Les Irrésistibles de Marie-Anne
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- VIE CULTURELLE
- Publication : 15 avril 2019
- Par Marie-Anne Poggi
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
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Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
Le Liseur (1995) de Bernhard Schlink fut un succès mondial. Comment oublier un tel roman ? Quand j’ai su que l’auteur allemand publiait Olga aux éditions Gallimard, j’ai décidé d’aller voir si mon expérience de lecture serait aussi forte.
Comme je suis honnête avec vous, ma réponse est non, mais cela ne veut pas dire pour autant que ce roman ne vaut pas le détour. Il faut par contre s’accrocher, car la première des trois parties est campée dans la grande Histoire et pour bien suivre les tenants et les aboutissants, on doit être attentif aux moindres détails qui auront leur importance au fur et à mesure de l’intrigue qui débute à la fin du XIXe et se poursuivra sur près d’un siècle.
Le récit nous fait connaître Olga Rinke, une gamine intelligente et curieuse. Son père débardeur et sa mère blanchisseuse vivent pauvrement. La plupart du temps, c’est la voisine qui s’occupe de la petite Olga. Celle-ci va perdre très jeune, coup sur coup, ses parents emportés par le typhus et sera élevée dans un village en Poméranie par sa grand-mère avec qui elle ne s’entend pas très bien.
Olga se sent différente des autres enfants, dit n’avoir besoin de personne, mais ça, c’était avant de rencontrer Herbert Schröder. Tout les sépare et pourtant, envers et contre tous, ils vont s’apprivoiser, s’aimer, avant que le destin ne s’en mêle.
Herbert vient d’une famille fortunée « son père est l’homme le plus riche du village » ; ses parents, sa sœur Viktoria et lui habitent un grand domaine qui génère bon nombre d’emplois. Le paternel a de grands projets pour son fils unique, mais Herbert a d’autres ambitions. Aventurier, conférencier, explorateur, Herbert veut parcourir le monde dans des contrées lointaines…
Vont-ils réussir à réaliser leur rêve ? Pour Herbert, faire la traversée de la Terre du Nord-Est – un périple très risqué – et pour Olga, devenir enseignante ? Pourront-ils un jour vivre ensemble ? Chacun a ses secrets, certains plus lourds que d’autres.
Plusieurs autres personnages viendront se greffer à ce roman qui apporte son lot de révélations que l’on ne voit pas nécessairement venir, histoire tissée comme une toile d’araignée où tout finit par s’enchevêtrer. Au final, je me répète, Olga valait la peine qu’on s’y arrête, et ce, malgré quelques longueurs ici et là.
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SSchlink%2C%20Bernhard.%20Olga__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
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Allez faire un tour : http://irresistibles.bibliomontreal.com/
Ou sur ma page FB : https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne/
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C’est un récit rempli de tendresse et d’amour que nous offre Sylvie Drapeau avec La Terre, dernier tome d’une tétralogie commencée en 2015. Le jour est donc arrivé où je dois faire mon deuil de cette famille tissée serrée à laquelle je me suis attachée… Mais je suis certaine de ne pas être la seule à vivre ce même déchirement.
Souvenez-vous : Le Fleuve relatait la noyade sur la Côte-Nord de Roch, le frère aîné de la fratrie alors que Sylvie n’avait que cinq ans. En 2017, l’écrivaine poursuivait avec Le Ciel, qui mettait de l’avant Guigui, la mère du clan, condamnée par un cancer du sein. Un an plus tard, L’Enfer dépeignait la descente dans la folie de Richard, le benjamin des garçons, mort des suites d’un accident de voiture à l’âge de 35 ans.
Cette veine noire de la destinée allait-elle enfin se calmer avec La Terre, me demandais-je avant de commencer ma lecture. Il me semblait que le malheur avait assez frappé la famille composée de deux garçons et de cinq filles. Il faut croire que non, puisqu’avec ce dernier opus, il est question de la sœur aînée, Suzanne, emportée en 2010 à seulement 51 ans, à la suite d’une « explosion de vaisseaux sanguins » dans son cerveau.
La Terre commence ainsi : « On dit que seuls les coriaces peuvent survivre, mais on dit aussi que les apparences sont trompeuses. Ainsi, de nous deux, c’était toi, ma sœur, qui devais mourir en premier. » Suzanne avait plusieurs talents dont celui de sculpter, rénover, bâtir, cuisiner. Elle aimait les femmes aussi.
« Comment n’ai-je pas vu la gravité de ton état ? J’étais trop prise par ma propre chute, ma fulgurante incapacité. » Car Sylvie, au même moment, alors âgée de 48 ans, vivait une autre sorte de souffrance, tout en élevant ses deux garçons et enchaînant pièce de théâtre sur pièce de théâtre.
Être à la hauteur des attentes de nos parents sans trop y laisser de plumes, est-ce une mission réaliste ? Surtout avec un père exigeant, travaillant et ne supportant pas la fainéantise.
Sylvie Drapeau de dire lors du décès de Suzanne : « C’est en faisant le deuil de toi que j’ai entrepris le voyage de ma reconstruction. » Je nous souhaite que nos morts aient une telle portée.
J’espère de tout cœur que ce récit ne soit pas un point final à l’œuvre littéraire de Sylvie Drapeau.
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal : https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SDrapeau%2C%20Sylvie.%20La%20Terre__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
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VIDÉOGRAPHIE MARILI SOUDRE-LAVOIE
Trevor Kiernander poursuit une recherche à la fois ancrée dans l’abstraction et dans la figuration. Ses compositions suscitent des questions formelles concernant l’équlibre, la texture, la lumière et la transparence.
Trevor Kiernander poursuit une recherche à la fois ancrée dans l’abstraction et dans la figuration. Ses compositions suscitent des questions formelles concernant l’équlibre, la texture, [...]
PHOTOS LE JOURNAL D’OUTREMONT
Ce pourrait être une première à Outremont. Si le projet poursuit sa trajectoire actuelle, Outremont ajoutera à son patrimoine d’art public une première œuvre murale dans les règles de l’art, une pièce monumentale qui couvrira le mur extérieur est du bâtiment du Centre communautaire Intergénérationnel (CCI). On n’est pas du tout surpris d’apprendre que le projet est initié et piloté par l’une des forces vives les plus intéressantes de l’heure chez nous : Les Amis de la place Marcelle-Ferron.
Le conseil d’administration des Amis de la place Marcelle-Ferron : Éric Perron, Carole Foisy, Pascal Foisy Lapointe (première rangée) ; Marie-Claude Mirandette, Carol Ann Young, Jean Lapointe, Paule Renaud, Jean de Julio Paquin, Isabelle Gauthier (deuxième rangée). Absente au moment de la prise de photo : Madeleine Sultan. D’abord, qui sont-ils?
Un petit groupe de 10 femmes et hommes, des professionnels et des artistes dans l’âme, engagés dans la gestion et la réalisation de projets, qui partagent un sens aigu de l’art public. Ils sont tous profondément inspirés de la pensée et de l’œuvre de la peintre Marcelle Ferron (1924-2001), artiste éminente et prolifique, pionnière de la modernité, déterminée et avant-gardiste, signataire du Refus global.
Le petit coin de verdure entre le supermarché Les 5 Saisons et la boutique d’aliments naturels Mission Santé sur l’avenue Bernard reçoit en 2008 la dénomination de « Place Marcelle-Ferron » en reconnaissance de l’importance du personnage et de son œuvre. Trois ans plus tard, un groupe d’amis s’associe à cet espace et procède à son incorporation OBNL sous le nom de Les Amis de la place Marcelle-Ferron. Voilà que se déploie une nouvelle force culturelle chez nous, un agent de changement dont la mission est de promouvoir les activités liées à l’art public, de dynamiser la vie par l’art et de faire d’Outremont un lieu effervescent et créatif, dans la mouvance de l’importance de l’art public dans les cités modernes.
De l’art éphémère pour tous
Depuis 2012, le groupe initie, réalise ou soutient un grand nombre d’événements dans l’enceinte ou autour de la petite place. Des projets artistiques innovants et audacieux, qui font presque toujours appel à la participation du grand public, des jeunes surtout. Rappelons l’événement Art Cube (2012) et les créations artistiques à l’intérieur de cubes par les élèves de quatre écoles d’Outremont, celui des œuvres collectives sur les bancs publics de la place (2013 et 2015) et l’Opéra masqué (2014). On se souviendra du fabuleux événement Les Glaces (2016), de l’artiste David Farsi, mettant en vedette 100 monolithes de glace qui se transforment sous l’action du soleil de septembre. Sans oublier le fameux karaoké des Bois, Feu, Feu, Joli Feu (2017), un événement du 375e de Montréal. L’œuvre éphémère La vague (2017) nous a donné l’occasion de faire connaissance avec les cours d’eau de chez nous, disparus aujourd’hui, dans une mise en scène artistique mémorable du groupe Viaduc. De l’art public éphémère, accessible à tous, réalisé avec des partenaires culturels et administratifs dans le cadre des Journées de la Culture, des fêtes d’hiver et des grands événements.
Une œuvre murale permanente
« Cette œuvre murale au CCI, c’est notre plus gros projet à ce jour », nous a confié la dynamique présidente des Amis, Carole Foisy. « Outremont va se transformer dans les années qui viennent avec l’ouverture du campus universitaire de l’UdeM à l’automne 2019. L’œuvre murale, visible du campus, sera de nature à créer des ponts entre Outremont et la communauté universitaire, étudiants et chercheurs qui, par leurs projets, préparent le monde de demain. Marcelle Ferron avait à cœur le progrès et l’innovation et elle a su s’adapter aux changements sociaux tout en créant de la beauté comme la magnifique verrière de la station de métro Champs-de-Mars, conclut-elle ». Pour le groupe, ce sera la première réalisation d’oeuvre d’art public permanente à l’extérieur de la place Marcelle-Ferron.
Objectif : septembre 2019
Il reste encore des étapes importantes à franchir. L’appui au projet, sous certaines conditions techniques, a été entériné par le Conseil d’arrondissement le 3 décembre dernier. Il faudra notamment avoir l’aval du Programme d’art mural de la Ville de Montréal duquel on espère du financement public à la hauteur du 2/3 des coûts. Puis un jury, formé de membres du CA des Amis et de partenaires du projet, devra choisir l’artiste muraliste qui relèvera le défi de créer une oeuvre sur cette immense surface (42,01m X 5,62 m) en acier galvanisé Le projet devra par la suite avoir le feu vert du Comité consultatif sur l’urbanisme (CCU), idéalement en avril, et être soumis à nouveau au Conseil d’arrondissement. C’est le groupe MU, un OBNL qui a déjà à son actif la réalisation de 80 murales dans le grand Montréal – dont le fameux Leonard Cohen au centre-ville – qui fera la gestion artistique et technique. On compte également sur du financement privé qui fera l’objet d’une campagne de levée de fonds. La présidente est optimiste. « La production devrait commencer au début de l’été. On prévoit l’inauguration de la murale pour le mois de septembre. »
Le soutien du Conseil d’arrondissement est encourageant. « J’étais très heureuse quand j’ai pris connaissance en novembre dernier de ce projet de murale », nous a confié Fanny Magini, conseillère d’arrondissement dans le district Jeanne-Mance, et également responsable des questions touchant le commerce et la culture. « Un des engagements de mes collègues dans la dernière élection, c’était de sortir l’art des lieux publics habituels et de le rendre accessible à tous. » Elle nous rassure en avançant que « les échéances du projet semblent réalistes et que les différentes collaborations avec Les Amis ont toujours été fructueuses.
Ces « utopistes au quotidien », comme ils se définissent à l’occasion, contribuent à faire émerger un nouveau paysage artistique chez nous où l’art public a de plus en plus sa place. Tout à fait dans l’esprit de Marcelle Ferron qui avouait vouloir « transformer ce mariage de raison (entre l’art et l’architecture) en un mariage d’amour.1 » C’est le défi que relève les Amis de la place Marcelle-Ferron, un mariage d’amour entre l’architecture, l’art public, les résidants d’Outremont et ceux qui nous entourent.
Sources
Ce pourrait être une première à Outremont. Si le projet poursuit sa trajectoire actuelle, Outremont ajoutera à son patrimoine d’art public une première œuvre murale dans les règles de l’art, une pièce monumentale [...]
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La femme qui ne vieillissait pas se lit d’une traite. Ce roman, malgré une histoire assez improbable – quoique ? –, soulève des questions fort pertinentes sur un tas de sujets, comme le regard des autres sur l’apparence physique.
La parole est donnée à Martine, fille unique née en France le 17 janvier 1953. Cette jeune femme changera son prénom pour celui de Betty et comme elle le dit : « À 21 ans, je suis née pour la deuxième fois. » Mais n’anticipons pas trop.
Petite fille curieuse et en bonne santé, nous suivons son parcours de sa première année à ses 63 ans, à travers des moments-clés de sa vie, dont voici quelques exemples.
À sept ans, son père revient de la guerre d’Algérie avec une jambe en moins ; à 13 ans, elle devient orpheline. Sa mère, âgée de 35 ans, est heurtée par une voiture en sortant du cinéma et meurt sur le coup ; à 15 ans, Martine vit sa première rupture amoureuse ; à 16 ans, elle assiste au mariage en secondes noces de son père avec Françoise – divorcée et mère d’un garçon de son âge ; études de lettres avant son premier emploi d’institutrice ; rencontre à 18 ans d’André Delattre, né dans une famille de cultivateurs qui, six ans plus tard, deviendra son mari ; naissance de leur fils Sébastien. Nous n’en sommes qu’au début…
À ses 30 ans, par l’entremise d’une amie, Martine fait la connaissance de Fabrice, portraitiste qui désire la photographier. À chaque année, durant 33 ans, il prendra un cliché de cette femme qui ne vieillit pas : « Le temps n’a pas de prise sur toi. » Pour une majorité, ce serait un compliment. Combien ont recours à la chirurgie esthétique pour avoir un look éternellement jeune ? Pour Martine, c’est une plaie, car elle voit son éternelle jeunesse comme un « châtiment ».
Grégoire Delacourt sait très bien se mettre dans la peau des femmes. Nous ressentons ce que doit vivre en permanence Martine, surtout depuis le moment où elle a arrêté de vieillir extérieurement. Et qui sait si cette histoire, qui peut paraître à prime abord insensée, ne deviendra pas réalité dans quelques décennies. La science n’a pas de limite !
Plusieurs phrases à méditer ponctuent ce roman. En voici un exemple parmi tant d’autres : « Peut-être devenons-nous ceux qui nous manquent. Peut-être remplissons-nous le vide, par angoisse du vide. Peut-être cristallisons-nous ce qu’ils ont été pour les garder auprès de nous toujours. »
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Éditeur :René Soudre
Assistante à l’édition : Marili Soudre-Lavoie
Rédacteur en chef : René Soudre
Collaborateurs : Julie Turgeon, Viktor Lavoie, Emmanuelle Beaubien, Carla Geib, Alexis Drapeau-Bordage, Hélène Côté, Laetitia Arnaud-Sicari
Photos : Marili Soudre-Lavoie
Administration : Hélène Lavoie
Ventes : Marili Soudre-Lavoie, René Soudre

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