
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
Khalil de Yasmina Khadra est un roman qui se situe dans la même veine que sa trilogie : L’Attentat, Les Hirondelles de Kaboul et Les Sirènes de Bagdad, à la différence près que l’histoire ici se déroule principalement entre Paris, Molenbeek, Bruxelles et Marrakech.
Paris, vendredi 13 novembre 2015. Qui ne se souvient pas de cette terrible soirée ? Trois lieux attaqués dans un temps rapproché : attentats-suicides à Saint-Denis près du Stade de France lors d’un match de foot, fusillades dans des cafés et restos des 10e et 11e arrondissements et le Bataclan où se donne un concert qui réunit des milliers de personnes.
Le roman débute précisément ce jour-là. Dès la première phrase, le ton est donné et Yasmina Khadra ne lâchera pas le rythme avant la dernière ligne : « Nous étions quatre kamikazes ; notre mission consistait à transformer la fête au Stade de France en un deuil planétaire. » Celui qui parle ainsi s’appelle Khalil. Arabe, musulman de 28 ans, sa « mission » est de se faire exploser dans le RER au moment où les gens rentrent chez eux après le match, tandis que son ami d’enfance Driss devra agir en amont sur ceux et celles qui sortent du Stade de France.
L’une des ceintures remplies d’explosifs ne fonctionnera pas pour une raison que je ne vous dévoilerai pas. Ce n’est que le point de départ de l’intrigue qui se déroule sur une période d’un peu plus de quatre mois, vous verrez pour le reste… c’est assez terrifiant.
Khalil, qui a vécu dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles, met les pieds dans la Ville Lumière pour la première fois. Ses parents sont des gens simples. Sa mère, une Berbère analphabète qui a été obligée de se marier à 16 ans fait ce que son mari lui dit, tout en s’occupant des siens. Marocain, le père de Khalil, épicier en Belgique, est un homme rustre et buveur. Un été sur deux, quand l’argent est au rendez-vous, ils vont à Nador, la région qui les a vus naître.
Khalil a une sœur jumelle, Zahra, avec qui il s’entend à merveille. C’est un peu moins le cas avec son aînée de 17 ans, Yezza qui, après sa dépression nerveuse, s’est installée à Mons. À 40 ans, cette dernière n’est toujours pas mariée et travaille dans un atelier rempli de machines à coudre, tandis que Zahra a été rejetée par son mari à peine quelques mois après les noces.
Khalil, Driss et Rayan sont amis d’enfance. Tous trois sont nés en 1992 et ont habité le même immeuble, rue Melpomène, à Molenbeek : Khalil déteste son père, celui de Driss a abandonné le foyer familial alors que son fils n’avait pas un an, et Rayan, le plus intelligent du groupe et le seul à avoir terminé ses études, est orphelin de père.
Pourquoi donc, en ce 13 novembre 2015, quatre individus, dont Khalil et Driss, ont décidé de donner leur vie au nom d’une cause qui les dépasse sûrement ? Quel rôle l’association Solidarité fraternelle à laquelle ils appartiennent a-t-elle joué dans leur décision ? Ont-ils trouvé une raison d’être auprès de leurs frères ? N’ont-ils pas plutôt été embrigadés ? Cherchent-ils leur moment de gloire ? Avec cette « mission », seront-ils considérés comme des terroristes ou des martyrs ?
Ce roman, écrit dans un style classique, nous met face à toutes ces questions et encore plus. Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, mais mon sixième sens me dit que ce roman se retrouvera, un jour, sur grand écran…
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Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]
Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
Amélie Nothomb signe, avec Les Prénoms épicènes, son 27e roman. Que serait une rentrée littéraire sans un livre de cette prolifique auteure belge ? Je me le demande.
Lire Nothomb, c’est comme manger un plat que l’on aime et dont les saveurs nous sont familières. Nous sommes en terrain connu.
Brest, 1970. Dominique Rosec, fille unique, célibataire de 25 ans, travaille depuis cinq ans comme secrétaire chez Terrage, une société d’import-export. Ce samedi 12 septembre, à la terrasse d’un café, un inconnu la regarde intensément puis l’apostrophe. Sans la connaître, il s’assoit à ses côtés et lui propose de boire une bouteille de Deutz. Elle accepte. (Avec Nothomb, le champagne n’est jamais loin).
Coïncidence : Claude Guillaume, car tel est son nom, travaille aussi pour Terrage. Orphelin, du même âge que Dominique, il lui annonce qu’il désire créer une filiale parisienne. Quelques jours plus tard, il lui propose de le suivre dans la capitale et, tant qu’à faire, il la demande en mariage.
Paris, rue Étienne-Marcel. Dominique, qui a démissionné de son poste pour suivre son mari, est très heureuse dans son nouvel appartement et aime sa vie de quartier. Claude, lui, a des objectifs plus élitistes : vivre sur la rive gauche.
Claude est de moins en moins présent et de plus en plus détestable avec sa femme… sauf en ce début d’année 74, quand Dominique lui annonce qu’elle est enfin enceinte. Il attend ce moment depuis quatre ans. Il se fiche que ce soit une fille ou un garçon, l’important c’est qu’elle mette au monde un enfant.
« Nous avons un point commun, toi et moi. Nos prénoms ne spécifient pas de quel sexe nous sommes. […] Nous portons des prénoms épicènes. […] Ben Jonson, un célèbre contemporain de Shakespeare, a donné ce titre à l’une de ses pièces. Il en fait le nom de la femme parfaite. » D’où l’idée, à la naissance de leur fille le 9 septembre 1974, de la prénommer Épicène.
Claude est aimable avec Dominique dès qu’il obtient ce qu’il veut. Ensuite, il la relaie aux oubliettes, comme si elle n’existait pas. Autant Dominique est proche de sa fille avec qui elle s’entend à merveille, autant son père l’ignore complètement. Bizarre !
Nous ne sommes qu’au début du récit où une partie d’échecs va se jouer sous nos yeux. Et vous savez comme moi que tant que le jeu n’est pas terminé, on ne peut proclamer « échec et mat ». Mais qui est le « Fou » dans cette histoire ? Que vient faire la « Reine » au tout début du récit ? Plusieurs « Pions », dont je ne glisse mot pour ne pas gâcher votre plaisir, serviront à assouvir une revanche machiavélique.
Qu’adviendra-t-il de ce couple mal assorti ? Que cachent les agissements empressés de Claude ? Jusqu’où peut nous mener notre instinct de vengeance ? Beaucoup de mensonges, de haine, d’abus traversent ce roman, mais toujours avec une pointe d’humour et un sens de la répartie, signature de Nothomb.
L’auteure nous apprend qu’« il y a un poisson des abysses qui s’appelle le cœlacanthe : quand il n’a plus les moyens de vivre, il programme sa mort. Il se met en mode comateux jusqu’à ce que les conditions de sa vie se rétablissent. » Si nous le pouvions, nous devrions suivre l’exemple de ce poisson… cela éviterait bien des drames.
Si vous aimez vous faire raconter une histoire, ce roman est pour vous. À lire une coupe de champagne à la main, bien évidemment.
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Communiqué Église Sainte-Madeleine d’Outremont
Sainte-Madeleine d’Outremont, c’est bien sûr une église, mais c’est aussi le plus haut clocher de l’Île de Montréal avec sa flèche si caractéristique et si élancée. Ses cloches, fondues à Orléans par la maison Louis Bollée en 1929, son chemin de croix, oeuvre en terre cuite importée de France par la Compagnie Dominique Cogné, ainsi que ses peintures et vitraux de Guido Nincheri en font un édifice d’une valeur patrimoniale hors du commun.
PHOTO COURTOISIE
Du 15 au 18 novembre 2018 se tiendra une exposition-vente d’œuvres d’artistes peintres à l’église Sainte-Madeleine d’Outremont. Toutes les sommes recueillies serviront à financer les opérations de remise à jour des remarquables peintures de Guido Nincheri, recouvertes de peinture blanche dans les années soixante, à restaurer les pièces du chemin de croix ainsi que à procéder aux travaux sur la structure du bâtiment soutenant les rosaces et vitraux exceptionnels.
L’exposition présentera les œuvres de huit artistes : Joseph-Arthur Bergeron, Jeannine Bouthillier, Margo Dorion, Anatole Golod, Liliane Le Grand, Louis Le Grand, Nicole Sacy et Sigrid Tremblay.
Heures d’ouverture :
Jeudi 15 novembre de 17h à 20h
Vendredi 16 novembre de 14h à 18h
Samedi 17 novembre de 11h à 16h
Dimanche 18 novembre de 11h à 14h.
Sainte-Madeleine d’Outremont, c’est bien sûr une église, mais c’est aussi le plus haut clocher de l’Île de Montréal avec sa flèche si caractéristique et si élancée. Ses cloches, fondues à Orléans par la maison Louis Bollée en 1929, son chemin de croix [...]
Communiqué MIAM
À l’occasion de la fête d’Halloween, petits et grands sont invités à rencontrer l’effroyable mais sympathique Drapmatique du Théâtre de la Dame de Cœur. Vous aurez aussi l'occasion de déguster un bon chocolat chaud et des guimauves grillées sur le feu en compagnie d’une sorcière rigolote. Venez tôt, des surprises vous attendent dès 17 h 30 !
PHOTO COURTOISIE THÉÂTRE LA DAME DE COEUR
Voici un lien vers l'événement Facebook : https://www.facebook.com/events/2159423170998713/
À l’occasion de la fête d’Halloween, petits et grands sont invités à rencontrer l’effroyable mais sympathique Drapmatique du Théâtre de la Dame de Cœur. Vous aurez aussi l'occasion de déguster un bon chocolat chaud et des guimauves grillées sur le feu [...]
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Il y a dix ans cette année, l’écrivaine québécoise Dominique Fortier nous offrait son premier roman, Du bon usage des étoiles. L’auteure nous faisait alors naviguer aux côtés de sir John Franklin tandis qu’une décennie plus tard, le voyage se poursuit avec Les Villes de papier : une incursion dans l’univers d’Emily Dickinson (1830-1886).
Êtes-vous de ceux et celles qui ont lu l’œuvre de cette poétesse américaine qui, de son vivant, n’a vu que quelques-uns de ses poèmes publiés ? Si tel n’est pas le cas, je vous garantis qu’après la lecture des Villes de papier, vous aurez envie de découvrir la poésie de cette femme énigmatique dont l’écriture peut être considérée comme avant-gardiste.
Les Villes de papier est un récit bien ancré dans la réalité du XIXe siècle, tout en laissant place à l’imagination de Dominique Fortier qui, de manière intercalaire, y inclut pour une rare fois, des éléments de sa propre vie alors qu’au début des années 2010, elle vivait à Boston en compagnie de son mari et de sa fille Zoé.
Que sait-on réellement d’Emily Dickinson, née en 1830 à Amherst, dans le Massachusetts ? Au final, peu de choses. Et pourtant, elle a écrit des milliers de poèmes – découverts après sa mort par sa sœur Lavinia – et a tenu une correspondance régulière avec ses amis et sa famille.
Il n’existe qu’une seule photo prise alors qu’elle avait 16 ans. Également, comme il a été numérisé, on peut consulter en ligne l’herbier conçu par Emily qui comprend « 424 spécimens de fleurs et de plantes ». L’original, comme ses manuscrits, sont en lieu sûr à la Houghton Library de l’Université Harvard. Observez la page couverture des Villes de papier, vous avez un exemple de son herbarium.
Emily a vécu auprès de son père Edward, avocat et plus tard gouverneur de l’État du Massachusetts, de sa mère Emily Norcross, de sa jeune sœur Lavinia et de son frère Austin. Elle va à l’école, fait des études au séminaire pour filles du Mount Holyoke, puis revient vivre chez elle, à Homestead.
Un jour, Emily décide de ne s’habiller que de blanc, de vivre minimalement. Son univers s’est lentement refermé sur son village d’Amherst, son jardin, sa demeure, sa chambre où elle est restée confinée la majorité du temps dans les dernières années de sa vie.
Est-ce qu’Homestead, sa maison, était sa source d’inspiration, son refuge ? Emily était-elle plutôt agoraphobe ou souffrait-elle d’un délire quelconque ? Je ne le crois pas. Je pense qu’elle désirait simplement se concentrer sur ce qu’elle aimait le plus au monde, écrire.
Je me suis demandé à la lecture des Villes de papier pourquoi plusieurs pages étaient restées vierges. Une question de typographie ? Possible. Pour ma part, le goût m’est venu d’y transcrire des poèmes d’Emily Dickinson.
La plume de Dominique Fortier est sensible, musicale et imagée. Le livre nous donne à lire de belles phrases sur lesquelles on peut rêver. Un exemple parmi tant d’autres, au sujet d’Emily : « Depuis quelques jours, dès qu’elle pose la tête sur l’oreiller, elle entend des cloches. Après avoir passé sa vie à douter de Dieu, elle a une cathédrale dans la tête. »
Dans la chambre d’Emily, des livres et encore des livres, partout des manuscrits. Et comme le dit si joliment Dominique Fortier, page 44 : « Chaque livre en contient cent. Ce sont des portes qui s’ouvrent et ne se referment jamais. Emily vit au milieu de cent mille courants d’air. Toujours il lui faut une petite laine. » C’est la grâce que je nous souhaite : vivre au milieu de courants d’air. Ce livre est un poème en soi, cousu de fines dentelles.
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On apprenait récemment que Denis Simpson prenait officiellement la barre du Théâtre Outremont après avoir assuré avec succès l’intérim de la direction générale durant plusieurs mois. L’entreprise était-elle à bout de souffle ? Doit-on s’attendre à un virage et des changements importants? [...]
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