Les Irrésistibles de Marie-Anne
- Détails
- VIE CULTURELLE
- Publication : 3 juillet 2019
- Par Marie-Anne Poggi
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
PHOTO COURTOISIE C’est la première fois que je lisais une œuvre de Sophie Brocas qui a publié récemment chez Julliard, Le Baiser. Non, non, pas celui de Rodin mais celui de Brancusi.
« Le Baiser est une sculpture en pierre de l’artiste Constantin Brancusi. L’oeuvre et son socle forment la stèle de la tombe d’une jeune femme, au cimetière du Montparnasse. Autour de l’histoire de cette sculpture, l’auteure a créé une oeuvre imaginaire sans lien avec la réalité... » Nous voici avertis. Une foule de détails révélés au cours du récit sont vérifiables, pour le reste, il nous faut accepter la part de fiction.
Ceci étant dit, Sophie Brocas nous offre un roman polyphonique au « je » qui, en alternance, donne la parole à Camille, Parisienne de 43 ans, et à Tatiana Rakoska, Russe de 22 ans, née le 6 avril 1887 et dont le grand-oncle ne serait nul autre que Tolstoï.
XXIe siècle : Camille, de son nom d’état civil Vénus Ravani est, depuis 13 ans, avocate au sein du cabinet McAnton, spécialiste dans le droit de la propriété industrielle. Du matin au soir, son quotidien est réglé comme une horloge suisse. Célibataire, sans enfants, elle ne se permet que le dimanche comme jour de congé. Elle reste alors chez elle, dans son studio situé non loin du Sacré-Cœur, à faire… du tricot.
1910 : Tatiana, dite Tania, a dû quitter St-Pétersbourg et sa mère, pour venir se réfugier à Paris. Durant ses études de médecine, Tania réside chez sa tante, avenue George-V. La jeune femme fréquente des gens pauvres, que ce soit Marthe, une ouvrière, ou Sergueï et Youri, des camarades d’études. Elle a aussi le privilège d’assister son professeur, le docteur Bémard, roumain d’origine, qui planche sur les pneumobacilles.
Précisons que c’est ce même docteur Bémard qui va lui présenter son ami et sculpteur Constantin Brancusi (1876-1957). Son atelier, sis au 54, rue du Montparnasse, est visité par les plus grands de son époque : Modigliani, le Douanier Rousseau, Marcel Duchamp, Apollinaire, Man Ray et plusieurs autres.
Un siècle sépare ces deux femmes de conditions et de professions différentes. Pourtant, Camille va se pencher sur le destin tragique de cette aristocrate russe qui a émigré à Paris. Nous détenons, en tant que lecteur-lectrice, un avantage sur Camille puisque, contrairement à cette dernière, nous avons accès au journal tenu par Tania du 30 janvier 1910 au 22 novembre de la même année.
Un matin, la routine de l’avocate est bouleversée quand un voisin, Marc Comard, directeur des cimetières de la Ville de Paris, l’apostrophe pour lui dire : « J’ai reçu une demande d’un marchand d’art qui prétend agir au nom d’un donneur d’ordre dont il refuse de révéler le nom. Il dit être dûment mandaté pour démonter l’oeuvre de Constantin Brancusi qui orne la tombe d’une jeune Russe du nom de Tatiana Rakoska. » Comard est catastrophé et l’implore d’intervenir au plus vite pour que l’œuvre reste en sol français.
Camille avertit son cabinet qu’elle prend quelques jours de congé. Elle peut ainsi entreprendre des démarches pour, entre autres, retracer celui ou celle qui est le propriétaire de la concession funéraire et réussir à démontrer que « le socle qui est enchâssé dans la tombe fait partie intégrante du Baiser ». Commencent alors de longues recherches qui la mèneront du cimetière du Montparnasse à Beaubourg, à l’Atelier Brancusi (annexe du Centre Pompidou), d’Agadir à Tifnit, en passant par la Roumanie, à Baisoara dans les Carpates.
Durant sa quête, Camille se pose plusieurs questions : quel a été l’élément déclencheur qui a poussé Tania à se suicider en 1910 ? A-t-elle été le modèle de Brancusi, sa maîtresse ou celle du docteur Bémard ? Pourquoi précisément aujourd’hui quelqu’un désire-t-il retirer Le Baiser du cimetière du Montparnasse où l’on compte plus de 42 000 sépultures ? Est-ce une question d’argent ou pour d’autres raisons ? Et Camille dans tout cela ? Va-t-elle prendre conscience que sa vie est monochrome, pour ne pas dire monotone ? Voudra-t-elle ou pourra-t-elle, une fois l’affaire bouclée, retourner à son « ancienne » vie ?
L’intrigue du roman de Sophie Brocas est bien menée, le style est avenant sans être enlevant. L’auteure plonge de belle façon dans le Paris des années 1900 et nous fait découvrir sa faune d’artistes plus inspirants les uns que les autres. Si cette atmosphère vous plaît, ce livre est pour vous !
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SBrocas%2C%20Sophie.%20Le%20Baiser__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
Vous voulez en savoir plus sur d’autres titres ?
Allez faire un tour : http://irresistibles.bibliomontreal.com/
Ou sur ma page FB : https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne/
PHOTOS LE JOURNAL D’OUTREMONT
La Fête de la Musique, une initiative de Vision Diversité en partenariat avec l’Arrondissement Outremont et le Théâtre Outremont, a été présentée vendredi le 21 juin dernier.
D’abord sous la forme d’un cinq à sept pour les familles au parc St-Viateur et à la Place Marcelle-Ferron, l’évènement s’est poursuivi en soirée avec la présentation de « Solstice », un spectacle d’envergure gratuit avec 24 artistes sur la grande scène du Théâtre Outremont.
Voici quelques scènes captées par notre photographe au parc St-Viateur.
La Fête de la Musique, une initiative de Vision Diversité en partenariat avec l’Arrondissement Outremont et le Théâtre Outremont, a été présentée vendredi le 21 juin dernier. [...]
VIDÉO MARILI SOUDRE-LAVOIE
Près de trente artistes de toute provenance et de tous univers artistiques étaient réunis au parc Saint-Viateur pour la présentation de leurs oeuvres lors de l'édition 2019 de l'événement annuel Au Parc les artistes ! qui avait lieu du 14 au 16 juin dernier. Notre vidéaste Marili Soudre-Lavoie était sur place et vous présente sa plus récente production.
Près de trente artistes de toute provenance et de tous univers artistiques étaient réunis au parc Saint-Viateur pour la présentation de leurs oeuvres lors de l'édition 2019 de l'événement annuel Au Parc les artistes ! [...]
PHOTOS LE JOURNAL D’OUTREMONT
Près de trente artistes de toute provenance et de tous univers artistiques étaient réunis au parc Saint-Viateur pour la présentation de leurs œuvres lors de l’édition 2019 de l’événement annuel Au Parc les artistes ! qui avait lieu du 14 au 16 juin dernier.
Voici notre visite en images :
Près de trente artistes de toute provenance et de tous univers artistiques étaient réunis au parc Saint-Viateur pour la présentation de leurs œuvres lors de l’édition 2019 de l’événement annuel Au Parc les artistes ! qui avait lieu du 14 au 16 juin dernier. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
PHOTO COURTOISIE D’apprendre que le roman de Rosa Ventrella sera porté à l’écran, ne m’étonne pas du tout. L’auteure a une écriture très visuelle et rythmée.
À la lecture, on est tout de suite plongé au plus près de quelques habitants du quartier de Bari. On assiste aux engueulades des membres de la famille De Santis, on suit les amours interdits de certains, les mariages de quelques autres. Le tout saupoudré de rivalités, de confrontations mais d’entraide aussi.
Impossible de ne pas voir de similitudes avec la saga d’Elena Ferrante, L’Amie prodigieuse. C’est un peu normal, puisque dans les deux cas, l’action se déroule dans le sud de l’Italie et met en scène une jeune fille que l’on suit sur plusieurs années. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais chez Ferrante il fallait être attentif aux noms des personnages et à leurs liens, sinon on s’y perdait un peu. Le roman de Ventrella en comporte moins, mais je vous suggère de lire d’une traite une cinquantaine de pages sur les 282 que comporte le roman, pour bien vous imprégner de l’atmosphère des lieux et de sa population. Pour le reste, Ferrante et Ventrella ont leur style et leurs intrigues propres.
Une famille comme il faut commence en 1984 alors que la narratrice – possiblement l’alter ego de l’auteure –, Maria De Santis, a neuf ans. Elle habite San Nicola, l’un des quartiers pauvres de Bari, située dans les Pouilles. On la suit jusqu’à l’obtention de son baccalauréat et la finale est telle, que je me suis mise à rêver à une suite.
Chez les De Santis, on ne parle que le dialecte. Antonio, le père, pêcheur acariâtre et craint par les siens, aurait pu avoir un autre destin si sa mère lui avait permis de poursuivre ses études ; Teresa n’a pas du tout le même tempérament que son mari avec qui elle a eu trois enfants : Giuseppe et Vincenzo, deux garçons fort différents, et Maria, une jeune fille intelligente, surnommée « Malacarne / mauvaise viande » par sa mamie Antonietta.
Autour d’eux gravitent d’autres membres de la famille de Nicola et de Teresa, ainsi que plusieurs résidents du quartier de Bari, plus savoureux les uns que les autres. Parmi eux, Nicola Senzasagne, le père de Michele et de « Carro Armato / Char d’Assaut ». Pour Antonio, il n’est absolument pas question que sa fille Maria fréquente, ni de proche ni de loin, son camarade de classe Michele, car les Senzasagne sont de mauvaises influences.
Concetta, dite Tinuccia la folle, a honte de son fils Pinuccio « Mezzafemmna » qui a des habitudes sexuelles peu recommandables. Dans la rue où habite Maria, on retrouve aussi les Minuicchie, Cagachiesa et Mangiavlen, sans oublier la très belle Maddalena, la plus jolie fille de la classe, qui se moque constamment de Maria.
Anaïs Bouteille-Bokobza a parsemé dans sa traduction quelques mots en italien, ce qui donne une touche encore plus authentique à ce roman que je vous invite à lire. Je ne suis pas prête d’oublier les relations que Rosa Ventrella a créées entre Maria et son père, Michele et la narratrice, les Senzasagne et les De Santis, les écoliers entre eux, etc. Très belle découverte !
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SVentrella%2C%20Rosa.%20Une%20famille%20comme%20il%20faut__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
Vous voulez en savoir plus sur d’autres titres ?
Allez faire un tour : http://irresistibles.bibliomontreal.com/
Ou sur ma page FB : https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne/
Recevez votre journal gratuitement chaque semaine.
Abonnez-vous à l'infolettre!
Éditeur :René Soudre
Assistante à l’édition : Marili Soudre-Lavoie
Rédacteur en chef : René Soudre
Collaborateurs : Julie Turgeon, Viktor Lavoie, Emmanuelle Beaubien, Carla Geib, Alexis Drapeau-Bordage, Hélène Côté, Laetitia Arnaud-Sicari
Photos : Marili Soudre-Lavoie
Administration : Hélène Lavoie
Ventes : Marili Soudre-Lavoie, René Soudre

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez les fichiers témoins (aussi appelés "cookies"). Nous les utilisons pour vous offrir une expérience en ligne agréable ainsi que pour analyser le trafic du site. Pour en savoir plus sur les fichiers témoins, veuillez consulter notre politique de confidentialité.