
PHOTOS LE JOURNAL D’OUTREMONT
L’histoire nous a appris l’importance de cette communauté des Clercs de Saint-Viateur dans l’urbanisation d’Outremont. Le plus ancien des bâtiments qui le composent a été construit en 1896 et abrite aujourd’hui 40 chambres, 35 pour les résidents réguliers et 5 pour les visiteurs occasionnels. C’est ce bâtiment d’allure un peu sévère qu’on surnomme La Bastille. Les chambres sont équipées d’une salle de bain privée, de bureau, télé, ordinateur personnel pour ceux qui le désirent et de tous les objets personnels et souvenirs. La Bastille loge également la cafétéria. Deux bâtiments plus récents datent de 1947. L’un abrite la chapelle, l’autre les services administratifs. Le Journal d’Outremont s’est rendu sur place et vous rapporte ces quelques clichés.
L’histoire nous a appris l’importance de cette communauté des Clercs de Saint-Viateur dans l’urbanisation d’Outremont. Le plus ancien des bâtiments qui le composent a été construit en 1896 et abrite aujourd’hui 40 chambres, [...]
Les amateurs de balades dominicales se déplaçaient de Montréal en carriole pour venir admirer cette belle demeure de l’autre côté de la montagne. Outremont, disait-on, un nom qui deviendra l’odonyme d’une ferme, d’une ville, d’un arrondissement. [...]
Les amateurs de balades dominicales se déplaçaient de Montréal en carriole pour venir admirer cette belle demeure de l’autre côté de la montagne. Outremont, disait-on, un nom qui deviendra l’odonyme d’une ferme, d’une ville, d’un arrondissement.
PHOTO ARCHIVES NOTMAN
C’était au XIXe siècle. S’il fut l’objet de tant d’admiration à l’époque, le Manoir McDougall continue de susciter un intérêt certain sur le plan historique et architectural. En 2016, l’historien François Rémillard l’inclut dans son palmarès des 40 Belles demeures historiques de l’île de Montréal. Une villa Regency d’inspiration britannique, dit-on, elle est « à l’image des demeures évoquées dans certains romans de Jane Austen et de Charles Dickens »1. C’est la deuxième plus ancienne résidence de l’arrondissement2 . Une dizaine de propriétaires se sont succédé depuis 1838. Nous avons rencontré les derniers en titre, Sandra Schock et Jacques Théorêt.
Retour vers le passé
1833 – Au nord du chemin de terre qu’était la Côte-Sainte-Catherine, le propriétaire foncier Louis-Tancrède Bouthillier, Montréalais de naissance mais de père originaire de La Rochelle, acquiert une grande terre sur laquelle il complètera en 1838 une imposante demeure. Le territoire qui deviendra Outremont compte, à l’époque, moins de 300 âmes. Parmi les propriétaires, quelques têtes d’affiche comme David Lorn McDougall, un financier d’origine écossaise, président et fondateur de la Bourse de Montréal, propriétaire à partir de 1856 pendant 31 ans. En 1887, les Clercs de Saint-Viateur y logèrent leur Institut catholique des sourds-muets et aménagèrent à l’arrière de la grande maison une ferme-école avec bêtes et potager. La bibliothèque de l’actuelle résidence aurait servi de chapelle pendant une certaine période. C’est en 1907 que le nouveau propriétraire Mendoza Langlois ajoute deux logements contigus au bâtiment principal où habiteront quelques années plus tard le fondateur du quotidien Le Devoir Henri Bourassa et le rédacteur en chef Omer Héroux. Ces deux logements, jumelés en 1918, deviendront le 223 McDougall.
Une maison qui a du caractère
L’histoire et le caractère de cette belle d’autrefois ont été un coup de cœur en 1995 pour les propriétaires actuels. Dix pièces au rez-de-chassée et à l’étage dont plusieurs sont munies de foyers, indispensables en 1838 pour garder les chambres chaudes le soir venu. Séduisants, les détails ornementaux sur les murs, le marbre et le bronze sur les manteaux de cheminée, les hauts plafonds, les chaleureuses boiseries du grand escalier menant à l’étage, l’imposante salle à manger avec vue sur l’avenue McDougall. En plus, un impressionnant grenier, probablement fidèle à ce qu’il était au tout début, et un grand sous-sol qui met à nu les pierres robustes des fondations. « Ne vous sentez-vous pas comme dans un musée? » a-t-on demandé aux propriétaires? « C’est une maison facile à vivre, grâce à sa forme un peu carrée, pas de couloir en enfilade, on s’y retrouve facilement », de répondre le copropriétaire Jacques Théorêt. « Nous nous sentons bien ici, nous aimons beaucoup cette maison et tout autant le quartier », renchérit Sandra Schock, l’autre propriétaire. La maison était en très bon état à l’achat. Des améliorations ont été apportées au fil du temps, cuisine et salle de bain réaménagées, le décor refait au rez-de-chaussée en respectant les ornements sur les murs et les couleurs naturelles des matériaux. C’est une maison magnifique.
Les propriétaires actuels ont créé de belles ouvertures sur l’extérieur, comme dans la bibliothèque.La grande qualité de cette résidence c’est le respect de son intégrité dans la modernisation des lieux. Par exemple, on n’a pas mis de murs à terre pour faire de plus grandes pièces, comme c’est pratique courante aujourd’hui. On a considérablement amélioré les entrées de lumière et changé les fenêtres pour en faire de belles ouvertures sur l’extérieur. On a conservé les nombreux foyers mais aménagé l’un d’eux au gaz naturel, les autres ayant été condamnés depuis plusieurs années. La contribution des Schock-Théorêt a été de moderniser la maison et ses fonctions, d’entretenir comme un trésor les matériaux d’origine et de mettre en valeur le caractère unique du bâtiment et du très beau jardin à l’arrière.
Les traces de l’histoire
Il y a bien sûr les poutres d’origine dans le grenier et les matériaux nobles du rez-de-chaussée. Il y a aussi les traces discrètes, dans un placard ou derrière une porte, que les propriétaires affectionnent particulièrement. On a retrouvé au grenier, des restes de coupures d’un journal de 1910 collés sur les parois d’un comble, annonçant une vente de frigo à 5 $. Au sous-sol, on a compris l’épaisseur de la fondation quand il a fallu la traverser en largeur pour faire passer une connection, les outils de perçage habituels étant insuffisants. Les murs extérieurs de brique qui avaient été recouverts à deux reprises de stuc blanc, font surface dans quelques petits racoins de la maison. On a beau faire évoluer la maison pour la mettre au service des nouveaux besoins, il en restera toujours quelque chose, si ce n’est le souvenir des envolées nationalistes d’Henri Bourassa qui planent encore au-dessus de cette demeure patrimoniale.
PHOTO MARILI SOUDRE-LAVOIE
L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, nous retraçons l’histoire d’un parc d’Outremont.
Les renseignements ci-dessous sont tirés du Répertoire des rues d’Outremont et leurs histoires par Ludger Beauregard, une publication de la Société d’histoire d’Outremont (2015, 280 pages, reliure spirale). Il est possible de se procurer ce titre au montant de 25 $ en composant le 514 271-0959. histoireoutremont.org
En 1898, les Clercs de Saint-Viateur donnent le quadrilatère à la Ville d’Outremont à la condition qu’elle en fasse un parc. Le terrain est alors marécageux et occupé par une mare alimentée par un ruisseau coulant du mont Royal. La municipalité entreprend d’abord de remplir la faible dépression et de niveler la surface autour d’un bassin central. Vers 1905, les travaux d’assèchement progressent et le conseil municipal projette alors l’aménagement du parc. Ce n’est toutefois qu’en 1909 qu’il adopte le plan préparé par M. Roy et augmente les investissements. En 1915, il y plante des érables de Norvège.
Dès 1913, le parc municipal avait reçu 4 lampadaires, des bancs et des poubelles. En 1915, il est doté d’une patinoire sur le bassin et d’un carré de sable pour les enfants. Le 27 juillet 1925 a lieu le dévoilement du cénotaphe situé dans l’axe de l’avenue McDougall conformément au projet de T.R. Smith, architecte, et de Henri Hébert, sculpteur. La même année, le chalet de crépi blanc ouvre ses portes.
Après avoir porté différents noms (parc municipal, parc Bloomfield, parc Saint-Viateur), le parc Outremont reçoit son nom définitif lors d’une décision du comité des parcs de la Ville en 1930.
À la fin des années 1950, la belle fontaine que le maire Joseph Beaubien avait fait installer devant sa propriété chemin de la Côte-Sainte-Catherine vers 1927 se retrouve dans le bassin du parc après que la Ville eût démoli les maisons qui restaient dans le parc Beaubien. Le parc Outremont avec ses 225 arbres s’avère le plus boisé de l’arrondissement et le plus géométrique d’aspect.
L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, [...]
Cette maison était située à l’angle du chemin de la Côte-Sainte-Catherine et de l’avenue Villeneuve. Elle fut construite pour Odessa Paquette et détruite en 1980 pour faire place à un autre gratte-ciel, Le Chenonceau. PHOTO COURTOISIE MME DANIELLE BELLEMARE, OUTREMONT.
Une vingtaine d’habitations bâties entre 1905 et 1917 ont été démolies surtout dans la partie orientale du chemin (Côte-Ste-Catherine
Répertoire des rues d’Outremont et leurs histoires, par Ludger Beauregard, La Société d’histoire d’Outremont, éditeur.
Une vingtaine d’habitations bâties entre 1905 et 1917 ont été démolies surtout dans la partie orientale du chemin (Côte-Ste-Catherine
Communiqué Ville de Montréal version abrégée
La responsable de la culture, du patrimoine et du design au comité exécutif de la Ville de Montréal, Christine Gosselin, annonce les nouveaux noms de cinq lieux situés sur le territoire de la Ville de Montréal, dont un à Outremont, mettant ainsi en valeur des personnalités qui ont fait leur marque dans leur domaine et leur quartier respectifs.
PHOTO MARTIN BRAULT
Le nouveau parc du projet MIL Montréal (site Outremont et ses abords), situé à l’angle des avenues Querbes et Ducharme, sera nommé « parc Pierre-Dansereau », en l’honneur d’un pionnier de l’écologie mondiale qui a marqué l’histoire québécoise. M. Dansereau a enseigné dans de nombreuses universités dans le monde, ainsi qu’à l’Université de Montréal et à l’Université du Québec à Montréal. Il a également dirigé son propre laboratoire sur les écosystèmes.
« L’histoire de Montréal est remplie de femmes et d’hommes ayant fait la différence dans leur milieu et dans leur quartier. C’est un bonheur et une fierté pour nous de mettre en valeur leurs apports à notre société. Que ce soit en baptisant une rue, un parc ou une place publique en leur honneur, nous leur rendons hommage, mais, surtout, nous immortalisons leur histoire dans la mémoire et l’identité collectives montréalaises », affirme Christine Gosselin.
La responsable de la culture, du patrimoine et du design au comité exécutif de la Ville de Montréal, Christine Gosselin, annonce les nouveaux noms de cinq lieux situés sur le territoire de la Ville de Montréal, dont un à Outremont, mettant [...]
1938 – Nous sommes aux portes de la Deuxième Guerre mondiale. Montée des nationalismes en Europe, la droite a le vent dans les voiles et beaucoup d’adeptes. Au Québec, Maurice Duplessis poursuit depuis 1936 un long règne sur les destinées de la province jusqu’en 19591, une période qu’on qualifiera de Grande Noirceur tant l’ouverture sur le monde est étroite.
Première rentrée scolaire du Collège Stanislas en 1938, alors au 831 Rockland. |
Le bâtiment principal du collège dans les années ‘50. PHOTOS ARCHIVES COLLEGE STANISLAS |
Le terrain n’était pas propice à la venue d’une institution éducative indépendante comme le Collège Stanislas, laïque de surcroît, qui ose les professeurs de sexe féminin dans un collège de garçons... Sous l’égide du Ministère de l’Éducation nationale de France et menant au baccalauréat français, le Collège Stanislas à Outremont fut l’heureux dénouement d’efforts soutenus du sénateur canadien Raoul Dandurand. Le parc situé sur la rue Van Horne devant la façade nord porte son nom.
Outremont, 1938 – La population de la ville atteint des sommets nouveaux, 28 691 selon le recensement de 1931, dont une grande partie anglophone, issue d’un important contingent de gens d’affaires d’origine juive. Le Collège s’installe d’abord au 831 Rockland dans un bâtiment construit en 1912 pour Bell Téléphone. À la grande surprise des maîtres d’oeuvre du projet qui espéraient deux douzaines d’inscriptions la première année, on atteint les 120 élèves dès la rentrée scolaire de septembre 1938. Un grand succès pour l’établissement laïc, signe qu’il était attendu.
Le bâtiment principal sur boulevard Dollard a ouvert ses portes en 1941. Par la suite, plusieurs agrandissements se sont succédé, le petit collège, juste en face, s’est ajouté à l’établissement en 1957, la dernière récente œuvre majeure fut le renouvellement tout de verre de la façade sur Dollard en 2018. « À vol d’oiseau, le Collège est situé aujourd’hui au centre d’un axe pédagogique névralgique, entre le pavillon principal de l’UdeM au sud et le nouveau Campus MIL au nord », rappelle le directeur actuel, M. Philippe Warin.
Sur la rue Van Horne, le cadre résidentiel de 1938 était à peu près ce qu’on voit aujourd’hui, mais le secteur commercial était à ses premiers balbutiements. Des générations de commerces y ont eu pignon sur rue pour offrir des services aux élèves et à leurs parents. À l’automne 2018, 2684 élèves étaient inscrits au Collège, une petite société en soi, qui décuple l’activité du quartier aux heures de pointe. Les restos midi, services de nettoyage de vêtements, papeterie et fournitures scolaires, coiffeurs, boulangeries et pâtisseries, sont nombreux dans le quartier. Dès la fin des années 1930, la pâtisserie-confiserie Chez Maxime faisait déjà de bonnes affaires sur la rue 2. Encore aujourd’hui, la proximité de Stanislas est un excellent argument de vente pour les courtiers immobiliers. De fait, la population d’origine française à Outremont est la plus importante après celle qui est née au Canada, d’après le recensement de 2016, sans compter les résidants de langue française originaires du Liban et du Maroc.
Enfin, des personnages exceptionnels ont transité par le Collège, des hommes et femmes d’affaires, des artistes et des personnages politiques qui ont fait de brillantes carrières. Quatre premiers ministres du Québec y ont complété leurs études, Jacques Parizeau, Philippe Couillard, Daniel Johnson et Pierre-Marc Johnson, son frère, ainsi que plusieurs ministres, pour ne citer que Raymond Bachand et Jacques-Yvan Morin. Valéry Giscard D’Estaing y a enseigné avant de devenir Président de la République française.
M. le directeur Philippe Warin, ancien élève de Stan, exprime sa fierté pour la très fructueuse collaboration entre le Collège et Outremont, ville et arrondissement, depuis toutes ces années.
Sources : Collège Stanislas : stanislas.qc.ca/montreal
1938 – Nous sommes aux portes de la Deuxième Guerre mondiale. Montée des nationalismes en Europe, la droite a le vent dans les voiles et beaucoup d’adeptes. Au Québec, Maurice Duplessis poursuit depuis 1936 un long règne sur les destinées de la province [...]
L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, nous retraçons l’histoire d’une rue d’Outremont. [...]
PHOTOS MARILI SOUDRE-LAVOIE
L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, nous retraçons l’histoire d’une rue d’Outremont.
Plusieurs documents permettent de retracer les origines de l’avenue Bloomfield. Le nom apparaît d’abord sur une des planches du relevé topographique, effectué par des militaires au tout début de la Confédération. On y voit clairement, à la tête du lot 34, un grand établissement rural, comprenant sept bâtiments desservis par un chemin qui débute au chemin de la Côte-Sainte-Catherine. À côté du bâtiment principal, la carte indique la présence d’une pompe à eau et, bien lisiblement, le surnom de la propriété : Bloomfield.
En 1833, Hugh Murray possédait le lot 34 et c’est probablement lui qui a développé la ferme et lui a donné ce nom. Mais, 25 ans plus tard, les anciens seigneurs de Montréal accordaient une communication à William Bremner, qui en était alors propriétaire. La communication reconnaissait sa propriété libre de tout droit à l’endroit des anciens seigneurs, c’est-à-dire les Messieurs de Saint-Sulpice. Le testament de William Bremner, rédigé en 1867, léguait la ferme à son épouse Janet Milne Bremner, qui la fit subdiviser et la transféra à son fils, Alexander, le 25 janvier 1872. Celui-ci la vendra, deux ans plus tard, à un groupe de six marchands dirigés par le boulanger James Strachan.
Les nouveaux copropriétaires déposent, le 30 juillet 1874, le plan de lotissement qui figure aux plan et livre de renvoi officiels de la Paroisse de Montréal. Celui-ci montre une avenue Bloomfield en plein milieu du lot 34 avec trois embryons de rue transversale et des centaines de lopins à bâtir. Quelques-uns de ces derniers sont vendus dès la première année, mais les acheteurs ne semblent pas assez nombreux pour rendre le projet rentable. Le 30 septembre 1889, le groupe Strachan cède le lot, sans les lopins déjà vendus, à l’Institution Catholique des Sourds-Muets pour la somme de 12 367$
Aménagement de l’avenue
À la fin du siècle, l’ancien maire, George E. Cooke, propriétaire de maisons sur l’avenue, se plaint au conseil municipal du mauvais état de cette voie, qui l’empêche de louer ses logements. En 1899, la Montreal Water and Power refuse d’y enfouir des tuyaux, faute d’un nombre suffisant d’habitants. La municipalité s’engage alors à subventionner l’entreprise. L’aménagement de la rue, qui avait débuté avec l’installation de trottoirs de bois vers 1895, reprend au tournant du siècle avec la pose des canaux d’aqueduc et d’égout dans la partie sud. En 1906, les canalisations sont prolongées d’Elmwood à Saint-Viateur et, dès 1912, jusqu’à Ducharme. La macadamisation de la chaussée se poursuit de 1905 à 1912. La plantation des arbres a suivi.
Une première pétition est présentée au conseil municipal en 1910, demandant de changer le nom de l’avenue Bloomfield pour celui de Congress, sans doute en référence au grand Congrès eucharistique de l’année à Montréal, et une seconde, le 12 avril 1911, pour celui de George V, qui avait accédé au trône britannique l’année précédente. Beaucoup plus tard, le 15 décembre 1983, le président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal écrit au maire Choquette pour demander que l’avenue Bloomfield devienne l’avenue Lionel-Groulx en hommage au grand historien et citoyen éminent, qui vécut sur Bloomfield de 1939 à 1967 au numéro 261.
D’autres suggestions en ce sens visaient dernièrement à franciser le spécifique par Champfleuri. À ce sujet, il faut admettre que Bloomfield possède de lointaines racines historiques.
Somme toute, l’avenue Bloomfield tire avantage de plusieurs espaces verts (esplanade de l’église Saint-Viateur, parc Outremont et parc Saint-Viateur) et de plusieurs institutions, dont l’incroyable académie Querbes et le plus beau flanc de l’église Saint-Viateur. Entre Laurier et Bernard, des maisons anciennes, des paires de cottages, des résidences bourgeoises, une série de duplex remarquables, une maison unique en son genre en face du parc Outremont, bordent cette rue. Plus au nord, deux longues rangées de triplex dans lesquelles s’insèrent des duplex et des maisons d’appartements ne paraissent pas sans intérêt et cela, jusqu’à l’avenue Ducharme.
Les propriétaires de bâtiments sur cette avenue comme sur les avenues voisines ont une grande responsabilité, celle de respecter le caractère patrimonial du quartier et l’environnement architectural quand vient le temps des rénovations extérieures. La Ville de Montréal et le conseil d’arrondissement d’Outremont ont aussi un rôle important à jouer en matière de conservation intelligente du patrimoine résidentiel.
Les renseignements ci-dessous sont tirés du Répertoire des rues d’Outremont et leurs histoires par Ludger Beauregard, une publication de la Société d’histoire d’Outremont (2015, 280 pages, reliure spirale). Il est possible de se procurer ce titre au montant de 25 $ en composant le 514 271-0959. histoireoutremont.org
« Le projet d’installer les archives d’Outremont au 1311, rue Saint-Viateur, est actuellement sur la glace » a déploré le maire Tomlinson lors de la dernière séance du Conseil d’arrondissement le 6 août. [...]
« Le projet d’installer les archives d’Outremont au 1311, rue Saint-Viateur, est actuellement sur la glace » a déploré le maire Tomlinson lors de la dernière séance du Conseil d’arrondissement le 6 août.
La presque totalité des archives sont actuellement logées sur la rue Saint-Urbain, à l’extérieur de l’arrondissement. PHOTO ARCHIVES LE JOURNAL D’OUTRMEONT
Ce projet, en cours depuis plusieurs années, vise à rassembler en un seul lieu et sur le territoire de l’arrondissement l’ensemble des archives d’Outremont. « Les premières estimations chiffraient leur transfert au 1311 Saint-Viateur à 1,6 million de dollars, incluant les services professionnels comme, entre autres, les études d’architecture, les consultations complémentaires, la gestion du projet, la sélection des fournisseurs, etc. », a détaillé le maire Tomlinson.
« Or, selon la dernière évaluation demandée lors de notre arrivée aux commandes de l’arrondissement, le projet est rendu à un montant de 2,8M$, excluant les services professionnels, ce qui double le montant initial. »
Il faut bien noter que le stockage d’archives est en soi très pesant, a-t-il rappelé, et nécessite des infrastructures solides et durables. Or, selon les études architecturales, il apparaît que le bâtiment du 1311 Saint-Viateur, s’il est viable et sain pour d’autres projets, est structurellement insuffisant en termes de solidité pour accueillir des archives. « Il aurait fallu envisager l’ajout de structures consolidantes et de creuser un sous-sol supplémentaire. Nous avons donc pris la sage décision de suspendre ce projet. Comme la somme de 1,6M$ avait été mise en réserve, nous avons demandé à la Ville-centre de l’utiliser sur d’autres bâtiments. »
Le rapatriement des archives dans l’arrondissement reste, avec les chalets des parcs, en tête de liste des priorités de l’administration Tomlinson, rassure le maire. « On planche sur un autre projet pour accueillir dans un bâtiment digne de ce nom toutes nos archives, riches et variées, dans un endroit que nous voulons ouvert et accessible au public ! ».
Le Pavillon Strathcona, c’est ce gros bâtiment sur Côte-Sainte-Catherine à l’angle ouest de l’avenue Pagnuelo. Témoin d’une autre époque, il est l’ancêtre des édifices scolaires d’Outremont puisqu’il a ouvert ses portes en 1898 pour le bénéfice [...]
Le Pavillon Strathcona, c’est ce gros bâtiment sur Côte-Sainte-Catherine à l’angle ouest de l’avenue Pagnuelo. Témoin d’une autre époque, il est l’ancêtre des édifices scolaires d’Outremont puisqu’il a ouvert ses portes en 1898 pour le bénéfice des nombreux écoliers anglophones dans la nouvelle ville à la fin du XIXe siècle. Il accuse donc cette année 120 ans d’existence. Ses actuels locataires du département de géographie de l’UdeM le quitteront en 2019 pour le nouveau Campus MIL. Le Pavillon Strathcona a un riche passé, mais a-t-il un avenir ? Brève incursion dans l’histoire de ce monument qui figure dans le palmarès du patrimoine bâti de la Ville de Montréal.
Détail de la façade sur Côte-Sainte-Catherine.
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La Pavilllon Strathcona a un riche passé, mais lui réserve-t-on un bel avenir ? PHOTOS LE JOURNAL D’OUTREMONT
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La Pavillon Strathcona a déjà accueili le musée d’histoire naturelle Georges-Préfontaine. PHOTO MUSEE DE LA NATURE ET DES SCIENCES DE L’UNIVERSITE DE SHERBROOKE.
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Mission éducative
Vous êtes-vous demandé à quoi fait référence le mot Strathcona écrit en lettres de béton au dessus de la porte principale du bâtiment? L’appellation tient de son principal protagoniste et mécène Sir Donald Alexander Smith, élevé au titre de Lord Strathcona, un émigrant écossais qui a fait fortune à la Compagnie de la Baie d’Hudson. Le bâtiment a logé à la fois une école primaire et une école secondaire de langue anglaise (Strathcona Academy) durant de nombreuses décennies. Après la fermeture des écoles, l’Université de Montréal (UdeM), devenue le nouveau locataire de la Commission des écoles protestantes du Grand Montréal, propriétaire du bâtiment, y a installé son département de géographie au début des années 1980. Il y est toujours jusqu’à son prochain déménagement en 2019. C’est la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) qui est propriétaire du bâtiment depuis 1998.
Il était une fois un musée
En 1982, l’UdeM a acquis les collections de Sœur Marie-Jeanne Eudes, institutrice et animatrice au Cercle des Jeunes naturalistes : toute une ménagerie d’animaux naturalisés avec patience et art par les Sœurs Ste-Anne du couvent de Lachine entre les années 1934 et 1943. Le Musée Georges-Préfontaine ouvrait ses portes en 1987 à l’entrée du pavillon Strathcona sous la gouverne du département de biologie de l’UdeM et de la Société de biologie de Montréal. On y a présenté nombre d’expositions mettant en vedette des oiseaux, mammifères, poissons, reptiles et insectes naturalisés, en reconstituant leur habitat naturel tout en décrivant leurs mécanismes d’adaptation aux conditions climatiques. Ce fut une destination exceptionnelle pour les visites de groupes scolaires durant sept ans. Après la fermeture du Musée en 1994, les collections ont été confiées au Musée du Séminaire de Sherbrooke, devenu depuis le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke qui présente encore aujourd’hui plusieurs spécimens du Musée Georges-Préfontaine.
Un tournant
Septembre 2018 sera le début de la dernière saison de l’UdeM au Pavillon Strathcona. Le déménagement de l’administration du département au Campus MIL se fera dès le printemps. Plus de 20 professeurs, une dizaine d’employés administratifs et de soutien, et près de 300 étudiants convergeront vers le nouveau site à l’automne. Que deviendra le Pavillon Strathcona ? Qui seront les nouveaux occupants? Rien ne transpire de la CSMB qui est à évaluer différentes options. Le bâtiment est de grande taille, des rénovations s’imposent compte tenu de la vétusté des infrastructures et des aménagements intérieurs. Déjà en 2013, certaines classes avaient dû être traitées pour insalubrité résultant de moisissures importantes. À l’heure où les établissements scolaires et garderies font salles combles à Outremont, et que la garderie Les Pitchounets active ses recherches pour relocaliser sa grande marmaille, l’intérêt pour l’avenir du Pavillon Strathcona est aux premières loges.
Communiqué Société d’histoire d’Outremont
La populaire randonnée commentée par M. Dinu Bumbaru dans le quartier nord d’Outremont en juin et en août 2017 est à nouveau présentée par la Société d’histoire d’Outremont le samedi 16 juin prochain.
PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT
Intimement lié aux activités de l’ancienne gare de triage du Canadien Pacifique, l’ancien quartier ouvrier aux abords du site Outremont, constitue, après le chemin de la Côte- Sainte-Catherine et ses grands domaines, le second noyau historique d’Outremont.
La visite commentée par le directeur des politiques d’Héritage Montréal fera découvrir aux participants la grande et la petite histoire de toute une communauté qui a grandi près de la gare de triage. Née de l’installation en 1891 du triage ferroviaire du Canadien Pacifique, la gare d’Outremont était une composante névralgique d’un réseau continental.
Résident du quartier nord d’Outremont depuis 1964, Dinu Bumbaru mènera les participants dans une promenade sur le thème du patrimoine architectural – domestique, industriel et civique.
Activité gratuite - inscription obligatoire
Le circuit historique, qui aura lieu beau temps, mauvais temps, débutera le samedi 16 juin à 14 h et se terminera vers 16 h. L’activité est gratuite, mais les personnes doivent s’inscrire en laissant leurs coordonnées à info@histoireoutremont.org ou par téléphone au 514 271-0959. Le rassemblement aura lieu au métro Outremont à 13 h 45, le jour de la visite commentée.
Renseignements : Société d’histoire d’Outremont, Francine Unterberg : 514 271-0959.
Samedi 16 juin 2018 de 14h à 16h
Départ Métro Outremont
La populaire randonnée commentée par M. Dinu Bumbaru dans le quartier nord d’Outremont en juin et en août 2017 est à nouveau présentée par la Société d’histoire d’Outremont le samedi 16 juin prochain. [...]
Une grande table du début du siècle dernier vient de retourner à sa résidence d'origine, l'hôtel d'arrondissement – de ville, à l'époque – où elle a passé au moins les 40 premières années de son existence.
Une photo d'époque (1922) témoigne de la présence de la table ovale de bois blond autour de laquelle les élus se rassemblaient pour les réunions du Conseil. PHOTO ARCHIVES ARRONDISSEMENT D’OUTREMONT
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D'après Jean Leblanc, archiviste en chef de l'arrondissement, cette imposante pièce de mobilier de 3,2 par 2,1 mètres aurait probablement été acquise par l'administration de Joseph Beaubien, maire d’Outremont de 1910 à 1949. Une photo d'époque (1922) témoigne de la présence de la table ovale de bois blond autour de laquelle les élus se rassemblaient pour les réunions du Conseil. La table a probablement été utilisée à cette fin jusqu'en 1963 au moment où les réunions du Conseil ont déménagé au 530 Davaar. Jusqu'en 1998, la table a été entreposée et … probablement oubliée, jusqu'à ce que le Service des Travaux publics la déniche. Une fois restaurée, on la déménage à la Bibliothèque Robert-Bourassa. À la lumière des souvenirs de Christiane St-Onge, directrice de la bibliothèque, la table était déjà là lors de l'inauguration officielle de la bibliothèque le 1er avril 1998 dans la salle qui portait déjà le nom de premier maire de langue française à Outremont. Depuis le début 2018, la table est revenue à l'hôtel d'arrondissement. Sa nouvelle vocation n'est pas encore déterminée.
Une grande table du début du siècle dernier vient de retourner à sa résidence d'origine, l'hôtel d'arrondissement – de ville, à l'époque – où elle a passé au moins les 40 premières années de son existence. [...]
Communiqué Arrondissement d’Outremont
Il y aura 90 ans le 7 décembre prochain, les membres du conseil de la Ville d’Outremont votaient en faveur de l’achat de la toute première souffleuse à neige, une invention d’Arthur Sicard qui allait révolutionner la vie urbaine en hiver. Son acquisition au coût de 12 500 $ sera concrétisée le 21 décembre 19271. La Ville de Montréal suivra l’exemple de sa voisine l’année suivante en acquérant deux souffleuses Sicard2.
Une des premières souffleuses à neige employée à Montréal. PHOTO : ARCHIVES DE MONTREAL
Avant l’arrivée de la souffleuse et des équipements mécanisés, le déneigement des rues se faisait à l’huile de bras avec des pelles et des équipements hippomobiles. Au 19e siècle, la neige était tapée avec un rouleau ou évacuée avec des bennes tirées par des chevaux. Au début du 20e siècle, les chasse-neige étaient des charrues attelées à des chevaux, mais le déneigement continuait à se faire largement par des pelleteurs.
« Si l’autoneige de Joseph-Armand Bombardier a grandement facilité les transports dans le monde rural, c’est grâce à l’invention d’Arthur Sicard que des grandes villes nordiques comme Montréal peuvent continuer à se développer en hiver, » a déclaré le maire d’arrondissement Philipe Tomlinson. « Outremont est, encore une fois, fier d'être au cœur d'une grande invention qui a profité aux Montréalais ».
Au cours de l’hiver 1927, la Ville d’Outremont, aujourd’hui un arrondissement de la Ville de Montréal, procéda à des tests méthodiques avec la souffleuse autopropulsée d’Arthur Sicard (1876–1946). Ce sont ces essais qui convaincront l’administration de recommander aux élus d’Outremont d’acquérir la machine. Le véhicule comprenait un moteur et un châssis d'un camion à quatre roues motrices et une tête de souffleuse avec deux cheminées ajustables. Un moteur additionnel était nécessaire pour conduire la tête de la souffleuse3.
En mémoire de l’homme et de son invention
Postes Canada a émis un timbre en 1995 pour commémorer la commercialisation de la première souffleuse à neige. En 2003, Manuel Barbeau Lavalette a réalisé un documentaire, Souffleurs de neige, qui raconte Arthur Sicard et sa machine4. La Ville de Montréal a publié un dossier détaillé et illustré sur l’homme et son invention qui est accessible en ligne5. La première souffleuse est désormais entreposée à Ottawa au Musée des sciences et de la technologie.
Référence :
1 Centre d’archives de l’arrondissement d’Outremont
2 Archives, Ville de Montréal - http://archivesdemontreal.com/
3 Site Web du Groupe Sicard SSI Inc. - http://www.sicardgroup.com/francais/index_fr.html
4 Souffleurs de neige, documentaire de Manuel Barbeau Lavalette, 2003
- https://www.youtube.com/watch?v=ORyLDN6251Y
5 À la douce mémoire d’Arthur Sicard, Échocité, bulletin des employés de la Ville de Montréal, 2014
- http://echocite.ville.montreal.qc.ca/a-la-douce-memoire-darthur-sicard/
Il y aura 90 ans le 7 décembre prochain, les membres du conseil de la Ville d’Outremont votaient en faveur de l’achat de la toute première souffleuse à neige, une invention d’Arthur Sicard qui allait révolutionner la vie urbaine en hiver. Son acquisition [...]
La cathédrale St-George, inaugurée en 1961, est une église grecque orthodoxe sur le chemin de la Côte-Ste-Catherine, à la limite ouest d’Outremont à l’angle de l’avenue Stirling. [...]
La cathédrale St-George, inaugurée en 1961, est une église grecque orthodoxe sur le chemin de la Côte-Ste-Catherine, à la limite ouest d’Outremont à l’angle de l’avenue Stirling.
Le député de Mont-Royal, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, ministre responsable du Plan Nord et ministre responsable de la région de la Côte-Nord, M. Pierre Arcand, se réjouit de l’aide financière de 186 300 $ qui a été accordée pour la restauration de la structure de béton de la cathédrale.
« … La restauration de la structure de béton de la cathédrale St George est un geste essentiel pour l’entretien et la pérennité de ce lieu de culte et de mémoire qui témoigne de l’histoire régionale et qui fait la fierté des citoyennes et citoyens de Montréal. » – Pierre Arcand, député de Mont-Royal
Cette somme fait partie de l’enveloppe 2017-2018 du programme d’aide à la restauration du patrimoine à caractère religieux récemment annoncée par le ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, M. Luc Fortin. Cette enveloppe budgétaire, qui s’élève à 12 M$ pour l’ensemble du Québec, a été bonifiée de 20 % par rapport aux quatre années précédentes. Le programme d’aide permet de financer jusqu’à 85 % des coûts des projets de restauration.
L’ancienne gare de triage d’Outremont et son impact sur la communauté seront soulignés lors d’une exposition qui retracera, à travers des photographies, des objets et d’autres documents, l’impact de la gare de triage sur le vécu des gens à Outremont comme dans Parc-Extension. Intitulée « La gare de triage d’Outremont – l’empreinte d’une mémoire », l’exposition sera présentée du 13 juillet au 13 août 2017 à la Galerie d’art d’Outremont.
Inaugurée en 1891, la gare de triage d’Outremont a constitué pendant près de 125 ans un noyau important du réseau ferroviaire montréalais pour le Canadien Pacifique. L’exposition est un projet de quartier du 375e de la Société d’histoire d’Outremont en collaboration avec la Société d’histoire de Parc-Extension.
Du 13 juillet au 13 août 2017
Galerie d’Art d’Outremont
Bibliothèque Robert-Bourassa
41, av. St-Just, Outremont
(voir carte)
La Société d’histoire d’Outremont (SHO) a demandé au Conseil d’arrondissement de faire les recommandations nécessaires auprès de la Ville-centre pour revoir – selon des critères historiques sérieux – le choix du nom proposé (Tiohtià:ke Otsira'kéhne) pour le nouveau parc du Sommet Outremont dans le parc du Mont royal.
PHOTO MARILI SOUDRE-LAVOIE
Il est question de deux entités toponymiques : le sommet du monticule « qui restera le Sommet Outremont », précise Jean A. Savard, président de la SHO, et le parc qui le recouvre. Situé derrière le CEPSUM (Centre d’éducation physique et des sports de l’Université de Montréal) et la faculté de musique de l’UdeM, ce nouveau parc est issu de la fusion de deux terrains appartenant à la Fabrique de la paroisse Notre-Dame et l’Université de Montréal.
« L’attribution d’un nom mohawk, peuple exogène à la vallée du Saint-Laurent, à un parc sur le Mont-Royal serait une falsification historique et une insulte aux Hurons et à nos alliés autochtones ! », s’insurge le journaliste Normand Lester, membre de la SHO. « D’autres peuples autochtones présents à Montréal jadis mériteraient d’en être honorés tout en respectant ainsi le double objectif de la réconciliation avec les Premières Nations et la véracité historique. » Or, « la SHO n’a jamais été consultée pour cette appellation qui s’est faite à son insu », indique Jean A. Savard en emboitant le pas de Normand Lester.
Une démarche en cours
« La Ville de Montréal n’a pas encore entrepris de faire changer le nom du parc du Sommet d’Outremont. La Ville a le pouvoir de nommer alors que la Commission a le pouvoir d’officialiser », explique Julie Létourneau, porte-parole de la Commission de toponymie du Québec. « Si la Ville veut officialiser ce nom, elle devrait en faire la demande auprès de la Commission. Une analyse serait faite selon les normes et les critères de la Commission. Puis un avis serait présenté aux membres de la Commission qui ont le pouvoir d’officialiser. »
« Dans le cadre de la stratégie d’inclusion et de réconciliation, nommer un parc dédié aux autochtones, oui, et pourquoi pas ? », acceptent Messieurs Lester et Savard. « Mais il faut que la Ville de Montréal consulte les autorités compétentes afin que la dénomination choisie soit conforme à la réalité historique… »
Le Conseil demandera de "revoir la copie"
« Outremont participe à la Table de concertation du mont Royal. Mais le poids de l’arrondissement lors des décisions semble faible », regrette la mairesse Cinq-Mars. « Mais nous ferons une lettre de recommandation auprès de la Ville-centre et de la Commission de toponymie du Québec en insistant sur la pertinence de consulter les autorités historiques compétentes (Société d’histoire de l’Amérique française, SHO, etc.) dont le rôle est essentiel pour respecter et conserver la vérité historique de nos sites. »
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