
Située à l’abri des regards, sur le site patrimonial du mont Royal, se trouve une vieille maison en bois abandonnée depuis près de 15 ans. Son histoire est intrigante; [ + ]
Située à l’abri des regards, sur le site patrimonial du mont Royal, se trouve une vieille maison en bois abandonnée depuis près de 15 ans. Son histoire est intrigante; et sa visite donne froid dans le dos. Bienvenue au 1285 chemin de la Forêt, propriété du Cimetière Mont-Royal.
PHOTOS MARILI SOUDRE-LAVOIE
La maison en question est à peine visible de la rue. Il faut vraiment s’étirer le cou, ou savoir qu’elle existe, pour la remarquer. On la voit de loin, au fond d’un terrain vacant où se trouvent des hangars — cachée par des arbres, à la lisière d’un bois. En fait, elle n’est accessible que par un chemin de terre, une fois passé le portail d’entrée du cimetière.
Lors de notre passage, deux dames prenaient une marche le long de ce sentier menant à la bâtisse. La plus âgée des deux n’a pas mâché ses mots pour exprimer son désarroi.
« Vous savez ce qu’ils attendent pour prendre soin de cette maison; vont-ils la laisser tomber toute seule? », nous a-t-elle questionnés, tout en demandant des précisions sur l’origine de cette maison.
Un mystère…
La maison, composée de trois logements répartis sur deux étages, est située sur le site patrimonial du mont Royal. Il y a néamoins un manque flagrant de données historiques sur cette demeure.
Ni le Cimetière, ni la Ville de Montréal, ni l’arrondissement d’Outremont ne connaissent exactement sa date de construction. « Après vérification dans nos dossiers et bien qu’il fasse partie de l’inventaire photographique, le bâtiment n’est pas classé dans les catégories de l’Étude Bisson », soutient le responsable des communications de l’arrondissement d’Outremont, Sylvain Leclerc. L’Étude Bisson a été réalisée en 1992 afin de recenser l’ensemble des bâtiments du patrimoine architectural d’Outremont.
« Selon nos recherches, nous n’avons pas non plus les plans d’origine de l’immeuble. La carte-fiche que nous avons en arrondissement indique une date de construction en 1962, mais pas de permis ni de plans pour confirmer cette information », ajoute-t-il.
Dans l’étude patrimoniale État des lieux et plan d’actions pour la conservation et la mise en valeur des composantes patrimoniales des cimetières du mont Royal, réalisée par la firme Brodeur consultants et présentée à la Ville de Montréal en avril 2006, il est écrit que la maison en bois au nord du chemin de la Forêt a été construite par les employés du cimetière vers 1955.
Cette date « ne me semble pas exacte », a répondu par courriel la directrice des programmes du patrimoine au Cimetière Mont-Royal, Myriam Cloutier. « Les maisons construites dans le cimetière l’ont été bien avant cela », a-t-elle précisé.
À titre indicatif, l’ancienne résidence du régisseur, actuellement le bureau d’accueil du cimetière, ainsi que la maison du gardien, située juste à côté, au 1297 chemin de la Forêt, ont été construites dans les années 1860.
Cependant, il est certain que cette maison isolée, qui a longtemps été un domicile pour les employés du cimetière avec leurs familles, n’est plus habitée depuis près de 13 ans. « Les derniers employés ont quitté vers 2008, parce que l’édifice nécessitait beaucoup de travaux de rénovation », a expliqué Myriam Cloutier.
Le refuge du gros chat blanc
L’ancienne maison des employés du cimetière ne paie pas de mine aujourd’hui. Elle est livrée à elle-même sur un terrain qui sert notamment d’entreposage à des pierres tombales. La peinture du bâtiment s’écaille, tandis qu’une partie des tuiles de la toiture s’effrite. La plupart des ouvertures sont placardées, hormis quelques carreaux cassés et une porte verte qui s’ouvre sur une pièce remplie d’immondices.
Malgré l’odeur infecte, il y a encore de la vie. Devant nos yeux, un gros chat blanc s’est faufilé à l’intérieur et a emprunté l’escalier à l’ancienne, étroit et abrupte, qui mène à l’étage. Certainement un habitué des lieux. Il ne serait pas le seul à avoir adopté l’endroit. D’après ce que nous a raconté un gardien du cimetière, un raton-laveur aurait aussi fait de cette maison son refuge.
Le vendredi 26 mars, une partie du mur est de l'église Saint-Viateur, sur l’avenue de L'Épée, s'est effondré. Résidant voisin, Adrian Armorer s’en inquiète car, selon lui, « le mur est toujours dans le même état (quelques) jours plus tard, ce qui me semble étrange... [...]
Le vendredi 26 mars, une partie du mur est de l'église Saint-Viateur, sur l’avenue de L'Épée, s'est effondré. Résidant voisin, Adrian Armorer s’en inquiète car, selon lui, « le mur est toujours dans le même état (quelques) jours plus tard, ce qui me semble étrange... On ne semble pas trop perturbé par cela… », dit-il.
PHOTO COURTOISIE ADRIAN ARMORER
Le Journal d’Outremont a contacté le père Robert Lachaine, curé de Saint-Viateur puis Émile Kutlu, marguillier de la paroisse. « Ce ne sont pas de gros dégâts puisqu’il s’agit du revêtement en pierre de taille d’une partie de la façade du côté est de l’église », explique Émile Kutlu, marguillier de la paroisse que guide le père Lachaine. « Dans le cadre d’un projet de travaux, nous avions fait le tour du bâtiment. On avait repéré un gonflement à cet endroit précis », détaille-t-il. « C’est par ailleurs le seul endroit que nous avons constaté dans cet état. »
« Pour des raisons de sécurité, nous avons alors circonscrit cet espace avec des clôtures », poursuit le marguillier. « Mais on s’y attendait après les fortes pluies des jours précédents. Nous allons faire le nécessaire pour les petits travaux de protection, mais nous irons en appel d’offres pour le gros œuvre. De plus, un programme de rénovation va commencer bientôt », affirme -t-il.
Les réparations seront couvertes
Bien que l’église Saint-Viateur ne soit pas inscrite au patrimoine historique en tant que tel, elle bénéficie toutefois d’un classement C. « Pour en couvrir les frais de restauration, nous faisons une demande de subvention auprès du Conseil du patrimoine religieux », avance Émile Kutlu. « La Ville de Montréal va aussi nous aider en prenant en charge 40 % de la dépense dans le cadre du programme PRAM - Artères en chantier mis en place lors de la réfection de l’avenue Laurier. »
Selon le site web de la Ville de Montréal, le programme PRAM - Artères en chantier propose « un soutien financier pour couvrir 40 % du coût des travaux admissibles allant jusqu'à 50 000 $, 150 000 $ ou 300 000 $ par bâtiment en fonction de son gabarit. »
Les Clercs de Saint-Viateur seraient sur le point de finaliser la vente de leur domaine sur l’avenue Querbes. Signe des temps et de l’irréversible baisse de l’engouement religieux propre à notre époque.
Ce fut d’abord la Congrégation des Sœurs de Marie-Réparatrice qui quittait le boulevard Mont-Royal, à Outremont, en 2003. Puis, les Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie se départirent de leur maison-mère, également sur Mont-Royal, en 2016, après une mémorable saga. Enfin, les Sœurs missionnaires de l’Immaculée-Conception ont cédé leurs actifs immobiliers de la Côte-Sainte-Catherine. Des transactions toutes réalisées au profit de la reconversion en condominiums.
La communauté des Clercs de Saint-Viateur fut la première à s’installer à Outremont et la dernière à nous quitter. Une page importante de notre histoire se tourne, tant pour la valeur patrimoniale et historique des bâtiments, que pour la contribution de cette communauté au développement éducatif, social et religieux au cours du 20e siècle à Outremont. Nous en faisons ici un compte-rendu, documenté par des photos inédites que nous avons eu le privilège de capter lors de notre visite.
Le plus ancien édifice multi-étages d’Outremont
Le bâtiment austère de pierre grise domine encore le paysage de l’avenue Querbes, 124 ans après sa construction en 1896. En plus d’être l’aïeul des édifices à plusieurs étages dans l’arrondissement, c’est un des plus anciens bâtiments incluant les résidences privées. L’Étude Bisson1 qui portait notamment sur le patrimoine bâti d’Outremont, reconnaît la valeur historique et patrimoniale de l’édifice pour la rareté des ouvrages de ce type, construits avant 1900, et qui tiennent encore debout aujourd’hui. Une « bâtisse moins artistique que vaste et commode... aux lignes architecturales des plus sévères, flanquée de deux gros donjons, qui sans doute ne furent pas étrangers à la dénomination La Bastille que les malins, dès les débuts, s’empressèrent de lui décerner », peut-on lire dans le rapport de l’architecte Pierre-Richard Bisson.1
Une longue histoire
Les Clercs de Saint-Viateur sont à Outremont depuis 1887. C’est l’année où ils firent l’acquisition de la ferme Bouthillier-McDougall2 sur Côte-Sainte-Catherine pour y loger l’Institut des sourds-muets et y faire travailler les pensionnaires. Puis ils devinrent propriétaires d’un immense terrain de 200 arpents3 s’étendant vers le nord jusqu’à l’actuel Campus MIL de l’Université de Montréal. De ce fait, ils devenaient le plus important propriétaire terrien de la municipalité d’Outremont de l’époque. Prévoyant un intérêt décuplé pour le développement immobilier, le vaste terrain fut découpé en 693 lots qui ont progressivement trouvé preneurs jusqu’en 1907. Avec l’aval du plan d’urbanisme, la plupart de ces lots ont été convertis en duplex et triplex, ce qui a donné le coup d’envoi à un boom démographique sans précédent. La toponymie rappelle à notre mémoire ces pionniers, avec des noms de rue comme Champagneur, Lajoie, Ducharme, Querbes, de L’Épée et bien entendu Saint-Viateur, du nom de la communauté.
Les Clercs déménagèrent leurs pénates en 1896 dans un bâtiment tout neuf et beaucoup plus vaste, surnommé plus tard la Bastille, qu’ils ont fait construire. L’édifice faisait partie d’un domaine auquel on accédait par l’avenue Bloomfield. L’entrée principale a dû être réaménagée sur l’avenue Querbes pour céder le pas à la construction de l’Externat classique Saint-Viateur. Devenu exigu pour les besoins de la communauté, on construisit entre 1946 et 1948 une nouvelle aile au sud, la maison provinciale, pour combler les besoins des nombreuses activités et missions de la communauté. Entre les deux maisons et les reliant grâce à un corridor vitré, la chapelle de Marie Mère de Miséricorde qui est, à toutes fins pratiques, la même aujourd’hui.
Une contribution déterminante
La présence des Clercs a été importante sur le plan de l’éducation à Outremont avec la prise en charge des écoles primaires et secondaire dès le début : l’école Saint-Germain, l’école Querbes devenue Nouvelle-Querbes, l’Externat classique Saint-Viateur devenu l’école Paul-Gérin-Lajoie. Les enseignants étaient logés pour la plupart à la Bastille. Ils ont aussi présidé à la chaire des curés dans les trois paroisses d’Outremont durant des décennies de culte catholique intense. Rappelons que les offices du dimanche furent célébrés, de 1886 à 1904, dans la première chapelle, située à l’époque dans le bâtiment d’origine, au bénéfice des catholiques d’Outremont, alors que les églises que l’on connaît aujourd’hui étaient encore à l’état de projet.
La Bastille des Clercs de Saint-Viateur pouvait loger jusqu’à 30 résidants, la plupart étant des enseignants dans les écoles d’Outremont. Elle accueillait aussi des visiteurs d’autres régions et d’autres pays. Après la laïcisation de l’enseignement, la population de résidants a diminué de façon importante.
Les Clercs d’Outremont, aujourd’hui
Ils sont tout au plus 18, la grande majorité de plus de 75 ans, à habiter dans le bâtiment. Tous relativement actifs et en bonne santé, la plupart ont encore des tâches, parfois à l’extérieur, dans l’enseignement, le tutorat, la recherche ou le support aux personnes âgées. Les repas sont servis à heures fixes trois fois par jour, les midis et les soirs étant assurés par un cuisinier sur place. Le rituel de la prière avant les repas en communauté est encore de rigueur dans la petite chapelle faite de bois, de brique et de marbre, et dotée d’un orgue de bonne qualité, dit-on.
L’aménagement intérieur des lieux est d’une grande sobriété. Rien de superflu dans la décoration qui date des années 1950, après qu’un incendie eut ravagé en 1952 le dernier étage de la Bastille, ce qui a nécessité des rénovations dans tout le bâtiment.
Aujourd’hui, la maison provinciale a réduit considérablement ses activités au Québec et à l’étranger dont elle fut l’épicentre pendant des décennies. De plus, les nouvelles vocations sont rares, le dernier en lice à avoir rejoint les ordres et à y être encore, serait le père Robert Lachaine, curé de la paroisse Saint-Viateur, dont l’engagement date d’une trentaine d’années.
Après les communautés, les condos?
« Les besoins ne sont plus les mêmes ». Jean-Marc St-Jacques, économe des Clercs de Saint-Viateur du Canada, le confirme. La baisse des activités réduit la nécessité d’espaces qui coûtent cher en entretien. Aussi, plusieurs tâches que les Clercs exerçaient eux-mêmes à l’époque sont confiées à des agences extérieures pour lesquelles il faut débourser davantage.
Une offre de vente circule actuellement chez quelques promoteurs immobiliers versés dans ce marché très ciblé. L’entreprise élue devra démontrer une volonté de conserver au maximum l’intégrité du patrimoine bâti. Rien ne transpire du montant espéré par les Clercs de la transaction. À titre indicatif, la vente du couvent des Sœurs missionnaires de l’Immaculée-Conception avait était conclue à 11,3 millions en 2016 alors que celle des Soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie aurait atteint 29,5 millions. Les espoirs les plus optimistes sont donc permis, l’immobilier a le vent dans les voiles.
Selon Jean-Marc St-Jacques, la transaction sera conclue à certaines conditions, notamment celle de préserver l’intégrité de l’extérieur du bâtiment patrimonial de la Bastille. La chapelle pourrait également figurer parmi les valeurs à sauvegarder. On souhaite aussi que le paysage vu de l’avenue Querbes soit préservé et que la transaction ne se fasse pas au détriment des espaces verts actuels. Ce qui ne semblerait pas décourager les promoteurs sensibles à l’offre des Clercs face aux exigences vertes de l’arrondissement. On ne connaît pas aujourd’hui la nature de la reconversion des bâtiments mais l’histoire récente des transactions de ce type à Outremont favorisera probablement la reconversion en condos. Le père St-Jacques estime que le tout devrait être réglé d’ici la fin février 2021. Les Clercs de Saint-Viateur pourraient quitter Outremont dès l’été prochain et tourner la dernière page d’un grand livre d’histoire qui s’est déroulé sur 134 ans à Outremont.
1 Rapport de l’Étude Bisson sur Outremont et son patrimoine, réalisé pour le ministère de la Culture du Québec et de l’ancienne ville d’Outremont, 1993
Les Clercs de Saint-Viateur seraient sur le point de finaliser la vente de leur domaine sur l’avenue Querbes. Signe des temps et de l’irréversible baisse de l’engouement religieux propre à notre époque. [...]
PHOTOS JOURNAL D’OUTREMONT
Outremont est riche de son patrimoine ; des bâtiments dont les murs suintent d’histoire et d’anecdotes, des lieux de souvenirs et de commémoration, des pionniers qui ont marqué la ville de leurs réalisations.
Vos promenades piétonnières automnales vous mèneront sur les sentiers de l’histoire quand vous vous aventurerez à l’extrême ouest de l’arrondissement. Vous y croiserez une belle résidence d’autrefois, édifiée en 1865 sur une propriété de 20 000 pieds carrés, en amont d’une grande érablière, source d’inspiration pour le propriétaire David Edwards qui lui donna le nom de Woodside Cottage. La belle d’autrefois est toujours là, au 792 chemin de la Côte-Sainte-Catherine, coin avenue de la Brunante.
Importateur de thé d’origine écossaise, David Edwards deviendra le premier maire d’Outre-Mont - c’est ainsi qu’on l’orthographiait en 1875 – qui comptait à l’époque, le minimum requis de 40 « feux » ou foyers pour constituer une municipalité. Ce fut l’une des premières grandes résidences de l’artère principale de la ville, là où les charrettes tirées par des chevaux finissaient leur course et devaient rebrousser chemin. C’est certainement l’un des plus anciens bâtiments d’Outremont à avoir survécu au passage des décennies.
On reconnaît encore aujourd’hui le profil élégant du bâtiment, sa cheminée au centre de la toiture en pente, ses lucarnes, typiques de l’époque. Le projet de construction de M. Edwards n’était pas extravagant. Il avait besoin d’une grande maison pour loger sa famille de… huit enfants.
Après le décès de M. Edwards en 1898, le domaine a changé plusieurs fois de propriétaire, engendrant de nombreuses rénovations au gré des goûts et des besoins de chacun. C’est durant les années quarante que des travaux majeurs transformeront la maison, des changements conçus par l’architecte Aristide Beaugrand-Champagne. Signe des temps, la grande véranda frontale cédera le pas à la magnifique baie vitrée qu’on aperçoit de la rue. Le revêtement extérieur en brique rouge sera recouvert de crépi, comme le seront plusieurs bâtiments à Outremont, rénovés par le même architecte, entre autres la résidence qui porte son nom au 345 Bloomfield, le pavillon du Parc Saint-Viateur et l’hôtel de ville d’Outremont, aujourd’hui mairie d’arrondissement.
La grande maison abrite deux résidences indépendantes et distinctes, l’une ayant son entrée sur De la Brunante, et l’autre sur Côte-Sainte-Catherine, l’originale, celle qu’empruntait jadis la famille Edwards.
Gilles Boisvert est propriétaire du Woodside Cottage depuis 47 ans, ce qui fait de son « règne » le plus long de l’histoire de cette belle d’autrefois, devenue superbe d’aujourd’hui, gratifiée du souffle et de l’amour investis par les propriétaires.
Outremont est riche de son patrimoine ; des bâtiments dont les murs suintent d’histoire et d’anecdotes, des lieux de souvenirs et de commémoration, des pionniers qui ont marqué la ville de leurs réalisations. [...]
PHOTOS MARILI SOUDRE-LAVOIE POUR LE JOURNAL D’OUTREMONT
Sans doute avez-vous remarqué ce qui pourrait être le plus fleuri des jardins d’Outremont, à l’angle des avenues de l’Épée et Elmwood.
La propriétaire des lieux, Mme Lucie Massé, y habite depuis près de 40 ans. Son splendide jardin, qu’elle appelle affectueusement « le jardin enchanté », a été élaboré, dit-elle, en hommage à sa grand-mère, qui a toujours entretenu une passion pour les fleurs et les plantes.
C’est au début de sa retraite – après une carrière d’infirmière clinicienne puis de directrice de CHSLD – que le jardin de Mme Massé a pris de l’ampleur, son « terrain de jeux » comme elle se plait à souligner. « J’ai alors entrepris de me débarrasser complètement de la pelouse, d’ajouter des chemins de pierres et de réaménager le jardin « plein soleil », puis le jardin « d’ombre » par la suite, de placer des visages humains sur l’arbre, en prétendant que cet arbre peut « parler » et que mon jardin est enchanté… » Cela intrigue les enfants qui aiment se promener sur les chemins de pierres à l’occasion.
Mme Massé s’occupe seule de son jardin et ce travail lui est très salutaire, particulièrement en période de pandémie : « Je ne m’ennuie jamais avec un tel jardin », affirme-t-elle. « Et puis, il y a toujours place à l’amélioration, des possibilités de remodeler, de retravailler les couleurs, les hauteurs, les perspectives et l’effet structurant. »
Son jardin est un jardin mature. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il nécessite moins d’entretien que la pelouse. Le printemps est la période durant laquelle elle investit le plus d’énergie. « Durant l’été, je coupe une fleur fanée par-ci et une feuille par-là, afin de mettre d’autres fleurs en valeur ou d’offrir une toute autre perspective au jardin ».
L’automne est aussi une saison qui nécessite plus de travail, lorsqu’elle doit couper toutes les vivaces pour nettoyer le terrain avant l’hiver.
« Je prends grand soin de mon jardin tout comme j’ai pris grand soin de mes enfants, mes patients, mes cadres gestionnaires et mes employés », assure Lucie Massé.
Sans doute avez-vous remarqué ce qui pourrait être le plus fleuri des jardins d’Outremont, à l’angle des avenues de l’Épée et Elmwood. [...]
PHOTOS LE JOURNAL D’OUTREMONT
L’histoire nous a appris l’importance de cette communauté des Clercs de Saint-Viateur dans l’urbanisation d’Outremont. Le plus ancien des bâtiments qui le composent a été construit en 1896 et abrite aujourd’hui 40 chambres, 35 pour les résidents réguliers et 5 pour les visiteurs occasionnels. C’est ce bâtiment d’allure un peu sévère qu’on surnomme La Bastille. Les chambres sont équipées d’une salle de bain privée, de bureau, télé, ordinateur personnel pour ceux qui le désirent et de tous les objets personnels et souvenirs. La Bastille loge également la cafétéria. Deux bâtiments plus récents datent de 1947. L’un abrite la chapelle, l’autre les services administratifs. Le Journal d’Outremont s’est rendu sur place et vous rapporte ces quelques clichés.
L’histoire nous a appris l’importance de cette communauté des Clercs de Saint-Viateur dans l’urbanisation d’Outremont. Le plus ancien des bâtiments qui le composent a été construit en 1896 et abrite aujourd’hui 40 chambres, [...]
Les amateurs de balades dominicales se déplaçaient de Montréal en carriole pour venir admirer cette belle demeure de l’autre côté de la montagne. Outremont, disait-on, un nom qui deviendra l’odonyme d’une ferme, d’une ville, d’un arrondissement. [...]
Les amateurs de balades dominicales se déplaçaient de Montréal en carriole pour venir admirer cette belle demeure de l’autre côté de la montagne. Outremont, disait-on, un nom qui deviendra l’odonyme d’une ferme, d’une ville, d’un arrondissement.
PHOTO ARCHIVES NOTMAN
C’était au XIXe siècle. S’il fut l’objet de tant d’admiration à l’époque, le Manoir McDougall continue de susciter un intérêt certain sur le plan historique et architectural. En 2016, l’historien François Rémillard l’inclut dans son palmarès des 40 Belles demeures historiques de l’île de Montréal. Une villa Regency d’inspiration britannique, dit-on, elle est « à l’image des demeures évoquées dans certains romans de Jane Austen et de Charles Dickens »1. C’est la deuxième plus ancienne résidence de l’arrondissement2 . Une dizaine de propriétaires se sont succédé depuis 1838. Nous avons rencontré les derniers en titre, Sandra Schock et Jacques Théorêt.
Retour vers le passé
1833 – Au nord du chemin de terre qu’était la Côte-Sainte-Catherine, le propriétaire foncier Louis-Tancrède Bouthillier, Montréalais de naissance mais de père originaire de La Rochelle, acquiert une grande terre sur laquelle il complètera en 1838 une imposante demeure. Le territoire qui deviendra Outremont compte, à l’époque, moins de 300 âmes. Parmi les propriétaires, quelques têtes d’affiche comme David Lorn McDougall, un financier d’origine écossaise, président et fondateur de la Bourse de Montréal, propriétaire à partir de 1856 pendant 31 ans. En 1887, les Clercs de Saint-Viateur y logèrent leur Institut catholique des sourds-muets et aménagèrent à l’arrière de la grande maison une ferme-école avec bêtes et potager. La bibliothèque de l’actuelle résidence aurait servi de chapelle pendant une certaine période. C’est en 1907 que le nouveau propriétraire Mendoza Langlois ajoute deux logements contigus au bâtiment principal où habiteront quelques années plus tard le fondateur du quotidien Le Devoir Henri Bourassa et le rédacteur en chef Omer Héroux. Ces deux logements, jumelés en 1918, deviendront le 223 McDougall.
Une maison qui a du caractère
L’histoire et le caractère de cette belle d’autrefois ont été un coup de cœur en 1995 pour les propriétaires actuels. Dix pièces au rez-de-chassée et à l’étage dont plusieurs sont munies de foyers, indispensables en 1838 pour garder les chambres chaudes le soir venu. Séduisants, les détails ornementaux sur les murs, le marbre et le bronze sur les manteaux de cheminée, les hauts plafonds, les chaleureuses boiseries du grand escalier menant à l’étage, l’imposante salle à manger avec vue sur l’avenue McDougall. En plus, un impressionnant grenier, probablement fidèle à ce qu’il était au tout début, et un grand sous-sol qui met à nu les pierres robustes des fondations. « Ne vous sentez-vous pas comme dans un musée? » a-t-on demandé aux propriétaires? « C’est une maison facile à vivre, grâce à sa forme un peu carrée, pas de couloir en enfilade, on s’y retrouve facilement », de répondre le copropriétaire Jacques Théorêt. « Nous nous sentons bien ici, nous aimons beaucoup cette maison et tout autant le quartier », renchérit Sandra Schock, l’autre propriétaire. La maison était en très bon état à l’achat. Des améliorations ont été apportées au fil du temps, cuisine et salle de bain réaménagées, le décor refait au rez-de-chaussée en respectant les ornements sur les murs et les couleurs naturelles des matériaux. C’est une maison magnifique.
Les propriétaires actuels ont créé de belles ouvertures sur l’extérieur, comme dans la bibliothèque.La grande qualité de cette résidence c’est le respect de son intégrité dans la modernisation des lieux. Par exemple, on n’a pas mis de murs à terre pour faire de plus grandes pièces, comme c’est pratique courante aujourd’hui. On a considérablement amélioré les entrées de lumière et changé les fenêtres pour en faire de belles ouvertures sur l’extérieur. On a conservé les nombreux foyers mais aménagé l’un d’eux au gaz naturel, les autres ayant été condamnés depuis plusieurs années. La contribution des Schock-Théorêt a été de moderniser la maison et ses fonctions, d’entretenir comme un trésor les matériaux d’origine et de mettre en valeur le caractère unique du bâtiment et du très beau jardin à l’arrière.
Les traces de l’histoire
Il y a bien sûr les poutres d’origine dans le grenier et les matériaux nobles du rez-de-chaussée. Il y a aussi les traces discrètes, dans un placard ou derrière une porte, que les propriétaires affectionnent particulièrement. On a retrouvé au grenier, des restes de coupures d’un journal de 1910 collés sur les parois d’un comble, annonçant une vente de frigo à 5 $. Au sous-sol, on a compris l’épaisseur de la fondation quand il a fallu la traverser en largeur pour faire passer une connection, les outils de perçage habituels étant insuffisants. Les murs extérieurs de brique qui avaient été recouverts à deux reprises de stuc blanc, font surface dans quelques petits racoins de la maison. On a beau faire évoluer la maison pour la mettre au service des nouveaux besoins, il en restera toujours quelque chose, si ce n’est le souvenir des envolées nationalistes d’Henri Bourassa qui planent encore au-dessus de cette demeure patrimoniale.
PHOTO MARILI SOUDRE-LAVOIE
L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, nous retraçons l’histoire d’un parc d’Outremont.
Les renseignements ci-dessous sont tirés du Répertoire des rues d’Outremont et leurs histoires par Ludger Beauregard, une publication de la Société d’histoire d’Outremont (2015, 280 pages, reliure spirale). Il est possible de se procurer ce titre au montant de 25 $ en composant le 514 271-0959. histoireoutremont.org
En 1898, les Clercs de Saint-Viateur donnent le quadrilatère à la Ville d’Outremont à la condition qu’elle en fasse un parc. Le terrain est alors marécageux et occupé par une mare alimentée par un ruisseau coulant du mont Royal. La municipalité entreprend d’abord de remplir la faible dépression et de niveler la surface autour d’un bassin central. Vers 1905, les travaux d’assèchement progressent et le conseil municipal projette alors l’aménagement du parc. Ce n’est toutefois qu’en 1909 qu’il adopte le plan préparé par M. Roy et augmente les investissements. En 1915, il y plante des érables de Norvège.
Dès 1913, le parc municipal avait reçu 4 lampadaires, des bancs et des poubelles. En 1915, il est doté d’une patinoire sur le bassin et d’un carré de sable pour les enfants. Le 27 juillet 1925 a lieu le dévoilement du cénotaphe situé dans l’axe de l’avenue McDougall conformément au projet de T.R. Smith, architecte, et de Henri Hébert, sculpteur. La même année, le chalet de crépi blanc ouvre ses portes.
Après avoir porté différents noms (parc municipal, parc Bloomfield, parc Saint-Viateur), le parc Outremont reçoit son nom définitif lors d’une décision du comité des parcs de la Ville en 1930.
À la fin des années 1950, la belle fontaine que le maire Joseph Beaubien avait fait installer devant sa propriété chemin de la Côte-Sainte-Catherine vers 1927 se retrouve dans le bassin du parc après que la Ville eût démoli les maisons qui restaient dans le parc Beaubien. Le parc Outremont avec ses 225 arbres s’avère le plus boisé de l’arrondissement et le plus géométrique d’aspect.
L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, [...]
Cette maison était située à l’angle du chemin de la Côte-Sainte-Catherine et de l’avenue Villeneuve. Elle fut construite pour Odessa Paquette et détruite en 1980 pour faire place à un autre gratte-ciel, Le Chenonceau. PHOTO COURTOISIE MME DANIELLE BELLEMARE, OUTREMONT.
Une vingtaine d’habitations bâties entre 1905 et 1917 ont été démolies surtout dans la partie orientale du chemin (Côte-Ste-Catherine
Répertoire des rues d’Outremont et leurs histoires, par Ludger Beauregard, La Société d’histoire d’Outremont, éditeur.
Une vingtaine d’habitations bâties entre 1905 et 1917 ont été démolies surtout dans la partie orientale du chemin (Côte-Ste-Catherine
Communiqué Ville de Montréal version abrégée
La responsable de la culture, du patrimoine et du design au comité exécutif de la Ville de Montréal, Christine Gosselin, annonce les nouveaux noms de cinq lieux situés sur le territoire de la Ville de Montréal, dont un à Outremont, mettant ainsi en valeur des personnalités qui ont fait leur marque dans leur domaine et leur quartier respectifs.
PHOTO MARTIN BRAULT
Le nouveau parc du projet MIL Montréal (site Outremont et ses abords), situé à l’angle des avenues Querbes et Ducharme, sera nommé « parc Pierre-Dansereau », en l’honneur d’un pionnier de l’écologie mondiale qui a marqué l’histoire québécoise. M. Dansereau a enseigné dans de nombreuses universités dans le monde, ainsi qu’à l’Université de Montréal et à l’Université du Québec à Montréal. Il a également dirigé son propre laboratoire sur les écosystèmes.
« L’histoire de Montréal est remplie de femmes et d’hommes ayant fait la différence dans leur milieu et dans leur quartier. C’est un bonheur et une fierté pour nous de mettre en valeur leurs apports à notre société. Que ce soit en baptisant une rue, un parc ou une place publique en leur honneur, nous leur rendons hommage, mais, surtout, nous immortalisons leur histoire dans la mémoire et l’identité collectives montréalaises », affirme Christine Gosselin.
La responsable de la culture, du patrimoine et du design au comité exécutif de la Ville de Montréal, Christine Gosselin, annonce les nouveaux noms de cinq lieux situés sur le territoire de la Ville de Montréal, dont un à Outremont, mettant [...]
1938 – Nous sommes aux portes de la Deuxième Guerre mondiale. Montée des nationalismes en Europe, la droite a le vent dans les voiles et beaucoup d’adeptes. Au Québec, Maurice Duplessis poursuit depuis 1936 un long règne sur les destinées de la province jusqu’en 19591, une période qu’on qualifiera de Grande Noirceur tant l’ouverture sur le monde est étroite.
Première rentrée scolaire du Collège Stanislas en 1938, alors au 831 Rockland. |
Le bâtiment principal du collège dans les années ‘50. PHOTOS ARCHIVES COLLEGE STANISLAS |
Le terrain n’était pas propice à la venue d’une institution éducative indépendante comme le Collège Stanislas, laïque de surcroît, qui ose les professeurs de sexe féminin dans un collège de garçons... Sous l’égide du Ministère de l’Éducation nationale de France et menant au baccalauréat français, le Collège Stanislas à Outremont fut l’heureux dénouement d’efforts soutenus du sénateur canadien Raoul Dandurand. Le parc situé sur la rue Van Horne devant la façade nord porte son nom.
Outremont, 1938 – La population de la ville atteint des sommets nouveaux, 28 691 selon le recensement de 1931, dont une grande partie anglophone, issue d’un important contingent de gens d’affaires d’origine juive. Le Collège s’installe d’abord au 831 Rockland dans un bâtiment construit en 1912 pour Bell Téléphone. À la grande surprise des maîtres d’oeuvre du projet qui espéraient deux douzaines d’inscriptions la première année, on atteint les 120 élèves dès la rentrée scolaire de septembre 1938. Un grand succès pour l’établissement laïc, signe qu’il était attendu.
Le bâtiment principal sur boulevard Dollard a ouvert ses portes en 1941. Par la suite, plusieurs agrandissements se sont succédé, le petit collège, juste en face, s’est ajouté à l’établissement en 1957, la dernière récente œuvre majeure fut le renouvellement tout de verre de la façade sur Dollard en 2018. « À vol d’oiseau, le Collège est situé aujourd’hui au centre d’un axe pédagogique névralgique, entre le pavillon principal de l’UdeM au sud et le nouveau Campus MIL au nord », rappelle le directeur actuel, M. Philippe Warin.
Sur la rue Van Horne, le cadre résidentiel de 1938 était à peu près ce qu’on voit aujourd’hui, mais le secteur commercial était à ses premiers balbutiements. Des générations de commerces y ont eu pignon sur rue pour offrir des services aux élèves et à leurs parents. À l’automne 2018, 2684 élèves étaient inscrits au Collège, une petite société en soi, qui décuple l’activité du quartier aux heures de pointe. Les restos midi, services de nettoyage de vêtements, papeterie et fournitures scolaires, coiffeurs, boulangeries et pâtisseries, sont nombreux dans le quartier. Dès la fin des années 1930, la pâtisserie-confiserie Chez Maxime faisait déjà de bonnes affaires sur la rue 2. Encore aujourd’hui, la proximité de Stanislas est un excellent argument de vente pour les courtiers immobiliers. De fait, la population d’origine française à Outremont est la plus importante après celle qui est née au Canada, d’après le recensement de 2016, sans compter les résidants de langue française originaires du Liban et du Maroc.
Enfin, des personnages exceptionnels ont transité par le Collège, des hommes et femmes d’affaires, des artistes et des personnages politiques qui ont fait de brillantes carrières. Quatre premiers ministres du Québec y ont complété leurs études, Jacques Parizeau, Philippe Couillard, Daniel Johnson et Pierre-Marc Johnson, son frère, ainsi que plusieurs ministres, pour ne citer que Raymond Bachand et Jacques-Yvan Morin. Valéry Giscard D’Estaing y a enseigné avant de devenir Président de la République française.
M. le directeur Philippe Warin, ancien élève de Stan, exprime sa fierté pour la très fructueuse collaboration entre le Collège et Outremont, ville et arrondissement, depuis toutes ces années.
Sources : Collège Stanislas : stanislas.qc.ca/montreal
1938 – Nous sommes aux portes de la Deuxième Guerre mondiale. Montée des nationalismes en Europe, la droite a le vent dans les voiles et beaucoup d’adeptes. Au Québec, Maurice Duplessis poursuit depuis 1936 un long règne sur les destinées de la province [...]
L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, nous retraçons l’histoire d’une rue d’Outremont. [...]
PHOTOS MARILI SOUDRE-LAVOIE
L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, nous retraçons l’histoire d’une rue d’Outremont.
Plusieurs documents permettent de retracer les origines de l’avenue Bloomfield. Le nom apparaît d’abord sur une des planches du relevé topographique, effectué par des militaires au tout début de la Confédération. On y voit clairement, à la tête du lot 34, un grand établissement rural, comprenant sept bâtiments desservis par un chemin qui débute au chemin de la Côte-Sainte-Catherine. À côté du bâtiment principal, la carte indique la présence d’une pompe à eau et, bien lisiblement, le surnom de la propriété : Bloomfield.
En 1833, Hugh Murray possédait le lot 34 et c’est probablement lui qui a développé la ferme et lui a donné ce nom. Mais, 25 ans plus tard, les anciens seigneurs de Montréal accordaient une communication à William Bremner, qui en était alors propriétaire. La communication reconnaissait sa propriété libre de tout droit à l’endroit des anciens seigneurs, c’est-à-dire les Messieurs de Saint-Sulpice. Le testament de William Bremner, rédigé en 1867, léguait la ferme à son épouse Janet Milne Bremner, qui la fit subdiviser et la transféra à son fils, Alexander, le 25 janvier 1872. Celui-ci la vendra, deux ans plus tard, à un groupe de six marchands dirigés par le boulanger James Strachan.
Les nouveaux copropriétaires déposent, le 30 juillet 1874, le plan de lotissement qui figure aux plan et livre de renvoi officiels de la Paroisse de Montréal. Celui-ci montre une avenue Bloomfield en plein milieu du lot 34 avec trois embryons de rue transversale et des centaines de lopins à bâtir. Quelques-uns de ces derniers sont vendus dès la première année, mais les acheteurs ne semblent pas assez nombreux pour rendre le projet rentable. Le 30 septembre 1889, le groupe Strachan cède le lot, sans les lopins déjà vendus, à l’Institution Catholique des Sourds-Muets pour la somme de 12 367$
Aménagement de l’avenue
À la fin du siècle, l’ancien maire, George E. Cooke, propriétaire de maisons sur l’avenue, se plaint au conseil municipal du mauvais état de cette voie, qui l’empêche de louer ses logements. En 1899, la Montreal Water and Power refuse d’y enfouir des tuyaux, faute d’un nombre suffisant d’habitants. La municipalité s’engage alors à subventionner l’entreprise. L’aménagement de la rue, qui avait débuté avec l’installation de trottoirs de bois vers 1895, reprend au tournant du siècle avec la pose des canaux d’aqueduc et d’égout dans la partie sud. En 1906, les canalisations sont prolongées d’Elmwood à Saint-Viateur et, dès 1912, jusqu’à Ducharme. La macadamisation de la chaussée se poursuit de 1905 à 1912. La plantation des arbres a suivi.
Une première pétition est présentée au conseil municipal en 1910, demandant de changer le nom de l’avenue Bloomfield pour celui de Congress, sans doute en référence au grand Congrès eucharistique de l’année à Montréal, et une seconde, le 12 avril 1911, pour celui de George V, qui avait accédé au trône britannique l’année précédente. Beaucoup plus tard, le 15 décembre 1983, le président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal écrit au maire Choquette pour demander que l’avenue Bloomfield devienne l’avenue Lionel-Groulx en hommage au grand historien et citoyen éminent, qui vécut sur Bloomfield de 1939 à 1967 au numéro 261.
D’autres suggestions en ce sens visaient dernièrement à franciser le spécifique par Champfleuri. À ce sujet, il faut admettre que Bloomfield possède de lointaines racines historiques.
Somme toute, l’avenue Bloomfield tire avantage de plusieurs espaces verts (esplanade de l’église Saint-Viateur, parc Outremont et parc Saint-Viateur) et de plusieurs institutions, dont l’incroyable académie Querbes et le plus beau flanc de l’église Saint-Viateur. Entre Laurier et Bernard, des maisons anciennes, des paires de cottages, des résidences bourgeoises, une série de duplex remarquables, une maison unique en son genre en face du parc Outremont, bordent cette rue. Plus au nord, deux longues rangées de triplex dans lesquelles s’insèrent des duplex et des maisons d’appartements ne paraissent pas sans intérêt et cela, jusqu’à l’avenue Ducharme.
Les propriétaires de bâtiments sur cette avenue comme sur les avenues voisines ont une grande responsabilité, celle de respecter le caractère patrimonial du quartier et l’environnement architectural quand vient le temps des rénovations extérieures. La Ville de Montréal et le conseil d’arrondissement d’Outremont ont aussi un rôle important à jouer en matière de conservation intelligente du patrimoine résidentiel.
Les renseignements ci-dessous sont tirés du Répertoire des rues d’Outremont et leurs histoires par Ludger Beauregard, une publication de la Société d’histoire d’Outremont (2015, 280 pages, reliure spirale). Il est possible de se procurer ce titre au montant de 25 $ en composant le 514 271-0959. histoireoutremont.org
« Le projet d’installer les archives d’Outremont au 1311, rue Saint-Viateur, est actuellement sur la glace » a déploré le maire Tomlinson lors de la dernière séance du Conseil d’arrondissement le 6 août. [...]
« Le projet d’installer les archives d’Outremont au 1311, rue Saint-Viateur, est actuellement sur la glace » a déploré le maire Tomlinson lors de la dernière séance du Conseil d’arrondissement le 6 août.
La presque totalité des archives sont actuellement logées sur la rue Saint-Urbain, à l’extérieur de l’arrondissement. PHOTO ARCHIVES LE JOURNAL D’OUTRMEONT
Ce projet, en cours depuis plusieurs années, vise à rassembler en un seul lieu et sur le territoire de l’arrondissement l’ensemble des archives d’Outremont. « Les premières estimations chiffraient leur transfert au 1311 Saint-Viateur à 1,6 million de dollars, incluant les services professionnels comme, entre autres, les études d’architecture, les consultations complémentaires, la gestion du projet, la sélection des fournisseurs, etc. », a détaillé le maire Tomlinson.
« Or, selon la dernière évaluation demandée lors de notre arrivée aux commandes de l’arrondissement, le projet est rendu à un montant de 2,8M$, excluant les services professionnels, ce qui double le montant initial. »
Il faut bien noter que le stockage d’archives est en soi très pesant, a-t-il rappelé, et nécessite des infrastructures solides et durables. Or, selon les études architecturales, il apparaît que le bâtiment du 1311 Saint-Viateur, s’il est viable et sain pour d’autres projets, est structurellement insuffisant en termes de solidité pour accueillir des archives. « Il aurait fallu envisager l’ajout de structures consolidantes et de creuser un sous-sol supplémentaire. Nous avons donc pris la sage décision de suspendre ce projet. Comme la somme de 1,6M$ avait été mise en réserve, nous avons demandé à la Ville-centre de l’utiliser sur d’autres bâtiments. »
Le rapatriement des archives dans l’arrondissement reste, avec les chalets des parcs, en tête de liste des priorités de l’administration Tomlinson, rassure le maire. « On planche sur un autre projet pour accueillir dans un bâtiment digne de ce nom toutes nos archives, riches et variées, dans un endroit que nous voulons ouvert et accessible au public ! ».
Le Pavillon Strathcona, c’est ce gros bâtiment sur Côte-Sainte-Catherine à l’angle ouest de l’avenue Pagnuelo. Témoin d’une autre époque, il est l’ancêtre des édifices scolaires d’Outremont puisqu’il a ouvert ses portes en 1898 pour le bénéfice [...]
Le Pavillon Strathcona, c’est ce gros bâtiment sur Côte-Sainte-Catherine à l’angle ouest de l’avenue Pagnuelo. Témoin d’une autre époque, il est l’ancêtre des édifices scolaires d’Outremont puisqu’il a ouvert ses portes en 1898 pour le bénéfice des nombreux écoliers anglophones dans la nouvelle ville à la fin du XIXe siècle. Il accuse donc cette année 120 ans d’existence. Ses actuels locataires du département de géographie de l’UdeM le quitteront en 2019 pour le nouveau Campus MIL. Le Pavillon Strathcona a un riche passé, mais a-t-il un avenir ? Brève incursion dans l’histoire de ce monument qui figure dans le palmarès du patrimoine bâti de la Ville de Montréal.
Détail de la façade sur Côte-Sainte-Catherine.
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La Pavilllon Strathcona a un riche passé, mais lui réserve-t-on un bel avenir ? PHOTOS LE JOURNAL D’OUTREMONT
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La Pavillon Strathcona a déjà accueili le musée d’histoire naturelle Georges-Préfontaine. PHOTO MUSEE DE LA NATURE ET DES SCIENCES DE L’UNIVERSITE DE SHERBROOKE.
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Mission éducative
Vous êtes-vous demandé à quoi fait référence le mot Strathcona écrit en lettres de béton au dessus de la porte principale du bâtiment? L’appellation tient de son principal protagoniste et mécène Sir Donald Alexander Smith, élevé au titre de Lord Strathcona, un émigrant écossais qui a fait fortune à la Compagnie de la Baie d’Hudson. Le bâtiment a logé à la fois une école primaire et une école secondaire de langue anglaise (Strathcona Academy) durant de nombreuses décennies. Après la fermeture des écoles, l’Université de Montréal (UdeM), devenue le nouveau locataire de la Commission des écoles protestantes du Grand Montréal, propriétaire du bâtiment, y a installé son département de géographie au début des années 1980. Il y est toujours jusqu’à son prochain déménagement en 2019. C’est la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) qui est propriétaire du bâtiment depuis 1998.
Il était une fois un musée
En 1982, l’UdeM a acquis les collections de Sœur Marie-Jeanne Eudes, institutrice et animatrice au Cercle des Jeunes naturalistes : toute une ménagerie d’animaux naturalisés avec patience et art par les Sœurs Ste-Anne du couvent de Lachine entre les années 1934 et 1943. Le Musée Georges-Préfontaine ouvrait ses portes en 1987 à l’entrée du pavillon Strathcona sous la gouverne du département de biologie de l’UdeM et de la Société de biologie de Montréal. On y a présenté nombre d’expositions mettant en vedette des oiseaux, mammifères, poissons, reptiles et insectes naturalisés, en reconstituant leur habitat naturel tout en décrivant leurs mécanismes d’adaptation aux conditions climatiques. Ce fut une destination exceptionnelle pour les visites de groupes scolaires durant sept ans. Après la fermeture du Musée en 1994, les collections ont été confiées au Musée du Séminaire de Sherbrooke, devenu depuis le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke qui présente encore aujourd’hui plusieurs spécimens du Musée Georges-Préfontaine.
Un tournant
Septembre 2018 sera le début de la dernière saison de l’UdeM au Pavillon Strathcona. Le déménagement de l’administration du département au Campus MIL se fera dès le printemps. Plus de 20 professeurs, une dizaine d’employés administratifs et de soutien, et près de 300 étudiants convergeront vers le nouveau site à l’automne. Que deviendra le Pavillon Strathcona ? Qui seront les nouveaux occupants? Rien ne transpire de la CSMB qui est à évaluer différentes options. Le bâtiment est de grande taille, des rénovations s’imposent compte tenu de la vétusté des infrastructures et des aménagements intérieurs. Déjà en 2013, certaines classes avaient dû être traitées pour insalubrité résultant de moisissures importantes. À l’heure où les établissements scolaires et garderies font salles combles à Outremont, et que la garderie Les Pitchounets active ses recherches pour relocaliser sa grande marmaille, l’intérêt pour l’avenir du Pavillon Strathcona est aux premières loges.
Communiqué Société d’histoire d’Outremont
La populaire randonnée commentée par M. Dinu Bumbaru dans le quartier nord d’Outremont en juin et en août 2017 est à nouveau présentée par la Société d’histoire d’Outremont le samedi 16 juin prochain.
PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT
Intimement lié aux activités de l’ancienne gare de triage du Canadien Pacifique, l’ancien quartier ouvrier aux abords du site Outremont, constitue, après le chemin de la Côte- Sainte-Catherine et ses grands domaines, le second noyau historique d’Outremont.
La visite commentée par le directeur des politiques d’Héritage Montréal fera découvrir aux participants la grande et la petite histoire de toute une communauté qui a grandi près de la gare de triage. Née de l’installation en 1891 du triage ferroviaire du Canadien Pacifique, la gare d’Outremont était une composante névralgique d’un réseau continental.
Résident du quartier nord d’Outremont depuis 1964, Dinu Bumbaru mènera les participants dans une promenade sur le thème du patrimoine architectural – domestique, industriel et civique.
Activité gratuite - inscription obligatoire
Le circuit historique, qui aura lieu beau temps, mauvais temps, débutera le samedi 16 juin à 14 h et se terminera vers 16 h. L’activité est gratuite, mais les personnes doivent s’inscrire en laissant leurs coordonnées à info@histoireoutremont.org ou par téléphone au 514 271-0959. Le rassemblement aura lieu au métro Outremont à 13 h 45, le jour de la visite commentée.
Renseignements : Société d’histoire d’Outremont, Francine Unterberg : 514 271-0959.
Samedi 16 juin 2018 de 14h à 16h
Départ Métro Outremont
La populaire randonnée commentée par M. Dinu Bumbaru dans le quartier nord d’Outremont en juin et en août 2017 est à nouveau présentée par la Société d’histoire d’Outremont le samedi 16 juin prochain. [...]
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