
Maire d’Outremont, ex-député provincial du comté d’Outremont pendant 3 mandats et ex-ministre de la justice du Québec de 1970 à 1975 sous l’administration de Robert Bourassa, Maître Jérôme Choquette est décédé le 1er septembre à l’âge de 89 ans. M. Choquette était père de quatre enfants.
Photo de M. Choquette prise dans un café sur la rue Laurier en 1998. PHOTO JOURNAL D’OUTREMONT
Jusqu’à ce que son état de santé ne lui permette plus de continuer, on le voyait à l’occasion au souper d’homards annuel, lors d’événements commémoratifs, et parfois on le croisait sur la rue où il se rendait d’un pas décidé à son cabinet sur l’avenue du Parc, Choquette Beaupré Rhéaume Avocats.
M. Choquette a été élu maire d’Outremont une première fois le 6 novembre 1983, sous la bannière du Parti de la Réforme municipale. Il demeurera à la tête de la ville jusqu’en 1991. M. Choquette croyait fermement – du moins dans le contexte de l’époque – au maintien du statut de ville de la municipalité d’Outremont, un endroit où il a fait ses études (Collège Stanislas) et où il a habité pendant près de 50 ans, notamment sur l’avenue Nelson. Dans une entrevue accordée au Journal d’Outremont en novembre 1983, il avait déclaré : «… nous désirons garder la même qualité de services qui a caractérisé Outremont depuis sa fondation, tout en étant formellement opposés à toute annexion à la Ville de Montréal ».
Pour la mairesse d’Outremont Mme Marie Cinq-Mars, M. Choquette laisse un souvenir impérissable : « Je me souviens de sa grande éloquence, de sa rapidité d'esprit, de sa gentillesse et surtout de sa volonté de perpétuer les traditions et le niveau de la qualité de vie de ses concitoyens d'Outremont ».
Maire d’Outremont, ex-député provincial du comté d’Outremont pendant 3 mandats et ex-ministre de la justice du Québec de 1970 à 1975 sous l’administration de Robert Bourassa, Maître Jérôme Choquette est décédé le 1er septembre à l’âge de 89 ans. M. Choquette était père de quatre enfants. [...]
Peu d’arrondissements peuvent, comme celui d’Outremont, s’appuyer sur un aussi grand nombre d'organismes et de bénévoles dévoués. Nous avons rencontré Jean A. Savard, président de la Société d'histoire d'Outremont [...]
Peu d’arrondissements peuvent, comme celui d’Outremont, s’appuyer sur un aussi grand nombre d'organismes et de bénévoles dévoués. Nous avons rencontré Jean A. Savard, président de la Société d'histoire d'Outremont, l'un de ceux pour qui la contribution bénévole est essentielle au maintien de la mémoire collective.
Jean A. Savard.
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Jean A. Savard honoré à titre de Bénévole au long parcours lors de la soirée Hommage aux bénévoles en 2015. PHOTOS LE JOURNAL D'OUTREMONT
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Il est surtout l’un de ceux qui s’impliquent concrètement. Sportif, il a été membre du club de curling d’Outremont ainsi que président du club de tennis du parc Joyce de 1989 à 1995. Depuis 2010, il est président de la Société d’histoire d’Outremont et, à ce titre, il veille à la mise en relief du passé et de la personnalité particulière de l’arrondissement.
Jeune, il a rêvé d’Outremont où son père a vécu avant de se marier et d’aller s’installer dans un quartier voisin. Il devra patienter avant d’y faire son nid. Fernand Savard, directeur général de la London Life, impose à sa famille des déménagements fréquents de sorte que, après le jardin d’enfance, son fils Jean-A. étudie sous la férule des Messieurs de Saint-Sulpice, au collège Saint-Charles Borromée, à Sherbrooke, au collège Jean-Jacques Olier à Verdun, et au collège André-Grasset, à Montréal.
Le cours classique ouvrant la porte des études supérieures, il choisit de faire son cours de droit à l’université de Montréal. Avant la fin de celui-ci, les objectifs qu’il s’est fixés sont nets : effectuer un stage dans une entreprise parisienne et compléter ce séjour par un long voyage en Europe. Enfin, de retour à Montréal, faire carrière chez Ogilvy, Renault, l’un des plus grands bureaux d’avocats au Canada.
Il y entre comme stagiaire en 1965. Il ne s’en détachera qu’à l’heure de la retraite, 50 ans plus tard. En 1979, il publie Ogilvy, Renault : chronique d’un siècle de droit : 1879-1979. En 1990, l’Association du Barreau canadien se dote d’une section consacrée au droit de la construction. Spécialiste de la question et de la jurisprudence qui en découle, Jean A. Savard crée l’une des conférences les plus importantes de ce domaine qu’il donnera durant 20 ans dans plusieurs pays. En 2008, ce document, qui est mis à jour en permanence, devient officiellement la Conférence Jean A. Savard, honoré par l’Association du Barreau canadien qui lui décerne le prix Jules-Deschêsnes. Il quitte l’entreprise en 2015, quatre ans après la fusion de celle-ci avec le groupe britannique Norton Rose.
En 1982, il réalise le tout premier des grands objectifs qui l’ont guidé : vivre à Outremont. La maison qu’il achète est située à quelques rues à l’ouest de celle où son père avait vécu. Le jeune avocat est tout de suite chez lui dans cette ville où règne une incomparable quiétude et où il y rencontrera l’amour d’une vie. Il y glane des amis, des camarades de sports et, comme s’il y avait toujours vécu, il se passionne pour ce lieu qu’il défend chaque fois qu’il le faut.
La ville n’est plus mais son histoire demeure. Sous sa présidence, la Société d’histoire d’Outremont a présenté à la galerie d’art d’Outremont, une exposition de tableaux appartenant à des collectionneurs privés, Outremont en peinture. La SHO fait revivre le nom de résidants méritoires. Un parc immortalise le souvenir de Ludger Beauregard qui consacra sa vie à l’histoire d’Outremont. Le parc Raoul-Dandurand témoigne du rôle de ce diplomate dans la création du collège Stanislas. Un autre espace public souligne un fait historique remontant à 1694, quand les Sulpiciens attribuèrent à Jacques Tessier dit Lavigne, la terre où Outremont s’est dessinée. En 2016, le souvenir de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau s’est incarné dans le petit parc situé devant la maison où il a vécu. En 2017, Jean Savard et l’équipe qu’il a formée à la Société d’histoire d’Outremont préparent Empreinte d’une mémoire, une exposition qui sera présentée à la galerie d’art d’Outremont du 15 juin au 15 juillet sur le thème de l’ancienne gare de triage du Canadien Pacifique, à la frontière de la Ville de Mont-Royal et du district Mile End.
Artiste visuelle québécoise des plus marquantes du XXe siècle, Marcelle Ferron a été choisie bâtisseuse de la cité 2017 pour l’Arrondissement d’Outremont. [...]
Artiste visuelle québécoise des plus marquantes du XXe siècle, Marcelle Ferron a été choisie bâtisseuse de la cité 2017 pour l’Arrondissement d’Outremont.
Des membres de la famille de Mme Ferron, des personnes qui oeuvrent à perpétuer son souvenir et des élus ont participé à une cérémonie le 17 mars dernier : De gauche à droite : Mme Marie Potvin, conseillère d’arrondissement ; Mme Manon Gauthier, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal et responsable de la culture, du patrimoine, du design, d'Espace pour la vie ainsi que du statut de la femme ; M. Gilles Lapointe, professeur du Département d'histoire de l'art, UQAM ; M. Jean Lapointe, Les Amis de la place Marcelle-Ferron ; Mme Danielle Hamelin Lemeunier, fille aînée de Marcelle Ferron ; M. Frantz Benjamin, président du conseil de la Ville de Montréal.Assise : Mme Babalou Hamelin, fille de Marcelle Ferron.
Le maire de Montréal, M. Denis Coderre, et Mme Manon Gauthier, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal et responsable de la culture, du patrimoine, du design, d’Espace pour la vie ainsi que du statut de la femme, ont salué la contribution remarquable de 20 Montréalaises au développement de notre société, une pour chacun des arrondissements, en plus du prix Origine, les proclamant « Bâtisseuses de la Cité ».
« Avec les Bâtisseuses de la Cité, la Ville tient à reconnaître des femmes de divers milieux et origines qui ont contribué au développement de la métropole québécoise. Des femmes, qui sont demeurées dans l’ombre trop longtemps, pour la plupart, et à qui nous devons une fière chandelle. »
L’arrondissement d’Outremont a déjà reconnu la contribution de Marcelle Ferron en nommant un espace public à sa mémoire à l’angle des avenues Bernard et de l’Épée, la Place Marcelle-Ferron. Aussi, un organisme à but non-lucratif, Les Amis de la place Marcelle-Ferron, a pour mission de promouvoir la mise sur pied d’activités liées à l’art public.
Voici la liste des « Bâtisseuses de la Cité 2017 » :
Mme Alanis O’Bomsawin (Prix Origine) : Cinéaste engagée dans les causes des peuples autochtones, sa contribution documentaire sur le sujet est sans commune mesure.
Mme Maysoun Faouri (Ahuntsic-Cartierville) : D’origine syrienne, elle occupe le poste de directrice générale de Concertation-femmes. Militante pour l’élimination de la violence faite aux femmes, pour l’accès à l’emploi pour les femmes immigrantes et pour la réduction des inégalités de santé vécues par celles-ci.
Mme Dorothy Abike Wills (Anjou) : Née dans les Caraïbes, sur l’île de Dominique, elle est une grande défenderesse des droits des minorités. Membre fondatrice de la Ligue nationale des Noirs du Canada.
Mme Justine Lacoste Beaubien (1877-1967) (Cote-des-Neiges–Notre-Dame-De-Grâce) : Cofondatrice de l’Hôpital Sainte-Justine. S’est investie pendant plusieurs décennies dans ce projet qui fait l’envie de plusieurs grandes villes.
Mme Esther Blondin (1809-1890) (Lachine) : Fondatrice de la congrégation des sœurs de Sainte-Anne. Pionnière de la mixité dans l’éducation.
Mme Louise Lemieux-Bérubé (LaSalle) : Artiste en arts visuels internationalement reconnue. Fondatrice du centre culturel et communautaire Henri-Lemieux et de la corporation des Métiers d’Arts de Montréal.
Mme Patsy Van Roost (Le Plateau-Mont-Royal) : Artiste originaire de Belgique et citoyenne inspirante, révolutionne la participation citoyenne et les relations de voisinages dans plusieurs quartiers de Montréal à travers des projets créatifs.
Mme Édith Cyr (Le Sud-Ouest) : Militante de renom dans le domaine de l’habitation communautaire ainsi que dans le développement économique et social des quartiers.
Mme Claire Kirkland-Casgrain (1924-2016) (L’île-Bizard–Sainte-Geneviève) : Première femme députée de l'Assemblée législative du Québec. Première femme membre du Conseil des ministres. Première femme juge au Québec.
Mme Edith Maud Eaton (1865-1914) (Mercier–Hochelaga-Maisonneuve) : Première auteure nord-américaine d’origine chinoise à avoir écrit sur les difficultés et les préjugés subis par les Chinois en Amérique du Nord.
Mme Césira (Ansleme) Parisotto (1909-1992) (Montréal-Nord) : Italienne d'origine, cette religieuse dévouée est la fondatrice de plusieurs institutions dont l’école primaire et secondaire Marie-Clarac et l’hôpital Marie-Clarac, à Montréal-Nord.
Mme Marcelle Ferron (1924- 2001) (Outremont) : Artiste québécoise en arts visuels parmi les plus marquantes du XXe siècle. A réalisé les verrières monumentales pour les stations de métro Champs de mars et Vendôme à Montréal.
Mme Elisabeth-Ann Williams (Pierrefonds-Roxboro) : Grande mentore auprès des jeunes de son arrondissement. Elle se consacre au soutien et à l’épanouissement des membres des minorités visibles.
Mme Jeanne Lapierre (1913-2005) (Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles) : Initiatrice des programmes de sensibilisation destinés aux enfants d'âge pré-scolaire et co-fondatrice de l'AFEAS de Pointe-aux-Trembles, madame Lapierre a consacré une grande partie de sa vie à travailler auprès de nombreux organismes communautaires, culturels et éducatifs.
Mme Françoise David (Rosemont–La-Petite-Patrie) : Militante féministe et activiste de renom. Défend la cause des femmes et des plus vulnérables en s’investissant à la fois dans les milieux communautaires, militants et politiques.
Mme Christine Durocher (Saint-Laurent) : Instigatrice de l’introduction du concept de pédiatrie sociale dans le milieu communautaire de l’arrondissement de Saint-Laurent et fondatrice de la Maison de l’enfance de Saint-Laurent.
Mme Ellen Shryburt (Saint-Léonard) : Fondatrice de l’Accueil aux immigrants de l’Est de Montréal et du Garde-manger, fournissant de l’aide alimentaire aux plus démunis. Figure marquante de la Société Saint-Vincent de Paul à Montréal.
Mme Violet Grant States (Verdun) : Musicienne à la carrière prolifique et militante pour les droits des Noirs. Première femme noire à être acceptée dans un orchestre majeur au Canada.
Mme Agnes C. Higgins (1911-1985) (Ville-Marie) : Scientifique et diététiste reconnue pour son apport au milieu de la nutrition prénatale et maternelle. Introduit la «méthode d’intervention nutritionnelle Higgins» en Amérique de Nord pour améliorer la santé des nouveau-nés et des mères.
Mme Marjorie Ville-Franche (Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension) : d’origine haïtienne Directrice générale de la Maison d’Haïti, son souci constant est l’ouverture aux autres et la réponse aux besoins complexes et changeants des nouveaux arrivants.
Sa feuille de route est impressionnante. L'infatigable Louise Lapointe, fondatrice de Casteliers, semble réussir tout ce qu'elle entreprend. Dans l’univers incertain de la pérennité des arts, son parcours et ses réalisations tiennent de l'exploit. [...]
Sa feuille de route est impressionnante. L'infatigable Louise Lapointe, fondatrice de Casteliers, semble réussir tout ce qu'elle entreprend. Dans l’univers incertain de la pérennité des arts, son parcours et ses réalisations tiennent de l'exploit. À la tête du succès de Casteliers depuis 12 ans, elle est un acteur majeur dans l'avènement de la Maison internationale des arts de la marionnette (MIAM) à Outremont, la première du genre au Canada. Plus récemment, elle accède au Conseil exécutif de UNIMA, Union international de la marionnette, créée à Prague en 1929 et partenaire de l'UNESCO. On lui confie la Commission des Festivals internationaux pour les quatre prochaines années. Portrait d'une puissance tranquille.
Louise Lapointe de passage au bureau du Journal d’Outremont. PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT
Il y eut un commencement
« C'est d'abord le travail de la matière qui m'a séduite », dit-elle d'entrée de jeu. Les arts plastiques et la fabrication de masques à l'Université Laval, puis la technique et la production en théâtre à Ryerson (Ontario), la fabrication de marionnettes à l'École nationale des arts de la marionnette à Charleville-Mézières en France, et le perfectionnement dans la fabrication de marionnettes à Prague, elle a gravi un à un les échelons du savoir-faire. Sa rencontre avec le pionnier d'origine allemande de la marionnette moderne, Felix Mirbt, a été déterminante. « J'ai été éblouie! » ajoute-t-elle avec enthousiasme. Le voir travailler, ça été une découverte à tous points de vue. »
De nombreuses réalisations artistiques
Elle mettra son talent et ses connaissances à exécution dans la conception et la fabrication de masques, de costumes et de décors pour une trentaine de productions du Conservatoire d'art dramatique de Montréal et de nombreuses compagnies théâtrales au Québec, en Ontario et en France. En 2005, le Théâtre Outremont lui demande de monter une programmation pour les enfants durant la relâche scolaire. Les Casteliers prenaient leur envol dans la diffusion des arts de la marionnette. Depuis 12 ans, le festival annuel des Casteliers accroit son rayonnement sur la scène du Théâtre Outremont, avec la présentation d'artistes venus de partout dans le monde mais nous fait aussi connaître aussi les marionnettistes de chez nous.
L'arrière-scène du succès
« L'union fait la force », elle y tient et y revient sans cesse. Nous faisons un travail d'équipe, c'est notre succès ». Elle partage la direction générale de Casteliers avec Catherine Renaud, directrice de production. Un solide partenariat unit l'entreprise avec l'arrondissement, la bibliothèque Robert-Bourassa, le Théâtre Outremont. Des liens solides se tissent avec les associations de marionnettistes d'ici et d'ailleurs. Des partenaires publics ainsi que des entreprises privées participent au financement et les commerces d'Outremont offrent leur vitrine aux marionnettes durant le festival. L'aptitude de cette rassembleuse à s'entourer et à gagner la confiance est remarquable.
« Le temps détruit ce qui est fait sans lui », la puissance du travail et du temps, elle aime à se le répéter, est essentielle. Il faut en mettre de l'énergie pour que ça fonctionne. Loin d'être du temps perdu, c'est avec une pierre puis une autre qu'on bâtit un édifice, celui de la réussite, comme ce fut le cas pour ses projets antérieurs. Elle rappelle que les entreprises culturelles sont portées à bout de bras par de petites équipes, le travail est énorme et repose sur peu d'épaules.
Après ma rencontre avec Louise Lapointe, j'en suis venue à la conclusion que sa réussite tient d'abord à la passion qu'elle cultive pour l'art de la marionnette depuis 35 ans. Un amour immense qui rejaillit sur ses partenaires et ceux avec qui elle travaille. Elle tient certainement aussi au bonheur de vivre ensemble, artistes, petits et grands admirateurs, sur la planète poétique des marionnettes, le temps d'un spectacle.
Engagée et féministe, plus jeune, elle aurait aimé être ministre de la condition féminine. Mais sa carrière l’a menée à travailler un peu dans l’ombre. Investie dans le monde politique pendant plus de 25 ans, Diane Phaneuf a entre autres côtoyé de près les députés [...]
Engagée et féministe, plus jeune, elle aurait aimé être ministre de la condition féminine. Mais sa carrière l’a menée à travailler un peu dans l’ombre. Investie dans le monde politique pendant plus de 25 ans, Diane Phaneuf a entre autres côtoyé de près les députés fédéraux libéraux d’Outremont Lucie Pépin, Martin Cauchon et Jean Lapierre, en tant que conseillère politique et directrice de bureau de comté pendant 15 ans. Le Journal d’Outremont a rencontré cette jeune retraitée cet été.
Avec Jean Lapierre en 2006.
Diane Phaneuf a un air de vacances. Elle revient à peine d’un voyage en bord de mer aux États-Unis. Mais elle dégage aussi une impression que quelque chose d’emballant habite sa pensée. En effet, elle révèlera plus tard que son mari et elle viennent tout juste de signer ce matin même l’offre d’achat de leur maison de campagne dans les Cantons-de-l’Est.
Alors que depuis environ un an, elle peut s’offrir le luxe de passer un après-midi complet à lire des romans historiques, comme ceux de Ken Follett dont elle raffole, et que tout récemment elle rêve d’avoir un canot pour prendre le large, l’exercice de faire un retour sur sa carrière aujourd’hui, en est un de mémoire. Comme si tout ça était déjà bien loin derrière, laissera-t-elle entendre à quelques reprises pendant l’entretien. À l’évidence, le rythme effréné des soupers-spaghetti qu’elle a longtemps tenu, est bel et bien chose du passé !
Ses premiers pas en politique
Elle les a faits alors qu’elle était encore étudiante en science politique, à titre d’attachée aux communications au sein du Parti libéral du Québec en 1979. « Je n’étais pas issue d’une famille qui était dans le milieu comme tel, mais j’étais féministe et engagée socialement; à l’école, j’étais présidente de ma classe, et j’étais déjà une jeune idéaliste, impliquée dans la Commission des femmes — puis j’ai commencé au parti, j’ai connu le référendum du Québec… et j’ai beaucoup aimé, alors j’ai voulu continuer », raconte celle qui a été conseillère politique de cinq députés libéraux, au provincial et au fédéral, au cours de sa carrière, c’est-à-dire Lucie Pépin, Henri-François Gautrin, Martin Cauchon, Jean Lapierre et Marlene Jennings. Soit près de 25 ans dans les coulisses du pouvoir.
Avec Martin Cauchon en 2008Sachant cela et peut-être parce que la série House of Cards nous a bien gâtés ces dernières années, même si cela reste de la fiction, il est facile de s’imaginer que Mme Phaneuf en connait un rayon sur le sujet. Mais non, impossible de lui soutirer quelconque histoires sur la vie politique, ni même de lui faire commenter quoi que ce soit sur la Commission Gomery, une enquête qu’elle a tout de même vécu de l’intérieur. Son droit de réserve est béton, et la vérité selon elle, c’est « qu’il n’y a rien à cacher », et « que j’ai travaillé avec des gens qui étaient pour moi très engagés, très honnêtes et très, très bien. »
Mais Mme Phaneuf arrivera tout de même à confier de manière générale par la suite que « c’est sûr que moi quand j’ai commencé ce n’était pas aussi difficile que ce ne l’était les dernières années », faisant référence à la population qui a une perception beaucoup plus sévère envers ses politiciens aujourd’hui, à son sens; en citant brièvement l’exemple du bureau de Martin Cauchon, alors ministre de la Justice, qui avait été la cible d’un vandale en 2003.
« Mais quand on travaille dans ce milieu, on ne généralise pas tout: on voit les choses différemment », souligne-t-elle, en abordant le fait que la politique c’est aussi beaucoup de travail de terrain, qui, par la force des choses, sensibilise à diverses réalités.
Avec Lucie Pépin en 1988. Avec la député Lucie Pépin, une ancienne infirmière, et avec qui elle a commencé sa carrière de conseillère politique dans les années 80, ça a été entre autres l’importance de l’engagement sur le plan médical; avec certains groupes communautaires, la lutte contre les logements sociaux exécrables; puis avec le député Martin Cauchon, aujourd’hui propriétaire du groupe de presse Capitales Médias, et avec qui elle a travaillé pendant plus de dix ans, le soutien notamment de l’organisme Jeunesse au Soleil, pour les familles dans le besoin.
Diane Phaneuf, une éminence grise?
« Oui, on a toujours une certaine influence quand on travaille avec quelqu’un, mais comme cette personne a de l’influence sur nous », nuance-t-elle. Dans ce métier, « tu es les oreilles du député lorsque les citoyens appellent au bureau. Le député, c’est un peu un ombudsman du comté. On est conscients des gens autour de nous, des problèmes sociaux… Il y en a de la pauvreté, il y en a de la discrimination; j’en ai vu des gens qui sont démunis face à des dossiers qu’ils ont avec le gouvernement et que même s’ils sont très instruits n’arrivent pas à se démêler dans tout ça. C’est pourquoi le rôle de l’attaché politique est important, pour aider les gens et les faire cheminer. »
Et il reste que dans ce métier, rien n’est acquis selon elle. « Quand tu es attachée politique, même si tu es employée de la Chambre des communes, avec les mêmes avantages que certains fonctionnaires, tu n’as aucune sécurité d’emploi. Si ton député part, ou perd, tu peux te retrouver sans emploi. » Et à cela, Mme Phaneuf ajoute aussi que dans la vie, quand on commence à perdre du monde, ça créé un vide immense et c’est d’une tristesse, évoquant son ami et collègue, le coloré Jean Lapierre, dont le décès à créé une onde choc au Québec cette année.
Outremontaise depuis plus de 30 ans, Mme Phaneuf qui a été présidente de l'Association libérale fédérale de son arrondissement pendant plusieurs années jusqu’en 2014, continue de s’engager socialement, en tant que membre active de la Commission des femmes du PLC, du comité de jumelage du quartier et celui du financement du Théâtre d’Outremont notamment. Mais en l’écoutant parler de tous ses projets de voyages aujourd’hui, force est de constater que sa place n’est plus dans l’ombre, mais certainement bien au soleil !
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