Les Irrésistibles de Marie-Anne
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- VIE CULTURELLE
- Publication : 13 septembre 2019
- Par Marie-Anne Poggi
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
PHOTO COURTOISIE Le Drap Blanc a été une incroyable incursion dans la vie de Céline Huyghebaert, Française qui réside au Québec. Je dois cette découverte à Brigitte Haentjens, directrice artistique du théâtre français du Centre national des arts à Ottawa, fondatrice de la compagnie de théâtre Sibyllines, metteure en scène et écrivaine. Un jour, elle m’a demandé si j’avais lu cet ouvrage. « Non », lui ai-je dit. Intriguée, j’ai tout de suite voulu savoir pourquoi elle m’en suggérait la lecture.
Ce livre est un objet inclassable, qui se situe dans la lignée de la démarche artistique de Sophie Calle. Il y a, indéniablement chez ces deux femmes, similarité dans le processus de création, une certaine filiation.
Le Drap Blanc a commencé à prendre réellement forme au moment du décès de Mario Édouard, père de Christelle, de Céline et d’Élodie. Âgé de 47 ans, il est mort dans un hôpital français après avoir passé trois jours dans un coma artificiel. Cirrhose, cancer, hémorragie, tout ça a été évoqué. Quelques mois après avoir été incinéré en France, les trois sœurs sont venues disperser ses cendres aux quatre vents à Baie-Sainte-Catherine, au bord du fleuve Saint-Laurent.
De Montréal, où elle habite avec Martin, son amoureux des cinq dernières années, Céline Huyghebaert, la cadette des trois filles de la fratrie, n’est malheureusement pas arrivée à temps en France pour revoir une dernière fois son paternel.
Elle désire comprendre le genre d’homme qu’a été son père. Pour y parvenir, elle utilise divers matériaux : séries d’entrevues filmées en deux temps, à trois ans d’intervalle. Mais il y a aussi eu les anecdotes, les notes prises au fil des ans, quelques photographies, les témoignages de membres de la famille, d’amis – dont celui de Philippe, le meilleur ami de Mario Édouard et son ex-beau-frère –, toutes et tous soumis aux mêmes questions.
« Les conversations qu’on a eues n’ont pas vraiment permis de reconstituer la vie de papa, parce que chacun a ses souvenirs et qu’ils divergent tous. Mais elles ont permis de faire exister différentes versions de l’histoire. » Les souvenirs se superposent même parfois à la réalité.
Mario Édouard, né à Chantepie, a rencontré Christiane, sa future femme et la mère de ses trois filles, dans un bal populaire. Le 11 octobre 1975, ils prononcent leurs vœux, mais divorcent 24 ans plus tard. Il ne s’en est jamais vraiment remis. Il s’est mis à boire, tandis que Christiane retrouvait Yann, l’amour de ses vingt ans.
Ayant « une connaissance rudimentaire de la langue écrite », il en savait pas mal plus sur la culture des champignons. Il exerçait le métier de cimentier, mais ce qui l’allumait plus que tout c’est la pêche. Il accumulait de manière compulsive, ce qui cache parfois un déséquilibre d’un tout autre ordre.
Ce qui est, entre autres, fascinant dans cette quête, c’est de voir comment Mario Édouard a été perçu par les uns et par les autres. Certains disent qu’il était gentil, généreux, bricoleur, d’autres se rappellent plutôt de lui comme étant un être buté, avec qui il était difficile d’avoir une conversation. Comme on le lit page 56 : « […] les témoignages ne sont pas des documents. Ce qui s’y révèle n’est pas la vérité de l’événement, mais la relation que la personne qui parle entretient avec lui. »
Je trouve que cela demande une certaine forme d’abandon, d’audace et d’ouverture pour écrire sur soi, comme le font, par exemple, Annie Ernaux et Sophie Daull. Œuvre de catharsis ? Peut-être. Exercice périlleux, sûrement.
Comme première œuvre, Le Drap Blanc vaut la peine d’être lu. Le livre comporte quelques longueurs ici et là, mais si on s’intéresse le moindrement aux autres, on appréciera cette page d’histoire de la famille Huyghebaert.
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SHuyghebaert%2C%20C%C3%A9line.%20Le%20Drap%20Blanc__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
Vous voulez en savoir plus sur d’autres titres ? http://irresistibles.bibliomontreal.com/
C’est un retour aux sources pour la Galerie d’art Valentin, spécialisée dans l’art historique canadien. Après 33 ans au coeur du prestigieux Golden Square Mile, à Montréal, la doyenne des galeries d’art en existence au Québec vient de reprendre ses quartiers, avenue Laurier, à son emplacement originel de 1934. On l’appelait à l’époque: l’Art Français.
Jean-Pierre Valentin devant l’oeuvre The Crossing (1980), du peintre canadien Philippe Surrey (1910-1990), à sa galerie d’art éponyme nouvellement revenue dans le quartier. PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT C’est en juin dernier que Jean-Pierre Valentin a raccroché les tableaux de sa galerie éponyme sur les murs du deuxième étage de son immeuble, niché au 372 avenue Laurier Ouest. Galeriste depuis 1975, il avait quitté les lieux en 1986 pour s’installer dans le Quartier du musée au centre-ville.
Mais les affaires ont changé depuis. « Aujourd’hui on n’a pas forcément besoin d’avoir une vitrine parce que tout se passe par Internet », explique-t-il. « C’est super la rue Sherbrooke », ajoute-t-il, « mais c’est juste pour le prestige. Et le prestige, il est aussi bon ici. Et ici, c’est mon village ! », laisse tomber ce septuagénaire né dans le massif des Vosges, au nord-est de la France.
Parlant de son pays d’origine, Jean-Pierre Valentin raconte qu’il rêvait d’être antiquaire à l’époque. Mais pour rentrer dans les bonnes grâces de son père, il décrocha un diplôme d’une école de commerce de Paris. Ce qui ne l’empêcha aucunement de sillonner l’Europe, le Japon et l’Amérique du Nord, un an après la graduation, en tant que commis d’oeuvres d’art; un emploi créé sur mesure alors qu’il était en quête d’art et de voyage.
« J’ai fait ça pendant presque quatre ans. Jusqu’au jour où la propriétaire de l’Art Français, qui était devenue ma cliente, me dise: Jean-Pierre, je vais vendre ma galerie. » Six mois plus tard, Jean-Pierre en devenait le maître des lieux.
Pour la petite histoire, la galerie l’Art Français fondée par le couple franco-belge, Lucienne et Louis Lange, en 1934, « vendait de l’art français parce que c’était la mode à l’époque. Mais la guerre est arrivée. » Et avec les tableaux coincés en Europe, « ils ont commencé à représenter des peintres québécois et canadiens », retrace M. Valentin.
Ce dernier a par ailleurs donné son nom à la galerie en cours de route, afin de disperser toute confusion, puisqu’avec lui à la barre, on ne vendait plus du tout d’art français.
Parmi les artistes vivants, le sculpteur Sato et les peintres Miyuki Tanobe et Claude de Gaspé Alleyn sont notamment représentés à la galerie aujourd’hui.
Le répertoire de Marc-Aurèle Fortin
Vernissage à la galerie l’Art français, le 6 octobre 1944.La Galerie d’art Valentin, anciennement nommée l’Art Français, a été fondée en 1934. PHOTO FONDS CONRAD POIRIERDepuis 20 ans de suite, Jean-Pierre Valentin, maître dans le monde de l’authentification d’oeuvres d’art, réalise le catalogue raisonné de son peintre québécois de prédilection, Marc-Aurèle Fortin (1888-1970). L’oeuvre prolifique compte « à peu près 7000 tableaux », estime M. Valentin. « Et moi j’en ai vu à peu près 4500 pour l’instant. » Un appel aux collectionneurs de Fortin qui voudraient se manifester en somme.
Le 19 octobre prochain aura lieu l’inauguration officielle de la Galerie d’art Valentin. L’occasion de voir une douzaine d’oeuvres d’art provenant de collections privées (qui ne se sont pas souvent révélées au public ).
C’est un retour aux sources pour la Galerie d’art Valentin, spécialisée dans l’art historique canadien. Après 33 ans au coeur du prestigieux Golden Square Mile, à Montréal, la doyenne des galeries d’art en existence au Québec vient de reprendre ses quartiers [...]
Communiqué Richard Tremblay
Présenté dans le cadre des Journées du Patrimoine Religieux, un concert Voix et Orgue aura lieu le 8 septembre 2019 à 19h30 à l’église Saint-Viateur d’Outremont
Caroline Bleau, soprano PHOTO COURTOISIE Les artistes Caroline Bleau (soprano) et Dominique Lupien (orgue) interpréteront une musique de tradition française : Louis Vierne, Franz Liszt, Théodore Dubois, Jules Massenet, Joseph Bonnet et Dominique Lupien. Les auditeurs pourront voyager, portés par les riches sonorités de l'orgue et la voix de Caroline Bleau, dans cette église magnifique.
Dimanche 8 septembre 2019
Église St-Viateur d’Outremont
1175, av. Laurier ouest, Outremont (voir carte)
Entrée gratuite
Présenté dans le cadre des Journées du Patrimoine Religieux, un concert Voix et Orgue aura lieu le 8 septembre 2019 à 19h30 à l’église Saint-Viateur d’Outremont [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
PHOTO COURTOISIE Des personnes proches de moi, fervent(e)s lecteur(trice)s, m’avaient conseillé de ne pas lire Deux soeurs, 16e roman de David Foenkinos. Je ne les ai pas écoutés. Dommage !
Ce n’est pas mauvais, juste ennuyeux, pour ne pas dire commun. J’ai l’impression d’avoir lu cette histoire de rupture amoureuse, de dépression, de jalousie… des dizaines de fois.
Le style est honnête mais sans plus. Rien non plus de bien palpitant pour m’encourager à lire cette histoire de deux sœurs qui vont se rapprocher à la suite d’un événement qui a chamboulé la vie de l’une d’elles. Jugez par vous-mêmes.
Mathilde et Agathe sont orphelines. Le père est décédé en 2002 dans un accident de voiture, la mère a suivi quelques mois plus tard, emportée par un cancer.
Mathilde Pécheux, née à la fin des années 80, est en couple depuis cinq ans avec Étienne, tandis qu’Agathe, sa sœur aînée, est mariée à Frédéric, le père de leur petite fille Lili.
Depuis quelques jours, Mathilde a le pressentiment que quelque chose ne va pas chez Étienne. Elle se sent contrariée, mais n’en connaît pas la cause. Malgré tout, comme à chaque jour de la semaine, elle prend le chemin de son lycée où elle enseigne le français. Elle aime son métier et les élèves le lui rendent bien. Elle se concentre, ce matin-là, sur l’analyse qu’elle doit faire avec sa classe du roman de Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale.
De retour chez elle, Mathilde reçoit (au sens figuré) une gifle. Étienne lui annonce : « Je te quitte. Notre histoire est finie. » Incrédule, abasourdie, ce départ précipité est incompréhensible à ses yeux.
Mais pour quelle(s) raison(s) Étienne est-il parti ? A-t-il renoué avec son premier grand amour, Iris, revenue d’Australie ? Que reproche-t-il à Mathilde ? C’est le début d’une perte de contrôle, Mathilde se découvrant des sentiments insoupçonnés. Elle est effondrée, abattue, désorientée, puisqu’« elle perdait davantage que l’homme qu’elle aimait, elle perdait toute sa vie ». Quand le malheur frappe à notre porte, il arrive que le bonheur des autres nous soit insupportable.
Mathilde déclare à son proviseur, Monsieur Berthier, qu’elle ne sent pas bien et doit prendre congé quelques jours. En trois ans d’enseignement, elle a toujours été fidèle au poste. Que lui-arrive-t-il ? En manque de sommeil, Mathilde sonne au premier chez Madame Namouzian, psychiatre qui tient cabinet dans le même immeuble où elle demeure. Après discussion, elle lui prescrit du Lexomil pour l’aider à dormir.
De plus en plus instable et fragilisée par sa rupture, Mathilde, de retour au lycée, va commettre devant témoin un geste inexcusable. À partir de là, tout déboule. Mise à pied sur le champ, puis attente du verdict de sa sanction. De plus, quelques semaines plus tard, Étienne lui apprend qu’elle doit quitter son appartement. C’est à ce moment-là, alors que nous avons déjà lu plus de la moitié du roman, que sa sœur Agathe entre en jeu. David Foenkinos vous racontera la suite…
Deux soeurs est peut-être à ranger dans la section des thrillers psychologiques, mais sûrement pas dans ma bibliothèque. Je ne suis pas certaine que ma mémoire va retenir grand-chose de ce roman… sauf si un réalisateur décide de le porter à l’écran.
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SFoenkinos%2C%20David.%20Deux%20s%C5%93urs__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
Vous voulez en savoir plus sur d’autres titres ?
Allez faire un tour : http://irresistibles.bibliomontreal.com/
Ou sur ma page FB : https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne/
Steven Orner dresse un portrait des quartiers résidentiels qui incarnent dans l’imaginaire collectif la poursuite de la perfection futile. Ses tableaux associent la réalité confortable de la banlieue à la science-fiction. Dès le 5 septembre. Le vernissage aura lieu le 5 septembre de 17h à 20h.
Karma Police, 2018, huile sur toile, 30po x 22po. PHOTO COURTOISIE
Du 5 septembre au 3 novembre 2019
Vernissage 5 septembre de 17h à 20h
Galerie d'Art d'Outremont (voir carte)
514 495-7419
Ouvert du mercredi au vendredi, de 13h à 17h, samedi et dimanche, de 12h à 17h
galeriedartdoutremont.ca
Steven Orner dresse un portrait des quartiers résidentiels qui incarnent dans l’imaginaire collectif la poursuite de la perfection futile. Ses tableaux associent la réalité confortable de la banlieue à la science-fiction. Dès le 5 septembre [...]
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Éditeur :René Soudre
Assistante à l’édition : Marili Soudre-Lavoie
Rédacteur en chef : René Soudre
Collaborateurs : Julie Turgeon, Viktor Lavoie, Emmanuelle Beaubien, Carla Geib, Alexis Drapeau-Bordage, Hélène Côté, Laetitia Arnaud-Sicari
Photos : Marili Soudre-Lavoie
Administration : Hélène Lavoie
Ventes : Marili Soudre-Lavoie, René Soudre

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