte à son col trois S : « Soupe. Savon. Salut. Trois mots résumant à eux seuls l’engagement de sa vie : venir en aide aux plus démunis. » Nous suivrons, ici aussi, le destin exceptionnel de cette femme et le lien qui l’unit à Solène, un siècle plus tard.
Les Victorieuses est un roman inspirant qui nous donne l’envie et l’énergie d’être dans l’action plutôt que dans la procrastination. Le style de Laetitia Colombani est limpide et l’écriture précise.
Précisons que Blanche et Albin Peyron ont réellement existé. Ne trouvez-vous pas que cela rend cette lecture encore plus intéressante ?
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SColombani%2C%20Laetitia.%20Les%20Victorieuses__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
Vous voulez en savoir plus sur d’autres titres ?
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Voici mon coup de coeur littéraire de la semaine. [...]
PHOTOS LE JOURNAL D’OUTREMONT
Dans le cadre des Journées de la culture, le personnel de la nouvelle cour de service de l'arrondissement recevait tout récemment la population d’Outremont à une journée portes-ouvertes, dimanche dernier. Les nouvelles installations sont situées dans la partie nord-est de l’arrondissement au 600, avenue de la Gare-de-triage.
Voici quelques photos choisies provenant de notre photographe.
Dans le cadre des Journées de la culture, le personnel de la nouvelle cour de service de l'arrondissement recevait tout récemment la population d’Outremont à une journée portes-ouvertes, dimanche dernier. Les nouvelles installations sont situées dans la partie nord-est [...]
Communiqué La Pommerie
La 7e édition de la Pommerie, la célèbre grande fête de la pomme, sera tenue cette année le dimanche 29 septembre au Parc Saint-Viateur de 10h à 17h.
PHOTO COURTOISIE Cette année encore, il sera possible d’acheter et de déguster sur place toutes sortes de délices aux pommes, d’apprécier le répertoire musical des élèves de l’harmonie de l’école PGLO, et de participer à différentes activités ludiques pour toute la famille. Les bénéfices de cette journée, menée en partenariat avec la Caisse Desjardins des Versants du mont Royal et grâce à l’implication de nombreux jeunes et bénévoles, seront utilisés pour soutenir des projets de l’école Paul-Gérin-Lajoie d’Outremont.
Présenté par la Fondation PGLO
29 septembre de 10h à 17h
Parc Saint-Viateur, Outremont (voir carte)
fondationpglo.org
La 7e édition de la Pommerie, la célèbre grande fête de la pomme, sera tenue cette année le dimanche 29 septembre au Parc Saint-Viateur de 10h à 17h. [...]
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Éditeur :René Soudre
Assistante à l’édition : Marili Soudre-Lavoie
Rédacteur en chef : René Soudre
Collaborateurs : Julie Turgeon, Viktor Lavoie, Emmanuelle Beaubien, Carla Geib, Alexis Drapeau-Bordage, Hélène Côté, Laetitia Arnaud-Sicari
Photos : Marili Soudre-Lavoie
Administration : Hélène Lavoie
Ventes : Marili Soudre-Lavoie, René Soudre

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