Les Irrésistibles de Marie-Anne
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- VIE CULTURELLE
- Publication : 9 juillet 2018
- Par Marie-Anne Poggi
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais cela faisait un petit moment que je n’avais pas eu entre les mains un livre de Philippe Djian. Quand j’ai entendu l’auteur à La Grande Librairie parler de son dernier roman, À l’aube (Gallimard, 2018), j’ai eu envie d’aller voir de quoi il retournait.
Ce que j’aime chez cet auteur, c’est son style : des ellipses, des phrases sans alinéas et sans guillemets pour nous avertir d’une conversation entre personnages, rien de superflu… non pas des phrases courtes à la Duras, mais pas de débordement. L’histoire est tissée serrée et pour ne pas perdre le fil, il faut rester attentif.
Justement, de quoi s’agit-il ? Il y a 15 jours, Joan et Marlon ont perdu de manière tragique leurs parents, Suzan et Gordon, décédés dans un accident de la route. Joan, 33 ans, est une femme débrouillarde tandis que Marlon, 25 ans, est autiste. Joan retourne donc chez elle, sur la côte Est américaine, 15 ans après avoir quitté le nid familial. Si elle ne voyait plus ses parents qu’à de rares occasions, elle devra renouer avec son frère tout en continuant son travail en banlieue de Boston, à Cambridge, dans une friperie dont la propriétaire, Dora, tient aussi un autre commerce, disons plus illicite.
Gravitent autour d’eux plusieurs personnages dont Ann-Margaret, une femme d’âge mûr qui se rapprochera de Marlon, un peu trop au goût de Joan ; John, le shérif adjoint, nouvellement papa et voisin de Joan et de son frère ; Howard, cet homme que les habitants de Cambridge voient revenir d’un mauvais œil. À vrai dire, il est là dans un but précis, convaincu que Gordon a camouflé de l’argent chez lui.
À l’aube est truffé de révélations qui chambouleront la vie des uns et des autres, avec au menu mensonges, trahisons et agissements pas très nobles.
Ce livre est peut-être au fond un oxymore qui, malgré des éclaircies, ne fait que mieux cacher la noirceur de la finale qui nous laisse sans voix.
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De 1971 à 1987, l’Outremont a présenté 500 films par année dans cette salle mythique qui appartenait alors à Roland Smith. En souvenir de ces belles années, l’Outremont lui a proposé au mois d’août l’an dernier, de choisir une cinquantaine de films pour [...]
Communiqué Théâtre Outremont
De 1971 à 1987, l’Outremont a présenté 500 films par année dans cette salle mythique qui appartenait alors à Roland Smith. En souvenir de ces belles années, l’Outremont lui a proposé au mois d’août l’an dernier, de choisir une cinquantaine de films pour un nouveau rendez-vous cinéma, devant un public enthousiaste.
PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT La formule a obtenu un tel succès que le Théâtre Outremont la reprend cet été du 2 août au 2 septembre. Les Films de notre vie, une sélection de films inoubliables, se déroulera sur 30 jours dans un concept élargi.
C’est un appel cette fois à vingtaine de personnalités bien connues de tous, qui viendront présenter pendant quelques minutes, avant la projection de 20 h, Le film de leur vie, en précisant dans quelles circonstances elles l’ont vu et pourquoi elles l’ont choisi. Roland Smith y ajoutera même quelques films qui l’ont marqué au cours de sa carrière.
Un comité de programmation a choisi les personnalités, acteurs, actrices du monde du cinéma, de la télévision en tant que cinéphile. Roland Smith a fait les ententes avec les distributeurs.
Avec cet événement, l’Outremont démontre que les grands films d’hier ont toujours leur place au soleil. Les aînés y trouvent leur compte, les plus jeunes découvrent des pépites d’or qui ne sont pas offertes sur les plateformes numériques ni dans les autres cinémas. Cette rétrospective devrait donc susciter beaucoup d’intérêt auprès des cinéphiles montréalais.
Rappelons qu’avec son projecteur DCP 2k, un son ambiophonique et un tout nouvel écran, le Théâtre Outremont offre aux cinéphiles une expérience cinématographique à la fine pointe de la technologie. Tous les films sont présentés en version originale et sous-titrés en français.
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En toute reconnaissance. Carnet de citations plutôt littéraires nous donne à lire, entre autres, des citations glanées au fil des ans par Gilles Archambault. Les thèmes abordés dans les neuf chapitres proposés sont reliés aux extraits de phrases qui ont retenu l’attention de l’auteur.
Qui, comme lui, n’a pas un jour ou l’autre recopié quelques lignes d’un roman, d’un recueil de poésie ou d’un autre ouvrage ? Moi, la première, parce que je les trouvais pertinentes au moment de ma lecture. Par contre, les relire des années plus tard peut être un exercice risqué, car il faut remettre en contexte ses choix et souvent ceux-ci ont changé au fil du temps.
D’entrée de jeu, l’auteur dit de lui : « Je suis devenu un vieil homme. La solitude qui est tombée sur moi, il m’arrive de la maudire. Si j’inscris dans un cahier depuis une cinquantaine d’années des phrases extraites de mes lectures, ce n’est certes pas pour me rendre intéressant. Pendant des années, je n’ai parlé à personne de ma manie. Je n’en ressentais pas le besoin. »
Pourtant, aujourd’hui, Gilles Archambault en a décidé autrement. Nous avons donc entre les mains ce livre dont la couverture est d’un beau bleu foncé qui rappelle la couleur du cahier offert par son ami et écrivain, Claude Mathieu, dans les années 60.
Est-ce que cet objet littéraire est une forme de journal ? Probablement que oui. Car, au fil des pages, Gilles Archambault revient sur diverses époques de sa vie, dont celle de son enfance où il n’y avait pas de livres à la maison, mais comme il le dit si justement : « […] j’ai su m’agripper tant bien que mal à ce que certaines œuvres pouvaient m’offrir en substitut à la vie. Pendant ces années-là, j’ai cru férocement à des mondes imaginés. »
Archambault a aussi écrit à la main quelques citations. C’est touchant de voir la calligraphie d’un homme qui aura bientôt 85 ans. Un graphologue pourrait analyser son écriture et nous en révéler un peu plus sur lui.
Chaque citation en dit beaucoup sur son auteur, sur son état d’esprit, ses préoccupations, ses obsessions… C’est pourquoi il faut prendre le temps de s’arrêter à ses suggestions pour tenter de mieux saisir l’homme. Que nous dit-il derrière les mots des autres ? Il aurait été encore plus intéressant de les remettre en contexte, de savoir quand et pourquoi il avait choisi ces passages.
Parmi les 142 auteurs répertoriés, ceux les plus souvent mentionnés sont Stendhal, Georges Perros, Gustave Flaubert, Louis Calaferte, Roger Grenier et Imre Kertész. Les avons-nous lus ? Et que nous ont-ils apporté dans notre quotidien ? Un baume, une réflexion, un moment de détente ? Par contre, comme le dit l’octogénaire, le temps lui manquera certainement pour approfondir l’œuvre d’auteurs tels Joyce, Proust, Saint-Simon et quelques autres.
Quand j’ai lu ce que Flaubert disait dans une lettre à George Sand, j’ai pensé que Gilles Archambault aurait pu faire siennes ces quelques lignes : « Je n’attends plus rien de la vie qu’une suite de feuilles de papier à barbouiller de noir. Il me semble que je traverse une solitude sans fin, pour aller je ne sais où, et c’est moi qui suis tout à la fois le désert, le voyageur et le chameau. » Correspondance IV
Ou celle de François Mauriac tiré de son Bloc-notes : « Qu’ai-je à faire d’autre que d’attendre assis avec ma valise auprès de moi sur ce dernier quai de la dernière gare et que de penser à cette seconde qui ne sera pas suivie d’une autre. »
L’auteur se demande : « Sait-on pourquoi on lit ? » Bonne question. Quelle serait votre réponse ? Pour ma part, la lecture m’est indispensable.
Gilles Archambault devrait maintenant faire un Bernard Pivot de lui-même et concocter sa propre Bibliothèque idéale. Est-ce que mon souhait deviendra réalité ? À suivre !
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Ce qui m’a incitée à lire Vers la beauté, le dernier David Foenkinos, c’est la curiosité. Je voulais savoir ce qui motivait un professeur d’histoire de l’art, reconnu dans son milieu, à tout quitter du jour au lendemain pour devenir gardien de salle au musée d’Orsay à Paris ?
Est-ce qu’Antoine Duris – aucun lien de parenté avec le comédien – a été forcé de partir de Lyon avec une valise pour tout bagage ? En quatre parties et à rebours, nous connaîtrons les raisons qui l’ont mené à prendre cette décision.
Mais qui est Antoine Duris ? Fin trentaine, sans enfant, célibataire depuis peu – après avoir été en couple durant sept ans avec Louise –, cet enseignant de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon est un homme qui aime son travail et les étudiants le lui rendent bien. La plupart veulent travailler leur mémoire sous sa direction.
C’est Mathilde Mattel, responsable des ressources humaines au musée d’Orsay, qui embauche Antoine. Même si elle est étonnée de le voir solliciter ce poste de gardien de salle, disons qu’il postule au bon moment : l’institution s’attend, dès la semaine suivante, à recevoir beaucoup de visiteurs pour la rétrospective Modigliani. C’est presque trop beau pour être vrai… Antoine a écrit sa thèse sur cet artiste. Pouvoir admirer tous les jours des œuvres de Modigliani, il ne pouvait espérer mieux.
Antoine fait croire à son entourage qu’il part écrire un roman. Il veut qu’on le laisse tranquille. D’ailleurs, dit-il : « Au moins, à son travail, personne ne le remarquerait. Le gardien de musée n’existe pas. On déambule devant lui, les yeux rivés sur le prochain tableau. C’est un métier extraordinaire pour être seul au milieu d’une foule. »
J’étais tentée de vous parler de quelques autres personnages, mais je crains de trop en dire. Je ne veux surtout pas vendre la mèche. Disons qu’il est aussi question d’une certaine Camille Perrotin, qui a du talent comme peintre et dessinatrice, d’Yvan, professeur, marié à Sabine, la meilleure amie d’Antoine, de guides au musée d’Orsay, etc.
Vers la beauté comporte aussi des clins d’œil à quelques-uns de ses précédents livres. Par exemple, les parents de Camille vont passer une semaine en Bretagne, à Crozon. Ça vous dit quelque chose ? Eh oui, il en était question dans Le Mystère Henri Pick (2016) ou quand l’auteur mentionne Charlotte Salomon, un rappel de son roman Charlotte (2014).
L’un des protagonistes avance : « On peut parfois guérir par une simple modification géographique. » Que l’on soit d’accord ou pas avec cette affirmation, elle soulève une réflexion au même titre que de se demander si la beauté permet de cicatriser des blessures ou si elle rend le laid moins moche… Peut-on, comme se questionne Antoine, « se soigner en se confiant à un tableau ? ».
Certains moments sont savoureux – Antoine donnant des explications à des Amis du musée sur un portrait de Jeanne Hébuterne peinte par Modigliani – d’autres, plus délicats, qui touchent à l’actualité des derniers mois.
Comme l’été est à nos portes, Vers la beauté se lira très bien à la plage ou au jardin, un verre de vin à la main.
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https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SFoenkinos%2C%20David.%20Vers%20la%20beaut%C3%A9__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
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Durant la dernière année, 7774 visiteurs ont franchi l'entrée de gauche du bâtiment culturel de la rue Saint-Just pour apprécier les propositions d'art contemporain de la Galerie d'art d'Outremont (GAO). C'est tout un chemin parcouru depuis 25 ans alors qu'un petit groupe [...]
Durant la dernière année, 7774 visiteurs ont franchi l'entrée de gauche du bâtiment culturel de la rue Saint-Just pour apprécier les propositions d'art contemporain de la Galerie d'art d'Outremont (GAO). C'est tout un chemin parcouru depuis 25 ans alors qu'un petit groupe d'artistes mettait un paquet d'énergie pour donner une voix et un lieu aux tendances actuelles des arts visuels. Parmi ces visionnaires, l'ex-mairesse d'Outremont, Marie Cinq-Mars, et l'actuelle présidente de la GAO, Josette Trépanier. Au fil des ans, la GAO est devenue un haut lieu de l'art contemporain à Montréal et ses expositions sont couvertes par les médias de la communauté artistique du Québec.
Laurent Bouchard et Josette Trépanier. PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT Des débuts humbles, un essor remarquable
Certains se rappelleront que ce projet avait d'abord reçu en 1993 l'aval de la ville d'Outremont pour nicher son lieu culturel dans une ancienne chapelle du Centre des Arts et Loisirs d'Outremont, bâtiment aujourd'hui propriété de l'École Buissonnière. Cinq ans plus tard, 1998. Il allait de soi que le nouvel édifice de brique rouge aux découpages métalliques prévu pour la bibliothèque Robert-Bourassa, héberge aussi la GAO. « Le voisinage de la bibliothèque a été un facteur déterminant dans le développement de la galerie », affirme l'actuelle présidente Josette Trépanier. « Depuis que nous sommes là, 180 expositions régulières, à raison de neuf par an, ont été présentées, sans compter les expositions spéciales durant l'été ».
Ni maison de la culture, ni galerie privée
La GAO est organisme à but non lucratif, soutenu financièrement par l'arrondissement d'Outremont qui l'héberge gratuitement et prend à sa charge le salaire du responsable des expositions. Les œuvres des artistes sont offertes à la vente, comme dans les galeries privées, et une cote est retenue par la galerie pour couvrir ses frais d'opération et d'aménagement des expositions. Une brigade de 25 bénévoles dévoués et rompus à la cause artistique contribue au dynamisme de l'organisme.
Comment se fait le choix des exposants?
Tous les arts visuels sont représentés, peinture, dessin, sculpture, photographie, art textile, gravure. Le critère du lieu de résidence n'est pas pris en compte. « La GAO reçoit autour de 120 candidatures chaque année, du Québec bien sûr, mais aussi de l'étranger », nous apprend la présidente. « Le jury, composé de membres du CA, mais aussi de gens de l'extérieur, fait son choix dès la fin février pour la programmation de la prochaine saison », ajoute-t-elle.
La sélection des exposants fait travailler les méninges des preneurs de décision. Plusieurs facteurs sont considérés, notamment la spécialité de l'artiste, la complexité de l'aménagement de l'exposition, la parité femmes-hommes. « L'espace de la GAO offre des particularités exceptionnelles, comme le mur en arc de cercle, la fenestration et la luminosité hors normes pour une galerie » , nous apprend Laurent Bouchard qui fut responsable des expositions durant 18 ans. « Cela suggère parfois aux artistes des créations sur mesure. Il y a des œuvres qui requièrent beaucoup d'ingéniosité dans l'aménagement, par exemple des pièces dont la hauteur dépasse celle des plafonds ou d'autres qui doivent être à l'abri de la lumière naturelle ». Des défis de taille auxquels il faut trouver des solutions imaginatives.
Un lieu d'échanges
En plus d'offrir une vitrine aux courants actuels, la GAO sert aussi de lieu d'échanges pour la communauté. On cultive une collaboration étroite avec les écoles d'Outremont afin de stimuler l'intérêt pour l'art dès le primaire. L'an dernier, 1300 enfants y ont transité avec les classes. « Ce qui est prometteur, c'est que certains d'entre eux reviennent avec leurs parents », de dire la présidente Josette Trépanier avec le grand sourire. L'exposition Au Parc les artistes ! est une autre initiative de la GAO qui invite chaque année les artistes de tous niveaux à venir présenter leurs œuvres au grand public.
Rendre l'art vivant et accessible, la GAO poursuivra sa mission cet été en synergie avec la bibliothèque voisine qui présentera du 20 août au 2 septembre Le Lactume de Réjean Ducharme, une exposition des dessins tout en humour et en finesse de l'écrivain décédé récemment. Un beau travail de complémentarité de nos organismes culturels qui devra se faire sans la collaboration de Laurent Bouchard qui a quitté ses fonctions tout dernièrement après un mandat terminé et une mission bien accomplie.
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Éditeur :René Soudre
Assistante à l’édition : Marili Soudre-Lavoie
Rédacteur en chef : René Soudre
Collaborateurs : Julie Turgeon, Viktor Lavoie, Emmanuelle Beaubien, Carla Geib, Alexis Drapeau-Bordage, Hélène Côté, Laetitia Arnaud-Sicari
Photos : Marili Soudre-Lavoie
Administration : Hélène Lavoie
Ventes : Marili Soudre-Lavoie, René Soudre

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