
« En 2020, qu’un élu à Montréal se mette aussi facilement et ouvertement en conflit d’intérêts, je trouve ça inexcusable. » C’est en ces termes prétendument indignés que le maire Tomlinson s’est prononcé sur la réprimande que la Commission municipale du Québec (CMQ) a adressée à Jean-Marc Corbeil, le seul conseiller d’opposition à Outremont.
Pour le premier magistrat de l’arrondissement, il est «abracadabrant» qu’un conseiller de district use de son droit de vote dans un dossier alors qu'il est poursuivi aux petites créances par le locataire d’un restaurant de la rue Van Horne. Ce dernier lui reproche d’avoir dit à un ouvrier sur le chantier qu’il fallait au propriétaire de l’immeuble un permis pour entreprendre des travaux dans le restaurant.
Malgré le fait qu’au moment où le conseiller est intervenu, aucun permis n’avait été délivré le restaurateur lui réclame 14 600 $ pour «préjudice subi», alléguant que cela avait entraîné un retard dans l'occupation du local.
Subséquemment, le local a fait l’objet d'une demande d'un plan d'implantation architecturale (PIIA) pour l'installation d'une porte donnant sur la terrasse. Mais comme la porte avait déjà été installée illégalement et que les plans définitifs n'étaient toujours pas disponibles au moment où le conseil a étudié la question, Jean-Marc Corbeil a demandé à repousser le vote au motif d'irrégularités dans le dossier. C’est à ce moment-là que l’on a accusé le conseiller de conflit d'intérêt, ce que le juge Roy de la CMQ s'affaire à reconnaître dans son jugement.
Saisissant cette opportunité, le maire demande à cor et à cri des mesures draconiennes et un châtiment exemplaire contre son opposant politique.
Par contre, quand Valérie Plante est poursuivie pour 175 M$ par des promoteurs qui s’estiment lésés par son projet du Grand parc de l’Ouest, Philipe Tomlinson ne crie pas «Au meurtre!». Il n’a apparemment aucun problème à ce que la mairesse de Montréal vote à quatre reprises dans ce dossier où elle est accusée d’avoir agi «de façon illicite, arbitraire et de manière préjudiciable». Deux poids, deux mesures?
Entendons-nous. Il va de soi qu’en situations réelles de conflit d’intérêts un élu doit se retirer et s’abstenir de voter sur la question litigieuse. Mais, est-ce à dire que pour le neutraliser, il suffit de lui coller n’importe quelle poursuite farfelue sur le dos? À ce compte-là, c’est la démocratie qui s’écroule et l’intimidation qui fait loi! Ce n’est quand même pas pour rien que l’article 12 du Code d’éthique des membres du conseil stipule qu’un conseiller placé «contre sa volonté dans une situation de conflit d’intérêts n’enfreint pas le présent code». C’est bien ce qui semble être arrivé à Jean-Marc Corbeil qui vient d’obtenir de la Cour supérieure que la suspension de 45 jours que lui a imposée la CMQ soit reportée jusqu’à ce qu’un juge détermine si la CMQ a excédé sa compétence ou si la procédure contre Corbeil a été entachée de quelque irrégularité grave.
Par ailleurs, au procès que Corbeil devant la CMQ, le directeur de cabinet de Philipe Tomlinson, Joël Simard-Ménard nous a appris avoir lui-même recommandé au commerçant de poursuivre le conseiller de l’opposition. Si le directeur de cabinet de Tomlinson n’avait pas encouragé le commerçant à se retourner contre Corbeil, ce dernier n’aurait vraisemblablement jamais été entraîné dans une telle histoire.
Dire que juste avant cette saga très coûteuse en deniers publics, notre maire s’était fait taper sur les doigts par le contrôleur général de la Ville de Montréal pour avoir violé se règles. Tomlinson avait indûment délégué à la directrice de l’administration le soin de confier des dizaines de milliers de dollars de fonds d'urgence à des OBNL sur les CA desquels siégeaient des membres de l’exécutif de son parti. Remarquez que le 8 juillet 2020 cela n’a pas empêché Philipe Tomlinson de répéter devant caméra que s’il le fallait, il serait prêt à commettre à nouveau cette illégalité. Bref, lynx envers ses adversaires, notre maire est taupe envers lui-même et les siens!
Pierre Lacerte
L’Histoire de l’Occident l’illustre, l’intransigeance de chefs religieux – chrétiens, juifs, musulmans – a souvent entraîné des conflits entre fidèles de religions différentes, entre coreligionnaires de confessions distinctes, et entre sectes d’une même confession. Métamorphosée en fanatisme, l’intransigeance présage et provoque la guerre. Ce rappel réprouve non la religion mais l’intégrisme religieux, condamne non la bienveillance pastorale mais l’appel au combat au nom de l’orthodoxie. Quels que soient leurs mobiles, il arrive à des chefs intransigeants, religieux comme non religieux, d’éveiller, de cultiver et d’exploiter le ressentiment, la haine et la rage de désespérés qui s’en défoulent dans l’agression et la violence.
Peu de personnes adhèrent consciemment, donc librement, à une religion. Pour l’immense majorité, leurs parents l’ont choisie pour eux et, devenus adultes, les enfants la mettent rarement en question. Elle se transmet ainsi de génération en génération. En contester les dogmes, en transgresser les traditions, faire fi de ses rites peut entraîner l’exclusion et, au dire de certaines autorités, une éternité de souffrances infernales plutôt que de félicité céleste après la mort.
Difficile de libérer l’imagination d’un tel amalgame de représentations hallucinantes et intimidantes. Le croyant qui y parvient peut cependant vivre sereinement avec sa foi s’il sait distinguer son croire de son savoir et se plier aux données vérifiées du su quand elles contredisent les visions invérifiables du cru.
La paix est possible entre voisins de religions aux pratiques discordantes si les fidèles des unes et des autres s’abstiennent de conduites provocantes. Est-il aberrant, toutefois, de compter que les nouveaux venus reconnaîtront et respecteront les lois, les règlements, les us et les coutumes de la société qui les accueille, et de compter qu’ils s’y accommoderont? Pourtant, la Cour suprême du Canada (CSC) a décrété que, au contraire, les chartes du Québec et du Canada imposent à la société d’accueil le fardeau d’assouplir ses lois, ses règlements, et jusqu’à son régime de contrats pour accommoder les pratiques religieuses non conformes.
Il importe de s’interroger sur la nature et l’ampleur de cette obligation. Dans un jugement majoritaire à cinq contre quatre, rédigé par le juge Frank Iacobucci dans le litige Amselem c. le Syndicat Northcrest1, la CSC a décrété que « [c]’est le caractère religieux ou spirituel d’un acte qui [en] entraîne la protection, non le fait que son observance soit obligatoire ou perçue comme telle » (mon italique). Selon le même jugement, la protection des chartes s’étend aux pratiques religieuses dictées par toute croyance sincère, fût-elle éphémère. Aussi, selon la CSC, ce serait diminuer la liberté du croyant que d’en exiger, pour démontrer sa sincérité, « la preuve des pratiques établies d’une religion ». Bref, on circonscrit soi-même les limites de sa liberté religieuse, et celle-ci possède une élasticité illimitée. Cette doctrine vaut d’ailleurs pour les membres de la société d’accueil comme pour les nouveaux venus.
Vu qu’à elle seule la sincérité du croyant exige des accommodements, pourquoi des particuliers comme des sectes de toutes confessions ne pourraient-ils pas en exiger pour des pratiques prétendument sincères, mais malsaines? Fondé sur une conception de la religion définie subjectivement et extensible à l’infini, ce jugement de la CSC, tel que formulé, ne prévoit aucun garde-fou : au nom de fantaisies que l’on n’a pas encore imaginées, il permet de circonvenir aux lois, aux règlements, aux contrats et risque ainsi de provoquer de sérieux troubles et de graves désordres.
La liberté de religion, me semble-t-il, ne saurait être absolue : elle a des limites qu’il importe de circonscrire avec discernement.
Cependant, vu les contraintes de la doctrine sous-jacente à ce jugement de la CSC, la solution au problème des rapports à Outremont entre la minorité hassidique et la majorité exigera de l’adresse et du tact, et de la patience, à tout le moins jusqu’à sa modification éventuelle par une jurisprudence mieux éclairée ou l’invocation, éventuelle elle aussi, par l’Assemblée nationale de la disposition dérogatoire (« clause nonobstant ») de la charte canadienne.
Le Conseil de notre arrondissement réglemente le bâtiment, le zonage, etc. Il arrive que ses ordonnances soulèvent des protestations et provoquent des contestations judiciaires, surtout de la part de hassidim. C’est pourtant son devoir que de promulguer des règlements à la lumière de considérations esthétiques, entre autres, pour pérenniser l’élégance de l’espace public et du parc immobilier, notamment du parc résidentiel; c’est le devoir du Comité consultatif d’urbanisme (CCU) que de formuler des recommandations pour la protéger et la perpétuer.
Les chefs de la communauté hassidique et leurs procureurs ont récemment invoqué je ne sais quel argument – la doctrine de l’obligation d’accommodement religieux peut-être? – pour faire capituler, le 2 mars dernier, l’administration Tomlinson à leur demande de permis pour l’aménagement d’une synagogue en plein secteur de restauration, malgré le résultat pourtant clair du référendum du 20 novembre 2016.
La concorde à Outremont dépendra non seulement de l’issue de ce projet mais, à plus longue échéance, de la disposition des chefs de la communauté hassidique à encourager leurs coreligionnaires à s’accommoder raisonnablement à des lois, des règlements, des us et des coutumes depuis longtemps enracinés chez la majorité auprès de laquelle, à partir de la fin de la Seconde Grande Guerre, ils ont choisi de continuer leur vie.
Outremont est une société multiconfessionnelle de chrétiens, de hassidim, de quelques personnes de traditions autres et de nombreux laïcs ne professant aucune religion. Consentir, comme certains le revendiquent, à l’aménagement de l’espace public et à la réglementation des comportements selon les exigences des chefs d’une religion, fût-elle même majoritaire, instituerait un régime théocratique pour les membres de cette religion à côté d’un régime laïque pour tous les autres, multipliant et aggravant de la sorte les occasions de conflit. Dans le jugement portant sur la cause Amselem c. le Syndicat Northcrest, la CSC a dissocié la liberté de religion de la responsabilité envers autrui; de plus, vu le contexte, elle a ouvert toute grande la porte à l’impérialisme religieux colonisateur et à l’obscurantisme.
La foi religieuse ne repose pas sur des faits avérés et reconnus universellement. Toute religion est fondée sur une tradition orale ou écrite, ou les deux, à laquelle adhèrent les fidèles persuadés par des témoignages qu’ils estiment dignes de confiance. Les obligations concrètes qu’elle ordonne peuvent différer de celles prescrites par d’autres religions. Si l’on tient à éviter les conflits là où, comme à Outremont, plusieurs religions se côtoient, il faut, pour réglementer la vie en commun, recourir à des considérations objectives que tous peuvent reconnaître, mais surtout à la raison.
Les décisions réglementant les comportements dans notre arrondissement sont prises, après débat, par le Conseil à la majorité des voix. Une saine discussion éclaire un problème pour permettre l’entente sur une solution grâce à un large consensus. Cela exige la volonté, de la part de tous, de comprendre le point de vue des autres. À Outremont, cependant, le devoir, décrété par la CSC, d’accommoder tous azimuts les convictions religieuses a mis entre les mains des chefs de la minorité hassidique un puissant atout qu’ils invoquent à répétition; dans l’avenir, ce pourrait les chefs d’une autre confession. L’administration Tomlinson, elle, y trouve un prétexte commode pour abdiquer sa responsabilité de défendre l’intérêt général, y compris celui des générations à venir.
Impossible d’imposer la bonne foi, la bonne volonté et le savoir-vivre. Si les chefs hassidiques ne se font pas un point d’honneur de les pratiquer et si, comme certains de ses prédécesseurs, notre maire continue de croire pouvoir les y acheminer par la complaisance, Outremont est condamné à endurer, pendant longtemps encore, des conflits tels ceux que nous connaissons depuis plus d’une décennie.
Pierre Joncas
Auteur des Accommodements raisonnables entre Hérouxville et Outremont, Les PUL (Presses de l’Université Laval), Québec, 2009
Je fais écho aux articles récents sur le délabrement de l’environnement et de la vie civile à Outremont. Je ne reviendrais pas ici sur les problématiques importantes liées aux permis de construire ou application des règles de zonage.
Ruelle à Outremont, mercredi 2 septembre 2020. PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT
J'aimerais juste prendre l'exemple de la dégradation du district Claude Ryan. Cela fait pour ma part maintenant plus de 2 ans, avec des dizaines d'emails et de photos, que je signale aux autorités en charge la présence continue de poubelles, détritus et dépôts de résidus de construction dans la ruelle Hutchinson/Durocher, entre Bernard et St Viateur.
S'ajoutent à cela le non-respect régulier des règles de stationnement et celles relatives aux horaires des travaux de construction. Au-delà des désagréments quotidiens que cela occasionne - saletés, odeurs, bruits, difficultés d'accès a la cour arrière -, il m'apparait que nous faisons face à un rejet franc de la part de certains habitants des règles de bienséance et de vie en commun, aggravé, encouragé (?), par l'attitude des autorités.
L’inertie totale de la conseillère d'arrondissement est à cet égard problématique. Les règlements sont clairs et doivent être appliqués de manière équitable, sans arrière-pensée électoraliste, préférence communautaire ou autre. Je n'ose croire à un 2 poids 2 mesures à Outremont mais ne demande qu'à être rassuré du contraire par une action forte des services municipaux, dans la durée, pour mettre fin aux incivilités et faire appliquer le droit.
La concorde n'existe plus à Outremont en raison du laxisme voire de la complaisance de la Mairie. L'affrontement est généralisé, que ce soit en séance du conseil ou dans différents écrits. Le vivre à côté a remplacé le vivre ensemble. Je rappellerai à M. le Maire sa déclaration : « La prémisse de base d’une administration responsable est de répondre aux demandes de ses citoyennes et citoyens » (M. Tomlinson, Le Journal d'Outremont, 24 octobre 2019). Puisse-t-il s’en inspirer pour agir. Pour faire le bien. Enfin.
La pandémie n’a pas seulement frappé tragiquement la population, elle a réveillé des plans ambitieux cachés dans les tiroirs de la Mairie. Pendant les premières semaines de confinement, la quiétude régnait dans les chaumières encore engourdies par l’hiver, mais à la fin du printemps, alors que la vigilance était tombée, le monstre administratif s’est réveillé.
Les Outremontais ont vu surgir comme des bourgeons des pancartes jaunes, des poteaux verts, des cônes orange, des blocs de ciment, des affiches proclamant quantité de rues barrées. PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT ARCHIVES.
Les Outremontais stupéfaits ont vu surgir comme des bourgeons des pancartes jaunes, des poteaux verts, des cônes orange, des blocs de ciment, des affiches proclamant quantité de rues barrées. L’état de siège était-il déclaré? Des tranchées ont été creusées, des camions ont hurlé et des marteaux-piqueurs ont bombardé.
En quelques jours notre arrondissement bienveillant s’est métamorphosé : notre quartier devait-il accueillir le Tour de France ou le Giro d’Italie? Les vélos chargent! Conquérants, arrogants, ils bousculent les rares piétons qui s’étaient aventurés sur les trottoirs ou dans les rues nouvellement piétonnières. Désormais, il n’y en a plus que pour la mobilité active : que vous ayez 30 ans ou 80 ans, qu’il pleuve, vente ou neige, il vous faudra faire vos emplettes à vélo, à trottinette ou au pas de course!
Les places de stationnement — désormais inutiles — ont été confisquées. Les aides-soignants ne peuvent se rendre au chevet de leurs patients, les commerçants ne reçoivent plus leurs livraisons. Pour se déplacer, il est impossible de se fier aux G.P.S déroutés par les fermetures de rues intempestives; il faut désormais s’orienter grâce aux clochers d’églises d’Outremont ou à la position du Soleil.
Les piétons téméraires, qui se hasardent par nécessité à sortir de chez eux, sont masqués en raison de l’épidémie, mais aussi pour ne pas être reconnus et afin de cacher leur désarroi. De dos-d’âne en dos-d’âne, les automobilistes jouent à saute-mouton et jettent un regard ahuri aux panneaux de signalisation indiquant 30 km, vitesse qu’ils ne pourront jamais atteindre!
Vivement l’hiver, pensent-ils. Les brèches seront peut-être colmatées, mais dans les rues rendues enfin à la circulation (espérons-le), que deviendront les plantes tropicales et le mobilier de rue d’un design douteux? La question se pose : les électeurs ont-ils signé un chèque en blanc pour cet extravagant remodelage de nos artères sans avoir donné leur consentement éclairé?
Paul Sidani m. d.
Chemin de la Côte-Sainte-Catherine
Depuis le début de l’été, l’arrondissement a aménagé une voie piétonne sur trois sections de la rue Bernard. Si l’idée est intéressante, le résultat, lui, est pour le moins mitigé.
D’après l’auteur de cette lettre, l’immense majorité des cyclistes continuent de rouler dans la voie piétonne, alors que la signalisation indique qu’ils doivent marcher à côté de leur vélo. PHOTO JOURNAL D’OUTREMONT
D’abord par le côté esthétique de l’aménagement. Ces immenses blocs de béton sont d’une laideur désolante, et ce n’est surtout pas en les peignant de couleurs criardes qu’on en améliore l’apparence. Il aurait pourtant été si simple d’installer des bacs à fleurs comme on a fait dans d’autres arrondissements !
Puis par une signalisation particulièrement déficiente et confuse. Au tout début, la signalisation indiquant que les cyclistes doivent marcher à côté de leur vélo sur ces trois bouts de rue était minuscule et plusieurs cyclistes ne la voyaient tout simplement pas. Suite à des plaintes d’un grand nombre de citoyens, le maire Tomlinson a affirmé que des correctifs seraient apportés pour empêcher que les cyclistes ne roulent (souvent à grande vitesse) sur cette voie piétonne et compromettent la sécurité des gens qui y déambulent. On a alors simplement posé des affiches plus grandes que les cyclistes ne peuvent pas rater, mais l’immense majorité des cyclistes les ignorent et continuent de rouler dans la voie piétonne. Cyclistes qui roulez entre les piétons et qui croyez ne pas représenter un danger parce que vous circulez lentement, vous faites erreur! D’une part parce que, en ne respectant pas la réglementation, vous incitez d’autres cyclistes à faire de même et un grand nombre d’entre eux roulent alors à grande vitesse. D’autre part, beaucoup de personnes se sentent menacées par le va-et-vient incessant des cyclistes.
C’est le cas d’un grand nombre de personnes d’un certain âge, mais aussi de parents de jeunes enfants qui veulent légitimement profiter de cet espace pour venir relaxer en famille. Après l’installation d’une signalisation plus visible, l’arrondissement n’a rien fait pour corriger la situation. Il y a quelques jours, j’ai eu l’occasion de discuter avec un policier superviseur du poste 26 dont dépend l’arrondissement d’Outremont. Celui-ci m’a confirmé que jamais l’arrondissement n’avait demandé que les policiers patrouillent régulièrement la voie piétonne et interpellent les récalcitrants en donnant s’il y a lieu des contraventions. À ceux qui m’accusent de faire la chasse aux cyclistes, je réponds que, étant moi-même cycliste occasionnel, je suis fort heureux que l’arrondissement ait aménagé toutes ces pistes cyclables. Tant mieux si vous avez obtenu ce que vous réclamiez. Les piétons, eux, réclament maintenant trois bouts de rue (trois !) dans tout l’arrondissement et vous nous le refusez ? Alors que je lui parlais de la problématique des vélos sur la rue Bernard, la conseillère de mon district, Mme Valérie Patreau, m’a pourtant affirmé au téléphone que les piétons constituaient une priorité du conseil d’arrondissement. Je dois plutôt en conclure, à l’instar de nombreux citoyens, que Projet Montréal n’en a que pour les cyclistes.
Enfin, il me semble inacceptable que l’arrondissement ne tienne aucun compte de la qualité de vie des résidents de la rue Bernard qui habitent à proximité et n’intervienne pas pour interdire cette musique infernale et distorsionnée diffusée par des haut-parleurs jusque tard en soirée. Je sais qu’ils sont nombreux à souffrir de cette situation. Ces résidents sont pourtant des citoyens à part entière, mais aussi sont parmi ceux et celles qui, toute l’année durant, font vivre ces commerces.
Guy Patenaude
Boul. Dollard, Outremont
Dans des lettres d’opinion du 23 janvier1 et du 18 février2, je m’étais indigné des propos du maire Philipe Tomlinson expliquant son refus d’intervenir pour redresser les dommages causés à une propriété mitoyenne par d’importants travaux enfreignant les règlements au 34, Maplewood. Je l’ignorais à l’époque, mais j’ai appris depuis que les infractions commises avaient entraîné des impacts négatifs pour les propriétés de part et d’autre du 34 et provoqué des plaintes des deux auprès de l’ombudsman de Montréal, Me Johanne Savard.
Avenue Maplewood, Outremont. PHOTO JOURNAL D’OUTREMONT ARCHIVES
Dans son rapport pour l’année 2018, Me Savard reconnut le bien-fondé des plaintes des voisines. Elle formula plusieurs recommandations pour corriger cette injustice. À l’assemblée publique du Conseil d’arrondissement du 2 décembre 2019, le maire Tomlinson imputa le problème à l’incurie d’une administration qui, à la lecture du rapport, semble avoir été essentiellement la sienne. En qualifiant hautainement de « frustration » le mécontentement des voisins, il commenta : « Nous faisons fi de quelques commentaires de l’ombudsman. On a consacré beaucoup de temps, beaucoup d’argent et nous choisissons de mettre enfin un terme à ce dossier; on arrête de dépenser… On va faire quelque chose la prochaine fois3 ». Il ne précisa ni les heures, ni les dollars. Quant aux quelques commentaires, c’étaient non des commentaires mais des recommandations, et ce n’en étaient pas quelques unes mais la majorité, dont les plus importantes pour les voisins.
À l’époque, tout en réprouvant la capitulation du maire, et naïvement peut-être, j’avais attribué sa désinvolture à l’usure et la perspective de dépenses supplémentaires pour l’arrondissement. De nouveaux renseignements me portent à me demander si, au contraire, M. Tomlinson n’avait pas un mobile encore plus inquiétant.
Récemment, des citoyens ont affirmé par écrit – autrement, je n’en aurais rien su – que, lors de la campagne électorale municipale d’octobre 2017, le propriétaire du 34, Maplewood, était aussi celui du 1465, Van Horne, local du quartier général à Outremont de l’équipe de Projet Montréal dirigée par Philipe Tomlinson. Quiconque en doute peut vérifier au site du rôle d’évaluation de Montréal pour le 34, Maplewood, et à celui du registraire des entreprises pour le 9284-4695 Québec Inc., dont voici les liens :
https://servicesenligne2.ville.montreal.qc.ca/sel/evalweb/index
https://www.registreentreprises.gouv.qc.ca/RQAnonymeGR/GR/GR03/GR03A2_19A_PIU_RechEnt_PC/PageRechSimple.aspx?T1.CodeService=S00436&Clng=F&WT.co_f=27163f97231c6a619091597674108843
En réponse à des questions aux assemblées publiques du Conseil, le maire Tomlinson s’est toujours gardé de dévoiler ce lien de locataire à locateur entre lui-même et son parti, d’une part, et le propriétaire du 34, Maplewood, d’autre part. C’est pourtant à son initiative que, le 2 décembre 2019, le Conseil d’arrondissement adopta une ordonnance pour régulariser des travaux effectués en infraction aux règlements.
Le maire Tomlinson consentira-t-il à reconnaître et à expliquer ces faits troublants que, jusqu’à présent, il a soigneusement dissimulés?
Pour conclure, je rappelle cet aphorisme de Montesquieu : « Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous ». Si, comme je le crois, Montesquieu avait raison, et si à Outremont l’opinion publique ne se mobilise pas clairement et fermement pour exiger le redressement de l’injustice infligée aux voisins du 34, Maplewood, l’incompétence ou l’arbitraire répréhensibles éventuels d’un maire à venir exposeront de nouveau les citoyens, sans exception et en perpétuité, à des abus comparables.
Pierre Joncas
1. Une ordonnance injuste du Conseil, http://journaloutremont.com/nouvelles/opinions/une-ordonnance-injuste-du-conseil-2Il y a déjà trois semaines, nous avons reçu une communication de l’arrondissement d’Outremont en trois langues : français, anglais et hébreux intitulée : ‘Halte aux dépôts illégaux!’. Cette notice affirmait que ‘L’arrondissement combat la malpropreté dans votre quartier’, que des ‘Sanctions’ seraient émises, que ‘Votre contribution est importante’ et nous indiquait quoi faire si nous étions témoins de dépôts illégaux.
Photo prise le vendredi 21 août à 9h30, au lendemain de la collecte des ordures ménagères, ruelle entre les avenues Hutchison et Durocher, angle Lajoie. PHOTO LE JOURNAL
Mon conjoint et moi nous sommes réjouis de cette annonce : la ruelle derrière notre domicile est remplie de vieilles poubelles (j’en ai compté 14 entre mon garage et le coin de la rue) parfois défoncées, de bacs à compostage et à recyclage en mauvais état, souvent ouverts, avec (dedans et surtout dehors) des ordures de toutes sortes (eh oui, y compris des couches pleines de m….), survolés par de nombreux insectes et oiseaux et certainement visités par divers rongeurs la nuit. Quand le camion de vidanges passe, il vide les poubelles mais ne ramasse pas les ordures éparpillées par terre.
Depuis, les démarches de mon conjoint se multiplient : appels aux travaux publics d’Outremont (3 fois, et obtention d’un numéro de dossier : le # 2074723), courriels avec photos à la sécurité publique (1 fois), courriels avec photos à la direction de l’arrondissement (2 fois). Chaque appel téléphonique requiert 30 à 40 minutes d’attente avant de parler à quelqu’un. Aucun accusé de réception ni de réponse à aucun courriel n’a été obtenu.
Une personne à la réception des travaux publics nous a affirmé que le nécessaire avait été fait : en effet, des affiches en papier avaient été collées sur les poubelles indiquant qu’il était interdit de laisser les poubelles en permanence dans la ruelle. Vous pensez bien que ces petites affiches sont venues s’ajouter aux ordures qui, elles, ne sont jamais disparues. Pourquoi ne pas ramasser tout simplement les poubelles après le jour de la collecte? Les fautifs seraient obligés d’en racheter et ils corrigeraient peut-être leur comportement. On pourrait aussi exiger que chaque bac soit identifié par une adresse, ce qui permettrait de donner des amendes à qui de droit.
Nos démarches ont commencé le 17 juillet, nous sommes maintenant le 20 août… Notre coin de ruelle pourrait être celui d’un pays du tiers monde.
J’ai donc rappelé le 311 ce matin et j’ai parlé à un monsieur très gentil, compatissant et réceptif. Il m’a promis de faire suivre mes doléances à qui de droit. Encore une fois... Mais moi, de mon côté je me mets à rêver de sortir toutes ces poubelles au milieu de la rue St-Viateur! Que faut-il faire à Outremont pour que la plus élémentaire propreté soit imposée à tous?
Une lettre d’opinion de M. Normand Roy
Je suis le conjoint de Mme Little. (…). J'ai lu les lettres d'autres résidents exaspérés et désespérés, dont Mme Cinq-Mars, ancienne mairesse de notre arrondissement, de M. Pierre Joncas, et particulièrement de Mme Jacinthe Gauthier, une voisine très proche, qui annonce sa décision de quitter le quartier après 3 années. Je suis attristé de sa décision. Mais je comprends Mme Gauthier. J'habite Outremont depuis 30 ans, un lieu que j'ai aimé et que j'aime encore. Mais tout comme Mme Gauthier, je songe à le quitter parce qu'il devient invivable. Pas à cause des Hassidim mais à cause de la turpitude de nos autorités. Une omerta règne à Outremont. Nos appels téléphoniques et nos courriels, à la mairie, à la conseillère d'arrondissement, à la direction de l'arrondissement, au responsable de la salubrité, au 311, à la sécurité publique, tous ces appels logés depuis plus d'un mois restent sans réponse. Une loi du silence règne dans notre arrondissement, un règne de la peur qui empêche des fonctionnaires et des serviteurs publics dévoués de faire leur travail, d'appliquer les règlements avec équité mais avec détermination. Je songe à un mouvement de résistance pacifique mais inflexible, comme ceux menés actuellement ailleurs sur la planète par des gens qui en ont assez du «boys'club» des nantis, des puissants, des corrompus, des autocrates, des magouilleurs de toute espèce. Ai-je des coreligionnaires? Nous pourrions faire des choses inédites, des choses dérangeantes, des choses qui feraient honte aux sépulcres blanchis, nous pourrions agir, nous pourrions nous amuser! Pourquoi pas?
Monsieur le maire,
Si je vous ai compris, dans le film Outremont et les hassidim (à partir de 2 minutes 45 secondes) vous reconnaissiez les conséquences fâcheuses des affrontements entre cette minorité religieuse et la majorité outremontaise composée d’adhérents de confessions autres et de non-croyants. Vos propos y intimaient l’intention de promouvoir la concorde entre les deux. Si je comprends notre milieu, la majorité y souhaite un régime de gouverne laïque, non par hostilité envers les hassidim mais par crainte que l’influence prépondérante de leurs têtes dirigeantes à l’hôtel d’arrondissement n’amoindrisse notre qualité de vie.
Un laisser-aller maintenant répandu et des dérogations arbitraires fréquentes, effacent peu à peu le charme d’Outremont. PHOTO JOURNAL D’OUTREMONT
L’Outremont d’aujourd’hui est le fruit d’une histoire qui remonte à 1875. Son élégance et son charme particuliers ont pour assise, entre autres, des résidences d’une simplicité raffinée, l’harmonie des éléments du parc immobilier, la propreté des rues, la salubrité longtemps exemplaire des ruelles, etc. Hélas, un laisser-aller maintenant répandu et des dérogations arbitraires fréquentes, inexplicables autrement que par favoritisme clientéliste, l’effacent peu à peu. Ce charme s’alimente aux joies simples comme celle, l’été, de partager un repas entre amis en conversation tranquille à la table d’un excellent restaurant sur une terrasse de l’avenue Bernard, par exemple, comme celle aussi de fréquenter à longueur d’année des commerces de proximité pour s’approvisionner en produits de qualité avec, en prime, le sourire chaleureux d’une caissière.
Les Outremontais de longue date tiennent ardemment à cette élégance et ce charme. Hérités des générations passées, ils les entretiennent avec fierté et plaisir. Ceux arrivés plus récemment y tiennent autant. Pour la plupart, ils sont venus les chercher; ils s’évertuent donc aussi à les entretenir avec fierté et plaisir. Les uns comme les autres les voient disparaître avec tristesse.
L’agencement judicieux de règlements prudemment conçus et délicatement accordés a engendré et longtemps perpétué ces bienfaits; de génération en génération, le savoir-faire de dirigeants éclairés et adroits y a vu. En altérer négligemment l’équilibre ou ne pas adopter les modifications voulues pour le maintenir, au gré des circonstances, a des conséquences. Il faut de la perspicacité pour discerner les changements et du jugement pour en apprécier l’importance; il faut de la hardiesse pour circonscrire les dégâts de transformations préjudiciables.
Ce 8 juillet, suite à une entente à l’amiable (!) conclue sous la menace d’un procès et au mépris du résultat du référendum de novembre 2016, le Conseil d’arrondissement autorisa l’aménagement d’une nouvelle synagogue sur l’avenue Bernard en plein secteur de restauration. Si le projet va de l’avant, l’achalandage du lieu de culte sera considérable, surtout le sabbat des hassidim qui est une période de congé privilégiée par la majorité pour les sorties au restaurant.
Pour évaluer correctement les besoins cultuels des hassidim, n’eût-il pas fallu d’abord avoir en main l’inventaire, commandé le 2 mars, des synagogues dissimulées et au grand jour à Outremont et à sa périphérie? N’eût-il pas fallu identifier d’autres emplacements où, sans susciter d’objections, on eût pu localiser un temple pour servir adéquatement les hassidim? Peut-on sérieusement prétendre que leur religion en exige l’emplacement nulle part ailleurs qu’à l’angle de Bernard et Champagneur?
Le Huffpost du 5 février 2019 rapporte que, selon vous, « depuis plusieurs années, on vit dans un cercle de méfiance qui tombe dans le conflit, ce qui mène parfois à l’illégalité. Il faut ouvrir un dialogue […], trouver des solutions, des terrains d’entente, sur toutes sortes de problèmes qui peuvent survenir quand on parle de bon voisinage ». Si vos propos sont rapportés fidèlement, révélez-nous qui se laisse mener dans l’illégalité. Croyez-vous possible d’engager avec confiance le dialogue avec un vis-à-vis connu pour brandir la menace de procès quand on ne se rend pas à ses exigences? Toute troublante que soit votre reddition aux pressions de Place Bernard Inc., elle l’est moins que la menace à laquelle vous avez capitulé.
Il faut du courage pour se tenir debout. Un citoyen d’Outremont l’a illustré. Accusé faussement, il fut innocenté par les tribunaux pénal et civil. Il a été victime d’une longue intimidation judiciaire qui donne à penser que son adversaire cherchait moins un « accommodement raisonnable » qu’une victoire écrasante et humiliante en bâillonnant son blogue satirique. En passant, auriez-vous accordé l’autorisation d’aménager la nouvelle synagogue sur Bernard en compensation pour l’avortement de la cession projetée d’une parcelle de l’îlot Saint-Viateur, bien public, pour l’aménagement de ce lieu de culte? Je rejette d’avance toute accusation éventuelle d’antisémitisme. Quoiqu’enfant à l’époque de la Shoah, j’avais atteint un niveau de maturité suffisant pour en saisir la monstruosité. L’accusation en est très grave; lancée sans fondements, elle est dévastatrice pour la personne injustement visée.
Au Québec, il importe de tenir compte du contexte historique pour discuter sereinement et rationnellement de l’intervention d’autorités religieuses en matière civile. La domination de la hiérarchie catholique dans des domaines hors de sa compétence a longtemps nui à la qualité de notre vie et retardé notre progrès social et matériel. Il y a toutefois pire : cette domination a entravé ici le développement de l’esprit critique sans lequel la liberté de conscience ne saurait s’épanouir. L’esprit critique doit être cultivé; en éclairant la conscience, il la libère. La liberté de conscience informe toutes les autres libertés et constitue le socle du sens personnel des responsabilités. La vie durant, cet esprit et cette liberté illuminent les choix affectant le bien-être propre de chacun et celui du voisin. Nous vivons en société, non isolés. L’harmonie entre tous exige de chacun le respect du bien-être d’autrui.
Il a fallu la Révolution tranquille pour affranchir les Québécois d’un autoritarisme clérical peut-être bien intentionné, mais à coup sûr malsain. Pour se conformer à la charte qui enchâsse la liberté religieuse, faut-il dorénavant ranger son esprit critique et sa liberté de conscience, et se plier aux exigences d’autorités de confessions autres que la catholique? Parmi ces exigences, souvent contradictoires et absurdes, comment identifier celles auxquelles se soumettre?
Plus il est insistant, plus le zèle religieux tend à dissimuler de la charlatanerie. Depuis des années, les médias ne cessent de révéler les délits funestes de sinistres imposteurs. Les Tartuffes foisonnent dans toutes les confessions, aucune n’y échappe.
La concorde que vous affirmez vouloir promouvoir est naturellement préférable à la discorde que nous vivons depuis trop longtemps. Il semble toutefois que, dans les différends les opposant à la majorité, les têtes dirigeantes des hassidim se considèrent toujours dans le droit. Les revendications qu’ils défendent en invoquant la charte des droits et libertés n’en reposent pas moins en partie sur des dogmes et une tradition dont certains aspects échappent à l’examen rationnel. Leurs « victoires » à l’hôtel d’arrondissement et devant les tribunaux et, plus encore, leur mépris triomphaliste et leurs propos culpabilisants1 , aggravent la discorde.
J’ai pris soin de préciser têtes dirigeantes. Ce n’était peut-être pas l’intention du cinéaste, mais le film Outremont et les hassidim permet d’espérer que, en y mettant la patience et le tact, il sera possible de gagner à la raison de rares hassidim – je me souviens d’une femme et d’un homme en particulier – ouverts à l’amitié et accessibles à la bienveillance. Si les autorités civiques et judiciaires cessaient leur complaisance envers la déraison des chefs, à la longue, de telles exceptions pourraient devenir la norme.
Respectueusement,
Pierre Joncas
Auteur des Accommodements raisonnables entre Hérouxville et Outremont, Les PUL (Presses de l’Université Laval), Québec, 2009
Monsieur le maire,
Dans les arrondissements comme dans les villes, les élus ont pour tâche de veiller aux besoins locaux et de gérer efficacement le patrimoine et les ressources dont ils sont fiduciaires. Ils doivent n’émettre de directives que conformes aux exigences du bien commun et de la règle de droit, et veiller à leur exécution fidèle par les administrateurs nommés.
Le 1260 Bernard, angle Champagneur, dans son état actuel. PHOTO JOURNAL D’OUTREMONT
Le 2 mars dernier, le Conseil que vous présidez autorisait des dépenses de 30 000 $ pour la mise sur pied d’une table de concertation, des études de diagnostic sur les lieux de culte et un inventaire de ces lieux. Si tant est que cette table existe, elle tarde à se manifester; si tant est que les études soient complètes, leurs résultats restent à dévoiler. Qu’en est-il de l’inventaire? Normalement, il aurait dû être facile à dresser, à moins que certains lieux n’occultent obstinément leurs activités.
Ce 8 juillet, le Conseil siégeait en pleine canicule et, pour certains, en période de vacances au cours desquelles ils purent se réfugier dans un climat plus clément. Lors de cette séance extraordinaire, le Conseil autorisa l’aménagement d’une nouvelle synagogue à l’angle des avenues Bernard et Champagneur sans les lumières de la table de concertation, sans l’éclairage des études de diagnostic et sans inventaire des lieux de culte. Exceptionnellement, il siégeait le matin et, au double prétexte du coronavirus et de l’exiguïté de la salle du Conseil, en téléconférence sans public bien qu’il eût pu se réunir le soir au CCI où des citoyens troublés par le projet auraient pu vous interroger et engager une discussion avec vous.
La synagogue pourra donc maintenant être aménagée en un endroit où sa présence est énergiquement contestée. Dans votre défense du projet modifié, et tout en sachant bien que l’opposition était d’une autre nature, vous avez fait valoir qu’il a été bonifié par l’ajout de trois commerces absents de la version initiale. Je me souviens pourtant que, naguère, dans la réalité il y en avait déjà trois!
Lors de la séance extraordinaire de ce 8 juillet, trois citoyens vous ont demandé par courriel de justifier votre démarche à l’encontre des résultats du référendum de novembre 2016. En mots différents, vos réponses furent que le projet de synagogue avait été approuvé, ou était « en cours d’approbation », par l’ancienne administration. « Ce projet-là était déjà approuvé aux yeux de [l’ancienne] administration »; « le référendum portait sur tous les nouveaux lieux de culte [et] il n’y a pas eu de nouveaux lieux de culte depuis », et, pour conclure, « Ce projet-là était en litige, litige que nous avons réglé ».
Le litige entre le promoteur et l’arrondissement fut, en effet, réglé « à l’amiable ». Il reste toutefois deux litiges portés devant les tribunaux par des citoyens qui contestent, à leurs frais, la légitimité du processus. Le mépris vous porterait-il à juger ces contestations sans importance? La témérité vous inciterait-elle à en estimer l’issue décidée d’avance? Cherchez-vous, quoi qu’il arrive, à mettre l’arrondissement devant un fait accompli? Avez-vous réfléchi aux conséquences pour nos comptes de taxes d’un jugement éventuel en faveur des contestataires et d’un recours subséquent par le promoteur contre l’arrondissement?
Le 8 juillet dernier, vous avez affirmé à répétition que l’aménagement de la synagogue avait été approuvé avant le référendum. Si votre affirmation est fondée, vous devez être en mesure de produire un document pour en attester. Le ferez-vous? Vous avez affirmé, toujours à répétition, que votre point de vue est aussi celui de l’ancienne administration, ajoutant que, selon celle-ci, ce projet n’était pas inclus dans le cadre du projet référendaire. Vous devez donc aussi être en mesure de le documenter. Le ferez-vous? J’ai consulté des conseillères en fonction à l’époque : comme moi, aucune ne partage votre avis.
Un rappel. Le 25 mai 2015, l’administration Cinq-Mars délivra au promoteur un permis pour l’aménagement d’un bain rituel et d’une salle polyvalente dans l’immeuble sur Bernard à l’angle de Champagneur : la légitimité de ce permis n’est pas contestée. Le 2 novembre 2015 fut déposé un avis de motion pour déclencher un processus de modification de zonage qui empêcherait l’implantation de nouveaux lieux de culte sur l’avenue Bernard, entre autres endroits. Le soir du 4 avril 2016, cet avis fut retiré et remplacé immédiatement par un nouvel avis aux fins identiques, certains détails ayant toutefois été corrigés pour des raisons d’ordre purement technique, mais sans modification de la disposition portant sur Bernard. Plus tôt dans la journée avait été déposée la demande de permis aujourd’hui en litige.
Ce 8 juillet, dans votre exposé en début de séance, vous annonciez l’assurance du promoteur qu’il n’y aurait pas de travaux sur la section piétonnisée de l’avenue Bernard pendant la belle saison. Mais ensuite? La présence d’équipements lourds nuirait-elle moins aux commerces à l’automne, l’hiver, etc.?
Dans un vidéoclip diffusé lors de votre campagne électorale pour la mairie, https://www.facebook.com/noussommesoutremont/videos/354075811698749/UzpfSTY2MDEwMDIzMjpWSzo3Mjc3NzY5OTgwMTU2NzM/, vous demandiez « Sommes-nous prêts à remettre les décisions sur d’Outremont entre les mains de la ville centre? ». Vous avez répondu : « Pas moi ». Pourtant, lors de la séance du 8 juillet, vous affirmiez : « Nous considérons – nous-mêmes, les services d’aménagement, le contentieux de la Ville de Montréal – […] que le référendum n’incluait pas ce projet-là ». Faites-vous désormais confiance à la ville centre pour conseiller Outremont et pour en défendre les intérêts? Comment justifiez-vous cette répudiation de votre engagement électoral catégorique?
Avant le 8 juillet, l’administration avait reconnu une erreur dans le processus d’adoption des mesures pour subvenir aux besoins d’organismes d’entraide. Le Conseiller Jean-Marc Corbeil a critiqué votre lenteur à réagir à une irrégularité signalée trois mois plus tôt. Vous lui avez répliqué : « Si c’est illégal d’aider des gens dans le besoin, je le ferais demain matin, sans problème ». Si vous sembliez insouciant de l’illégalité du processus, vous le sembliez tout autant de l’illégalité éventuelle de la nature de votre démarche.
Ainsi, selon votre jugement, si une initiative, illégale ou hors de votre champ de compétence, est louable, vous seriez justifié de la prendre. Vous serait-il arrivé d’aborder avec ce parti pris la demande de permis d’aménagement de synagogue? Conjuguée à l’écoute de vos propos dans le film documentaire d’Eric Scott, Outremont et les Hassidim (TOU.TV), la lecture du rapport, commandé par l’arrondissement au cabinet d’urbanistes Brodeur Frenette, Étude d’implantation d’usages institutionnels et communautaires sur le site de l’îlot Saint-Viateur, incite à conclure que, sous votre direction, l’administration ferait tout, et n’importe quoi, pour permettre l’établissement en plein cœur d’Outremont d’une synagogue pour la communauté hassidique. L’aliénation, évoquée dans ce rapport, d’une parcelle de notre territoire à une fin – synagogue – autre que publique ayant soulevé une vigoureuse levée de boucliers, il n’est pas invraisemblable que, en désespoir de cause, vous vous évertuiez maintenant à imposer une interprétation de la portée du référendum de 2016 sans rapport avec les faits.
Si, au dénouement de cette triste saga, vos ruses réussissaient à favoriser des intérêts particuliers au détriment du bien commun, vous pourriez en regretter l’impact néfaste. À Outremont le patrimoine bâti, l’héritage culturel, la qualité de vie et surtout la concorde, que pourtant vous avez ardemment affirmé vouloir promouvoir, en souffriront. Y avez-vous sérieusement réfléchi? Y avez-vous même songé?
Respectueusement,
Pierre Joncas
Auteur des Accommodements raisonnables entre Hérouxville et Outremont, Les PUL (Presses de l’Université Laval), Québec, 2009
NDLR Mme Cinq-Mars a été mairesse d’Outremont de 2007 à 2017. Sa lettre s’adresse à Valérie Patreau, conseillère municipale du district Joseph-Beaubien.
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PHOTOS GRACIEUSETÉ DE MME CINQ-MARS |
Bonjour Mme Patreau,
J’ai remarqué qu’il ne semble plus avoir de gardien de parc au parc Outremont. Est-ce que je me trompe? Il y en a toujours eu un. Même si celui-ci, dans les dernières années, pouvait partager son travail entre deux parcs; c’est à dire Saint-Viateur et Outremont. Le ou la gardienne avait comme tâche d’assurer une surveillance constante des activités qui s’y déroulaient, de la propreté et de la qualité des infrastructures en général. Entre autres, il nettoyait les étangs, ramassait les débris et veillait à ce que les règlements soient respectés. En cas d’urgence, il faisait appel à la sécurité publique.
Maintenant, le parc semble laissé à lui seul. Débris sur le sol et dans l’étang, poubelles qui débordent très fréquemment, chiens se promenant sans laisse, personnes circulant à vélo sur les sentiers, bancs dans un mauvais état, graffitis sur le chalet dont la porte côté sud est barricadée d’un contreplaqué. Une dégradation ambiante inouïe.
D’autant plus qu’en cette période de pandémie, un gardien pourrait régulièrement désinfecter les modules de jeux, les chaînes de balançoire à l’endroit où les enfants y apposent leurs mains et les loquets des portes de clôture qui sont touchés par des dizaines d’adultes par jour et ce, toujours sans désinfection. Ne serait-il pas opportun d’installer des bouteilles de désinfectant à des endroits stratégiques et qu’elles soient contrôlées par un gardien?
Qu’en pensez-vous?
Cordialement,
Marie Cinq-Mars
Bonjour,
Je vis depuis 3 années sur la rue Hutchison. J’ai été témoin d’un nombre impressionnant de situations allant à l’encontre des règlements municipaux. Mes communications avec la mairie d’Outremont sont demeurées sans réponse. Je ne compte plus le nombre d’appels, de courriels et de photos acheminés au maire d’arrondissement quant au niveau de bruit, aux déchets, aux objets obstruant les trottoirs, aux travaux de construction s’éternisant jusqu’à 22h00...
Je quitte donc ce quartier car je suis terriblement déçue par le manque de volonté de cette administration et surtout, j’ai perdu confiance en eux.
Voici quelques photos prises hier lors de ma marche matinale. C’est beau Outremont! Je tenais à partager cela avec vous.
Merci,
Jacinthe Gauthier
Les citoyens et les citoyennes des avenues Bloomfield et De l’Épée au nord de Lajoie passe le week-end avec ces vidanges non ramassées dans la ruelle commune depuis jeudi (4 juillet). Et ce malgré de nombreux appels au 311 et à la sécurité publique d’Outremont.
PHOTO COURTOISIE GÉRARD CASTONGUAY
Les éboueurs de jeudi n’ont simplement pas fait leurs boulots. Oui il y avait entrave au milieu de la ruelle ce qui ne les empêchent pas de revenir par le nord. Nous n’avions pas ce genre de situation par le passé, la sécurité passait et faisait ramasser. Nous avons eu un week-end d‘odeurs et des auréoles de mouches.
Que diable font-ils?
Pendant le confinement, dû à la COVID-19, nos commerçants se croisaient les doigts dans l'espoir de survivre à ces temps sans précédent. Certains ont fermé temporairement, d’autres sont restés ouverts et tous ont développé de nouvelles façons d’opérer puisque nous sommes des entrepreneurs flexibles face au changement. Maintenant, en cette période de relance économique et de déconfinement graduel, pourquoi devons-nous continuer à nous croiser les doigts au lieu de nous sentir soutenus par notre arrondissement et par la Ville de Montréal? Le commerce local joue un rôle fondamental dans la vitalité des quartiers et devrait maintenir ce statut essentiel au sein de notre arrondissement.
PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT
Après plus de 2 mois et demi de fermeture obligatoire pour la plupart de nos commerces, nous étions soulagés et optimistes de reprendre nos activités et retourner à notre gagne-pain.
À notre grand désarroi, quelle surprise de voir l’accessibilité de certains commerces obstrués par ces corridors sanitaires (poteaux verts)! Malgré l’absence de consultation et d'avis préalable de la part de l'arrondissement aux commerçants, nous avions compris l’utilité initiale de ces corridors si cette mesure s’avérait nécessaire. Par contre, les corridors sanitaires nuisent et continueront à nuire à la relance et la survie de nos commerces. Van Horne est une artère commerciale et l’achalandage ne justifie pas de la piétonniser sur certains tronçons et ni d’éliminer les places de stationnement. En effet, plus de 75% de nos commerces sur Van Horne sont des commerces de services ou de destination donc nos clients se rendent sur la rue principalement en voiture. Tel que mentionné, plusieurs commerçants se sont adaptés à la nouvelle situation en diversifiant leurs services comme le service à emporter (cueillette devant les commerces sans contact).
Depuis l’arrivée des corridors sanitaires, desservir les clients de cette manière est devenu un grand défi pour les commerçants car l’accessibilité aux commerces est rendue impossible, voire même dangereuse pour nos clients. Aussi, les camions de livraison doivent se garer devant nos commerces afin de décharger la marchandise, ce qui cause une entrave à la circulation. Certains camions doivent même se stationner dans les espaces réservés aux autobus afin de permettre aux véhicules de circuler.
En conséquence, dans l’espoir d’instaurer une mesure sécuritaire avec les corridors, vous avez créé une situation dangereuse qui nuit au commerce local. Après avoir signalé les problématiques avec l’arrondissement, la suggestion proposée fut d’offrir un service de valet, payé par les commerçants, une solution qui encourt des coûts supplémentaires pour nous. De plus, l’arrondissement ne prévoit pas de zones alternatives de stationnement pour les clients ou camionneurs (les ruelles sont trop étroites pour le passage des camions).
La seule solution évidente et efficace pour la sécurité de tous serait de retirer ces poteaux verts. Nous vous suggérons de changer d’approche et d’entendre la voix des commerçants qui demandent de travailler de façon plus coordonnée avec vous, puisque nos intérêts devraient être communs. Il faut cesser de prendre des décisions au détriment de nos commerces. Sinon, les résidents n’auront plus de boutiques spécialisées, de restaurants, de cafés, d’épiceries et de services à leur disposition. Déjà, nous pouvons remarquer de façon flagrante l’absence de nos clients. Ils confirment aller magasiner ailleurs car Van Horne, c’est rendu compliqué!
Léa Makridis-Lebeuf, pour L’Association des marchands et professionnels de Van Horne
M. le maire,
C’est un devoir de votre fonction que de veiller à la concorde, la salubrité et l’aménagement esthétique notre arrondissement, ainsi que de défendre sa bonne réputation.
« À Outremont, les façons de concevoir le bien commun de la majorité et de la minorité sont contradictoires. » PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT ARCHIVES
Avant même l’amoindrissement de notre statut de municipalité à arrondissement, nous souffrions d’affrontements fréquents entre notre minorité hassidique et notre majorité d’adhérents de confessions diverses – y compris le judaïsme – et de personnes sans appartenance religieuse. Depuis, les accrocs se multiplient et s’aggravent. Vous n’avez pas créé cette situation, vous en avez hérité. Récemment, vous vous disiez optimiste de voir réglé le problème dans l’harmonie.
Dans Le Devoir des 28-29 février 2020, Lise-Marie Gervais rapportait que, le 2 mars, le Conseil adopterait des mesures pour financer une cartographie des lieux de culte et une cartographie des espaces publics partagés, et qu’il créerait «une table de concertation pour ouvrir un dialogue sur la base des données recueillies». Ces initiatives suffiront-elles pour acheminer l’arrondissement à une harmonie durable? Pour dénouer la mésentente et résoudre les conflits qui en découlent, il faut identifier et dissiper les malentendus à leur source.
Dans le reportage de Mme Gervais, vous rappeliez «la nécessité de baser le dialogue sur des “faits”». À Outremont, une minorité hassidique de taille importante et croissante voisine une majorité longtemps établie. Je vous propose une analyse de la situation à partir de témoignages publics et de données observables.
L’émission Second Regard, diffusée le 24 novembre 2013, présentait Eliezer Frankforter, un rabbin de la communauté hassidique d’Outremont. Selon lui, le Hassid est à la recherche constante de Dieu avec l’enthousiasme d’un prospecteur dans la ruée vers l’or. «Dieu, la Torah et le peuple juif ne font qu’un, expliqua-t-il. On essaye de garder la pureté, la vérité qui nous a été transmise depuis le mont Sinaï». Il s’estimait gardien de cette vérité, investi du devoir de la préserver en protégeant sa communauté des influences corruptrices de l’extérieur. «On est quand même dans un pays avec des gens qui ont d’autres cultures. […] Donc, d’avoir vraiment une relation tout à fait hétérogène – on va tout partager, puis on va vivre comme tout le monde – c’est impossible, c’est inconcevable. Et on est obligés d’avoir […] une certaine attitude qui est: “OK. Nous on vous dérange pas, mais surtout ne nous dérangez pas”». Vu son implication dans la communauté, est-il déraisonnable de présumer que la voix du rabbin en décrit fidèlement la mentalité et les attitudes?
Au Conseil du 2 mars 2020, en réponse à ma question, vous vous êtes engagé à ne pas modifier le règlement de zonage pour les lieux de culte avant les prochaines élections sans l’aval préalable de l’ensemble de l’arrondissement. Après la clôture de la période des questions, vous avez exceptionnellement accordé la parole à Max Lieberman, un porte-parole de la communauté hassidique. Il assimila faussement ma question à une apologie de la démocratie directe. Selon lui, cette forme de gouvernance aurait obstrué la reconnaissance des droits des Noirs, des femmes et des LGBT. Cet amalgame des droits humains avec la réglementation du zonage cherchait à discréditer ma question et votre engagement. Pourtant, au référendum du 20 novembre 2016, ses coreligionnaires se sont mobilisés massivement pour faire révoquer le règlement interdisant les nouveaux lieux de culte dans la zone où se situe l’avenue Bernard.
Outremont a été la cible de propos encore plus choquants. En voici quelques exemples. Pour Joseph Farkas (Le Point, 4 mars 2004), la réglementation des circuits d’autobus interurbains et de leur circulation à Outremont présageait une nouvelle shoah. Le maire Stéphane Harbour s’en indigna et exprima l’espoir que des membres éminents de la communauté dénoncent ses propos (Le Point, 11 mars 2004), mais ce fut en vain. Au Conseil de novembre 2014, Robert Bixenspanner, ignorant les statistiques démographiques, soutint que les prétendues déconvenues des Hassidim étaient attribuables à l’afflux massif depuis 1960 de francophones à Outremont; il accusa certaines conseillères de vouloir «délibérément porter atteinte aux coutumes de la communauté hassidique». Au Conseil de janvier 2015, Joannie Tansky de Hampstead et Sharon Freedman de Côte-Saint-Luc se présentèrent au Conseil de notre arrondissement pour y tenir des propos outrageants au sujet d’un projet de règlement des souccahs. Mme Tansky attaqua le projet de règlement comme étant «the most restrictive law in the world against the Jewish people»; Mme Freedman proféra cette menace: «You will be around the world, you will be all over CNN, I would make sure it gets out there» (voir ma lettre du 3 mars 2015 au Journal d’Outremont à la page 6 de l’onglet Opinions). Si vous doutez de mes propos, vérifiez. D’ailleurs, croyez-vous que, comme l’a fait la mairesse Cinq-Mars pour ces citoyennes des municipalités défusionnées de Hampstead et Côte-Saint-Luc, leurs maires auraient accordé la parole à un résidant de notre arrondissement lors d’une assemblée de leurs Conseils? Qu’auriez-vous fait dans une telle situation?
Michel Lincourt, alors professeur d’architecture à l’École nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg et professeur invité à l’INRS du Québec, décrit l’esprit du paysage urbain d’Outremont et la mentalité de ses résidants dans In Search of Elegance, ouvrage savant publié en 1999 par les presses universitaires McGill-Queen’s et celles de l’Université de Liverpool. Dans le septième chapitre, Outremont: A Convivial Elegance, le professeur Lincourt redresse, chiffres à l’appui, de fâcheux stéréotypes. Contrairement à l’assertion du prétendu documentaire Outremont et les Hassidim d’Eric Scott, nonobstant la présence ici de quelques millionnaires, notre quartier n’est pas «cossu». Certes, il héberge de nombreux professionnels, artistes, universitaires et personnages politiques connus. Sa caractéristique principale est toutefois le «charme discret» de sa bourgeoisie: un savoir-vivre axé sur une civilité chaleureuse, pudique mais dépourvue de puritanisme.
Dans son livre, le professeur Lincourt notait la convivialité de notre parc résidentiel et commercial révélé dans la tranquillité des rues, l’attention à l’entretien des demeures, l’ordonnancement avenant des commerces et l’accueil chaleureux du client. Selon lui, la complicité entre les citoyens et l’administration rendait Outremont exemplaire. Les autorités pouvaient compter sur le résidant pour planter des fleurs, soigner les arbres et les arbustes à la lisière de son terrain, cette lisière étant du domaine public. En retour, le résidant pouvait se fier aux autorités pour assurer le bon état du domaine public.
Une sérénité joyeuse favorisée par un milieu calme et propre contribue au «charme discret» que la majorité tient à préserver à Outremont. A-t-elle tort? Est-elle déraisonnable d’insister que s’en accommode une minorité qu’elle n’exclut pas, mais dont elle respecte le désir de ne pas être dérangée? Est-elle tenue d’acquiescer sans rien dire aux passe-droits que lui accordent les autorités sous forme de dérogations (qu’elle n’accorde pas à d’autres) aux règlements de zonage et de construction, même à l’encontre d’une recommandation unanime du CCU ? à leur laxisme dans la mise en vigueur des règlements de salubrité, de santé publique et de stationnement? Pour justifier ces passe-droits, les autorités invoquent l’obligation d’accommoder raisonnablement la liberté de religion. Pour réfuter ce prétexte, je m’inspirerai d’une réflexion judicieuse du juge Ian Binnie de la Cour suprême du Canada: l’obligation de respecter la liberté de religion doit servir de bouclier contre les atteintes de l’État, non d’épée pour mutiler les intérêts légitimes de tous au profit d’intérêts particuliers nuisibles à la communauté.
À Outremont, les façons de concevoir le bien commun de la majorité et de la minorité sont contradictoires. Voilà, monsieur le maire, une source importante de malentendus au cœur de nos affrontements. Si la table de concertation que vous assemblez entend travailler efficacement à les résoudre, elle devra décider laquelle de ces conceptions est juste; elle devra aussi s’appliquer à dissiper l’ignorance, les fausses perceptions et les préjugés immérités, blessants à l’endroit de la majorité d’Outremont.
Respectueusement,
Pierre Joncas
Auteur des Accommodements raisonnables entre Hérouxville et Outremont, Les PUL (Presses de l’Université Laval), Québec, 2009
Jeune artiste né quelques semaines après Renée Claude, mais à deux continents de là. Elle restera toujours pour moi l’incarnation du Québec comme je l’ai découvert en 1969.
PHOTO COURTOISIE
Cette chanson touchait mes Vennes car c’était, pour moi aussi, et presque mot à mot…
Le début d’un temps nouveau.
Je fuyais la guerre du Liban et ses querelles médiévales,
Qui le divisent en tous temps, de colonel en Général
et autres leaders de matamores toujours prêts à continuer le bal
Alors, j'entrai de plein corps
Dans ce début d'un temps nouveau :
Pour moi aussi, l’année zéro…
Et, comme la moitié des gens,
Je n'avais pas encore trente ans
Les femmes faisaient l’amour librement,
Les hommes ne travaillaient presque plus,
Le bonheur devint ma seule vertu
Dans ce début d'un temps nouveau,
je voletais comme un oiseau,
Sans égard aux couleurs de la peau,
Le cœur ouvert l’esprit nouveau
ça m’a donné une si belle enfant!
Oui, j’avais fait le tour du monde,
Tourné des rôles en cinérama,
Mon âme était un ballon sonde
Et à l'Expo je voulais déjà
Monter une pitoune à la Ronde,
Et l’avenir ne m’effrayait pas …!
Et l'avenir ne m'effrayait pas
Merci à toi, chère Renée Claude
De m’avoir accueilli chez moi
Car si ta belle chanson du monde
Était pour moi une introduction
Dans ce monde devenu le mien.
C’était il y a plus de cinquante ans
Mais ta chanson résonnera en tous temps
En unisson avec le tien….
En unisson avec le tien...
Monsieur Trudeau, vous n’avez pas à vous inquiéter comme vous le faites. Je suis né à Montréal et j’y habite encore. Je connais bien Montréal. J’aimerais bien vous rassurer. Vous ne pouvez quand même pas vous inquiéter à notre place. Je ne suis pas inquiet du tout et contrairement à ce que quelques-uns peuvent penser, beaucoup d’autres ne sont pas inquiets. Je ne sais pas qui vous a mis ça dans la tête.
« Oui, il faut déconfiner au plus sacrant: rouvrir les jardins communautaires, le jardin botanique, les bibliothèques, les restaurants, les écoles et même les cinémas.» PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT ARCHIVES
Ce sont les journalistes probablement et certains de vos conseillers mal informés qui alimentent cette inquiétude. À Montréal, nous savons ce que nous avons à faire. Personne ici n’est inquiet. La routine urbaine doit reprendre ses droits.
J'habite Outremont (voisin de votre comté) où il y a grosso-modo 220 cas. Outremont est entouré par Parc-Extension au nord et Côtes-des-Neiges à l'ouest (beaucoup plus contaminé). L'Ile de Montréal a une population de 1 700 000 habitants. Bien sûr, il y a une plus forte concentration dans quelques quartiers mais nous savons aussi où se trouvent les principaux cas. Il faut simplement garder l'oeil ouvert. 1 700 décès = 0,1% 18 000 cas = 1,1%.
Ça fait deux mois que je sors à tous les jours pour faire mes courses, me balader dans les parcs, sur la Montagne et dans certains parcs nature. Je suis même allé à trois reprises dans mon jardin communautaire, même si c'est fermé, pour préparer la terre. Je ne me laisse pas surprendre par la distraction. Je suis toujours négatif. Oui, il faut déconfiner Montréal au plus sacrant: rouvrir les jardins communautaires, le jardin botanique, les bibliothèques, les restaurants, les écoles et même les cinémas de façon sécuritaire certes mais certainement pas dans l'angoisse et la crainte.
Qu'on arrête de nous monter la tête avec des discours de peur et d’inquiétude. Nous sommes assez grand pour utiliser notre libre arbitre. Ah oui ! j'ai 67 ans.
Je vous invite à vous inspirer plutôt du modèle suédois et de rassurer la population. Vous êtes le Premier ministre que diable! Votre discours doit être à la hauteur.
Veuillez agréer, monsieur le Premier ministre, mes salutations les plus distinguées.
Bonne continuation, Réal Gingras
Depuis son élection M. Tomlinson nous a habitués à ce que tout commentaire ou suggestion des citoyens soient traités dans un esprit d’affrontement avec ces derniers quitte à déformer les faits pour sauver la face. Les réponses fournies lors du dernier conseil ne firent pas exception.
« Tous ont remarqué que la qualité des services a beaucoup diminué, en particulier en ce qui a trait à la propreté et l’entretien. » PHOTO JOURNAL D’OUTREMONT ARCHIVES
ORDURES
Le problème persiste et la direction de l’arrondissement ne convainc personne quand elle dit que ce dossier est prioritaire pour elle. Tous les prétextes sont bons pour ne pas agir. Le dernier en ligne, la COVID 19. A une citoyenne qui se plaint depuis plus de 6 mois que les panneaux informant des jours de collecte dans sa ruelle sont erronés, ce qui a pour fâcheuse conséquence que toute contravention sera déboutée en cour municipale, on a répondu que l’on avait fait le travail de repérage, mais que le jour où on allait passer à l’action, pour commander de nouveaux panneaux je suppose, le confinement fut décrété. Remarquez que l’on a été beaucoup plus rapide pour changer les panneaux de stationnement, mais ne boudons pas notre plaisir car miraculeusement ces panneaux furent changés deux jours après. Cela dit cela ne devrait pas changer grand-chose sur les nombres de contraventions car le Maire nous a confirmé que, COVID 19 oblige, on ne fait plus de fouille dans les ordures pour accumuler des preuves contre les contrevenants. Un autre sursis pour le festival du dépotoir.
STATIONNEMENT
Cela fait 10 mois que les citoyens de l’îlot Willowdale et d’ailleurs font remarquer que lors des périodes de nettoyage les deux côtés de rue sont interdit au stationnement. Le Maire avait promis une solution mais il semble que celle-ci n’arrivera pas avant juillet ou aout (un an après). Le Maire n’a cependant pas manqué de blâmer les citoyens pour cet état de fait, en faisant valoir que cette situation est le résultat du refus de ces citoyens d’accepter un stationnement des deux côtés de la rue, tel que proposé initialement dans son plan de stationnement. Quel sophisme car le Maire semble oublier que ce plan est la cause première de ce problème en abolissant l’alternance! Quand on est rendu à blâmer les citoyens pour les incohérences de son plan de stationnement c’est qu’on oublie que la politique de stationnement doit être aux bénéfices de ces derniers, pas pour flatter son ego politique.
CAMP SOLEIL
A des citoyens qui faisaient remarquer que la nouvelle tarification du camp allait augmenter leurs coûts de façon disproportionnée pour les citoyens qui choisissaient l’option 8 semaines sans service de garde, le Maire les a quasiment blâmer de ne pas choisir les options qui font en sorte que les tarifs sont comparable à l’an dernier. De toute façon ce qui semble important, c’est que dans ce package deal, les citoyens, qui comme lui, envoient leurs enfants cinq ou quatre semaines y trouvent leur compte. Je ne conteste pas que de confier le camp à un OBNL puisse être une bonne solution pour l’arrondissement, mais plutôt que nier les faits, l’arrondissement devrait plutôt chercher à trouver une solution pour ces parents-citoyens qui ont besoin du camp plus que tout autres. Si on est prêt à subventionner les vignettes de stationnement pour certains citoyens, pourquoi ne pas subventionner pour ces parents une partie de la différence de tarif? Pourquoi favoriser l’accès l’automobile plutôt que les enfants des citoyens à faible revenu qui dépendent d’un camp de jour à prix modique? Probablement que ces parents ne font pas partie de la base électorale de Projet Montréal.
AUGMENTATION DE SALAIRES DES CONSEILLERES
Le Maire a de nouveau confirmé que cette augmentation rétroactive est reportée plutôt qu’annulée. Le Maire en fait une question d’équité faisant allusion que c’est pour les conseillères, comme si ce dossier en était un similaire aux dossiers d’équité salariale de la dernière décennie. Quel sophisme!
Si on parle d’équité salariale, on doit s’appuyer sur des faits et regarder l’ensemble des comparables et non seulement la rémunération que se sont votée les élus du Plateau. Une étude de rémunération en bonne et due forme prend en considération le niveau de responsabilité, la taille du budget géré, le nombre de commettants etc… St- Lambert a justement procédé à une telle étude quand est venu le temps de fixer la rémunération de ses élus. Les échevins de villes de banlieue comparables à la nôtre gagnent environ 25 000$ alors que la réforme Tomlinson ferait passer la rémunération totale de nos conseiller.e.s d’arrondissement dans une fourchette de $58 000 pour M. Corbeil à près de 100 000$ pour Mme Patreau. Outremont est l’un des plus petits arrondissements de la ville, il est normal que Mme Pollack ne puisse s’attendre à la même rémunération qu’une conseillère d’arrondissement du Plateau, même si elle y habite, cette dernière représentant quatre fois plus d’électeurs. A la mesure d’équité du Maire, je soumets une autre mesure, soit le coût de représentation par électeur. A dix dollars par citoyen, homme, femme ou enfant, pour le privilège d’être représenté par Mme Magini, par exemple, cela me semble un peu excessif. Il est temps que Projet Montréal commence à se poser la question si les mesures proposées sont équitables pour les citoyens!
COLS BLEUS
Parlant d’équité envers les citoyens, abordons la question des services offerts à ces derniers en temps de pandémie. Alors que plusieurs citoyens ont perdu leur source de revenu ou se sont vus imposer des diminutions de salaires, les employés municipaux sont confinés à plein salaire. Tous ont remarqué que la qualité des services a beaucoup diminué, en particulier en ce qui a trait à la propreté et l’entretien. Malgré mes questions à ce sujet, le Maire n’a pas été capable d’expliquer en quoi les mesures de distanciation impactaient les opérations de la citerne qui nettoie les rues. C’est comme si la consigne du ministre de l’éducation qui enjoignait les étudiants et les professeurs à prendre le confinement comme des vacances, s’appliquait aussi à nos employés municipaux. Mais peut-on vraiment blâmer nos cols bleus car quand le chat n’est pas là les souris dansent … et festoient dans le buffet à ciel ouvert que sont devenues nos ruelles!
Le Journal d’Outremont reçoit une quantité importante de photos provenant de résidants, qui montrent l’état lamentable de nos rues et de nos ruelles. Toutes ne sont pas mises en ligne, bien entendu, mais voici le point de vue inédit d’une résidante sur l’avenue Bernard, de son logement juste au-dessus du Marché Les 5 Saisons. Nous publions ici son commentaire et la photo fournie.
Je vous envoie cette photo de la rue Bernard en face des 5 Saisons car les incivilités habituelles sont aggravées par les abandons de masques et gants sur le trottoir. Je ne peux que regretter que la saleté devienne de plus en plus présente dans les rues, ruelles et parcs d’Outremont.
PHOTO COURTOISIE
PHOTO COURTOISIE
Je voulais regarder, avec beaucoup de curiosité, le film documentaire " Outremont et les Hassidim ‘’. Ma curiosité était double. Ayant signé plusieurs dizaines de documentaires télévisuels en affaires publiques tout au long de ma carrière de réalisateur, je tenais à voir si celui-ci s'en tenait à une rigueur journalistique. En d'autres mots, si ce film était objectif. D'un autre point de vue, étant citoyen depuis 40 ans qui a pu observer les difficiles relations entre nos deux communautés, j'avais hâte d’en connaître le traitement dans le film.
J'ai été profondément déçu.
Ce documentaire manque de rigueur car il ne présente surtout qu'un côté de la problématique, celui du " vivre ensemble ". Selon de nombreux observateurs, il existe une réelle tension entre les deux communautés. Cette tension n'est pas palpable dans ce documentaire. Et les raisons de cette forte tension ne sont pas manifestes non plus dans le déroulement du film.
Ce documentaire est gentil-bonbon-mou, manque de "punch", de muscle et de controverse. Le montage est biaisé. Ça sent la mise-en-scène à l'eau de rose.
Très pauvre comme travail journalistique de Radio-Canada.
Philippe Cinq-Mars,
réalisateur
Je demeure dans le quartier Outremont-Mile End depuis 45 ans. Presque chaque jour je circule dans le quartier et je l’observe. En tant que géographe, spécialiste des comportements humain dans l’espace, j’ai eu tout le loisir d’analyser ce qui se passe dans mon quartier, dans mon milieu de vie.
J’étais donc curieux de voir la présentation qu’en ferait le cinéaste Eric Scott dans son reportage Outremont et les Hassidim présenté samedi 18 avril 2020. J’ai été déçu, fortement. J’aurais apprécié une approche globale, respectueuse des différents points de vue, et surtout une approche qui fournit une explication sur ce qui se passe dans mon quartier et qui permet de comprendre les réactions des citoyens d’Outremont. On m’a plutôt servi un discours largement orienté et qui fait surtout place aux particularités du groupe hassidique. Donc une étude culturelle ce groupe et qui met l’accent sur les côtés positifs.
(…)
On nous a plutôt présenté à plusieurs reprises des chanteurs hassidiques tels qu’ils évoluent dans leur salon. De beaux garçons bien habillés, avec une belle voix et un sourire agréable. L’apparence de ces hommes était bien différente des hommes en noir que je vois circuler sur la rue, qui vont du point A vers le point B sans regarder autour d’eux.
Madame Pollack, ma conseillère municipale, a joué un rôle important dans le film. Parlant français, bien habillée avec un beau collier de perles, calme et pondérée, on l’a présentée comme ouverte et tolérante, une rassembleuse en fait. Pour elle le problème en est un d’incompréhension du fait que les citoyens hassidiques n’échangent pas avec les autres citoyens du quartier. Si les voisins se parlaient, ils se comprendraient et ça irait bien. Tous les problèmes disparaîtraient.
(…)
Quand le journaliste Scott a fait appel à des personnes du quartier pour venir témoigner, j’ai pensé me présenter vu que j’ai beaucoup de choses à dire. Mais je n’y suis heureusement pas allé du fait que beaucoup de journalistes ou documentalistes font de longs enregistrements et ensuite choisissent quelques clips qui vont dans le sens de leur idéologie.
(…)
Pour être sérieux, professionnel, ce reportage de notre société d’État aurait du présenter les éléments suivants :
- une problématique axée sur l’évolution d’un territoire multiculturel sous l’influence d’un groupe d’étrangers ayant une culture particulière et fonctionnant en bloc; - les différentes réponses qu’offrent les gens en place (citoyens, médias et politiques); - l’impact qu’aurait dans le futur, dans le cas d’une forte croissance de cette population hassidique.
Léon Gagnon,
Géographe, résidant d’Outremont
Cette lettre d’opinion a été rédigée à l’égard du gouvernement du Québec. Elle stipule l’importance d’une dernière journée d’école pour tous les finissants et finissantes de la province.
École Paul-Gérin-Lajoie d’Outremont. PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT ARCHIVES
Cher Monsieur Legault,
Cher Monsieur Roberge,
Nous vous écrivons aujourd’hui au nom de tous les élèves de cinquième secondaire du Québec. L’annonce de la fermeture des établissements d’éducation du second degré jusqu’au mois de septembre a bouleversé nombre d’entre nous. Sachez que nous appuyons entièrement cette décision nécessaire à la santé publique. En effet, nous sommes conscients que la réouverture des polyvalentes et des collèges présenterait un risque additionnel que nous souhaitons éviter pour le bien de tous. Néanmoins, nous estimons qu’il serait judicieux d’accorder aux finissants et finissantes le privilège de profiter d’une dernière journée d’école.
Tel que mentionné lors de votre point de presse du 27 avril dernier, les jeunes du primaire auront l’option de retourner en classe dès le mois de mai. Nous saisissons qu’il est important que les enfants effectuent un retour graduel en milieu scolaire pour différentes raisons. Toutefois, nous pensons que nous, élèves de cinquième secondaire, pourrions bénéficier de quelques heures pour nous retrouver une dernière fois, avant que nos chemins ne se séparent. Cette dernière journée, bien que plus symbolique qu’autre chose, nous permettrait de boucler la boucle des cinq années passées dans ces établissements qui ont forgé nos vies. Dire adieu aux professeurs qui nous ont guidés lors de ce parcours formateur. Voir une dernière fois nos pairs. Cet exercice, qui est loin d’être un caprice, nous procurerait un bien-être psychologique. Bien-être, qui, comme vous le savez, est d’une importance capitale dans ces années charnières de notre vie. Cette action serait pour nous une façon de tourner la page en toute quiétude.
Enfin, messieurs, les finissants et finissantes vous enjoignent de bien vouloir leur échanger une seule petite journée contre les trois mois qu’il leur restait à vivre au secondaire, contre les voyages scolaires qui ont été annulés, contre la graduation qui ne se déroulera certainement pas comme ils l’avaient imaginée, contre la chance de revoir pour une dernière fois les enseignants et les amis qui les ont marqués à jamais, contre leur dernière saison sportive annulée, contre les spectacles dûment préparés qui n’aboutiront jamais, contre leurs derniers projets qui ne verront jamais le jour, contre le sentiment de marcher dans les corridors et de sentir que l’école leur appartient et bien sûr, contre le dernier regard jeté sur l’entrée des élèves avant de finalement faire un pas dans l’âge adulte.
Merci,
Justin Angélil-Danis, Mathis Bruyère, Chloé Desjardins, Alexis Gabriel Gherasim, Charlotte Lapointe et Justine Monette.
Lundi 6 avril 2020. Promenade dans le parc Kennedy. Je remarque des plaques de ciment dont les 4 vis apparentes de presque 5 cm m’apparaissent potentiellement dangereuses. J’en avise à haute voix Madame Patreau que je croise fortuitement et elle me répond qu’elle est au courant car des poubelles vont y être vissées très bientôt. Je me dis qu’elle doit être rudement bien informée et concernée puisqu’elle est conseillère du district Joseph-Beaubien, présidente du comité Parc/Environnement et que résidant face au parc, elle a le temps quotidiennement de faire une vérification de l’état des lieux.
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Mardi 7 avril 2020. J’écris un courriel à la conseillère Patreau (la directrice d’arrondissement et le maire Tomlinson sont en c.c.) qui m’affirme qu’elle n’a pas attendu mon message pour faire un suivi sur plusieurs points à améliorer dans ce parc.
Jeudi 16 avril 2020. Promenade dans le parc Kennedy. Sur les 4 socles de poubelles problématiques, 2 ont été neutralisés et 2 représentent toujours un certain danger. Courriel a été envoyé aux 3 personnes mentionnées dans le courriel du 7 avril.
Jeudi 23 avril 2020. Il fait beau soleil. Promenade dans le parc Kennedy : plusieurs jeunes enfants y font des courses de vélo et d’autres courent partout. Il y a toujours 2 socles de poubelles dont les vis apparentes représentent un sérieux danger. De guerre lasse devant l’inaction administrative, j’ai téléphoné au 311 en espérant que ma plainte sera plus efficace que le suivi promis par la conseillère Patreau.
Une personne de l’administration Tomlinson est forcément imputable pour cette situation qui perdure, à ma connaissance, depuis plus de 3 semaines. Paresse ? Incompétence ? Manque de coordination ? Laxisme ? Je m’en-foutisme ? Toutes ces réponses ?
Mariclaude Ouimet
Quand nous avons connu la crise du pétrole et subi l’agressivité des multinationales en 1973, dans un discours célèbre, le Président Nixon avait eu à la télé un lapsus historique :
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Recommandant qu’à l’avenir nous n’ayons plus à subir le chantage des apprentis sorciers du Moyen-Orient il émit l’intention de mettre l’Amérique à l’abri de toute énergie étrangère, mais sa langue fourcha et il prononça : mettre l’Amérique à l’abri de tout ennemi étranger : we will be free of any foreign ennemy…. Ooops! We will be free of any foreign energy!
Voici que le gros du continent de l’Amérique du Nord, voit son pétrole tomber en dessous de zéro! Les pétrolières sont prêtes à payer pour qu’on les débarrasse de leurs excédents de pétrole et pourtant, personne ne se presse pour faire la queue pendant des heures devant les stations d’essence!
La solution serait que les producteurs qui ont peur de voir leurs puits s’abîmer faute d’usage, offrent une journée internationale de plein gratuit aux automobilistes!... même du super!!!
Nous ferons alors la queue devant les stations service, même si ça doit révolutionner la circulation aux carrefours et perturber l’agressivité des cyclistes qui ont déjà envahi l’espace. Les autos devront se tenir à deux mètres minimum et se mettre un masque sur la grille de la calandre, et leurs lave-glace sera de l’alcool à 70 degrés. Les stations feront plaisir aux voisins qui accepteront volontiers de faire faire les petites réparations ou entretiens pour le plus grand bonheur des mécaniciens et des pompistes qui recevront de généreux pourboires des assoiffés de fuel. Les puits recommenceront à puiser, les pompistes à pomper, les chauffards à chauffer… Et les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux ... à taxer (à titre provisoire bien sûr!).
Les trésors de notre sous-sol seront préservés pour ne pas en priver la couche d’ozone (présentement en rémission), et maintenir la faune marine en hausse, (J’adore le tilapia, le saumon et le mahi-mahi) et la liste des cancéreux en baisse! Le surplus d’oncologues ira aider les aides soignants dans les dernières (?) résidences des aînés, confirmant ainsi un mouvement de dé-civilisation et de dé confinement amorcé déjà par d’autres pays souvent totalitaires, sur notre continent ou ailleurs!
On devra alors assurer aux personnes âgées en perte d’autonomie, des revenus leur permettant de se faire transporter et livrer leurs emplettes, et des logements où ils ne sentiront pas comme des lions en cage. Pour moi, je propose mes services pour les encourager à rester confinés pour laisser le monde continuer à mal tourner…
Lors du dernier conseil d’arrondissement l’équipe Projet Montréal de M. Tomlinson a voté un montant de 50 000$, puisé à même les surplus de l’arrondissement, pour financer des organismes communautaires dans le cadre de la crise de la COVID 19. Ce montant s’ajoute aux 40 000$ déjà octroyés à Centraide à même le surplus.
«Va-t-on favoriser des projets d’aide alimentaire, des projets de support psychologique aux ainés, des projets pour supporter les commerçants?», questionne le citoyen Marc Poulin.
On comprend que la crise de la COVID 19 est un évènement extraordinaire et que les besoins sont criant. Personne ne conteste l’à propos de faire quelque chose. Il n’en demeure pas moins que même en temps de crise, on peut dépenser l’argent à bon escient. M. Tomlinson n’a pas été à même de justifier la somme demandée, ni de nous détailler qui allait recevoir ces sommes et pour quels projets. En fait, il confie à la directrice générale la responsabilité de déterminer, selon son bon vouloir, à qui ces sommes seront allouées.
Questionné par M. Corbeil (seul conseiller de l’opposition) sur la façon quelque peu désinvolte de dépenser les deniers publics, M. Tomlinson a choisi de porter en dérision l’intervention de ce dernier. Cette façon de faire est pourtant un autre exemple du manque de rigueur fiscale de cette administration. Tout d’abord, un gestionnaire aurait déterminé clairement pour quel type de projets l’argent serait dépensé. Va-t-on favoriser des projets d’aide alimentaire, des projets de support psychologique aux ainés, des projets pour supporter les commerçants, etc...? On ne le sait pas et la motion votée ne le dit pas. Deuxièmement quels sont les critères qui vont permettre de choisir les organismes qui bénéficieront des fonds. Comment va-t-on s’assurer que les sommes qui leurs seront confiées vont être bien investies. Devront-elles déposer un projet pour justifier leurs subventions? Quels sont les organismes qui se qualifient? Est-ce que ce programmes va se limiter à des organismes qui ont pignons sur rues depuis de nombreuses années et dont on peut vérifier la rigueur financière ou va-t-on accorder des sommes à quiquonque s’est improvisé organisme de charité dans la foulée de la crise? Autant de questions non répondues.
Pourtant la rigueur qui fait défaut à Projet Montréal Outremont on la retrouve dans d’autres arrondissements. Prenez St-Laurent, par exemple, qui faisait l’annonce suivante le lendemain de notre conseil d’arrondissement : Le conseil de Saint-Laurent confirme que sept organismes sociocommunautaires se partagent un soutien particulier totalisant 50 000 $ dans le cadre du Fonds d'urgence COVID-19. Ressources jeunesse de Saint-Laurent, l'Accueil au cœur de l'enfance / Centre de pédiatrie sociale, le Centre d'action bénévole et communautaire Saint-Laurent, le YMCA Saint-Laurent, le COCLA, le CEJFI et le Comité logement Saint-Laurent sont donc retenus. Plus sollicités que jamais, ces organismes soutiennent les locataires, distribuent des aliments et offrent des services aux jeunes adultes en maison d'hébergement, entre autres.
Tout y est. Notez au passage que pour un arrondissement quatre fois populeux que le nôtre la somme investie est la même. À Outremont on dépense avant d’avoir validé les projets et on sème à tout vent. Nos conseillères Projet Montréal sont de toute évidence plus préoccupées de trouver des façons de préserver leur augmentation de salaire rétroactive (en reportant le vote plutôt que de retirer la motion) que de travailler à bâtir des projets structurants avec les organismes de l’arrondissement face à la COVID 19. Aux États-Unis ce genre de programme flou de dispersion des fonds a un nom : pork barrel. Il ne nous reste qu’à espérer que les sommes allouées le seront en toute transparence et que, contrairement à la pratique américaine, elles ne seront pas allouées sur des bases politiques.
Un message ? C’est ce qu’on aurait espéré recevoir de la part du maire, ou de ses représentants. Au moment où le monde entier incluant notre arrondissement vit une crise historique, il aurait été essentiel de la part de nos élus d’envoyer un message clair concernant la gestion de l’arrondissement et des facteurs de risques ainsi que des directives sur les mesures de sécurité à suivre. Bref, nous aurions espéré du Maire Tomlinson qu’il soit présent et qu’il assume les responsabilités pour lesquelles il a été élu.
Les problèmes bien documentés d’insalubrité, d’accumulation de déchets domestiques, et du manque d’entretien des ruelles mettent Outremont à risque d’une réelle situation de crise de santé publique RUELLE D’OUTREMONT LE 30 MARS 2020, COURTOISIE LECTRICE D’OUTREMONT.
Force est d’admettre cependant que le leadership en temps de crise n’est pas donné à tous. Le manque de leadership et l’absence totale de directives comme l’on voit actuellement de la part de nos élus à Outremont devraient pousser les autorités de la ville centre et du gouvernement à envisager la possibilité d’une mise en tutelle.
En effet, Outremont est l’un des secteurs les plus touchés par l’épidémie de la COVID-19 au Canada. Parallèlement, les problèmes bien documentés d’insalubrité, d’accumulation de déchets domestiques, et du manque d’entretien des ruelles mettent Outremont à risque d’une réelle situation de crise de santé publique. Le contexte insalubre d’Outremont peut exacerber les risques sanitaires. C’est ce qui doit être évité en pleine pandémie mondiale. Qui plus est, alors que les décrets étaient déjà annoncés par la province de Québec, les autorités d’Outremont ont délaissé la ville, laissé des activés publics se maintenir, et n’ont pas pris l’initiative de communiquer avec la population afin de faire une présentation adéquate de la situation et une mise en place d’un plan de gestion sanitaire de l’arrondissement. En somme, le capitaine a quitté son bateau avant qu’il ne coule.
Les citoyens d’Outremont sont en droit d’exiger des explications de ces lacunes. Le maire d’Outremont et son équipe sont actuellement responsables d’une grave négligence et ils devront répondre de leur manque de diligence.
François Audet
J’espère que vous n’êtes pas tannés de lire encore un texte sur ce maudit virus!
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Et pourtant, nous ne regarderons jamais plus avec envie les diablesses pulpeuses du carnaval de Rio, et les croisières dans des palaces flottants n’occuperont plus la première place de nos rêves.
Serrer nos jeunes dans les bras (et les moins jeunes aussi!), secouer les mains des copains sans nous précipiter sur le flacon de Purel, se saluer poing contre poing, faire bruyamment atchoum! tousser sans mettre ostensiblement le nez au creux de votre coude, (Ah! elle doit être belle, votre chemise!), fréquenter les foules d’un festival du film, d’un luxueux casino, d’un événement sportif ou faire la queue pour y entrer, partager généreusement notre clavier d’ordi, notre sandwich, notre bière, une frite brûlante, une pizza succulente ou notre… intimité, sourire à une caissière sans reflets sur son plexiglas, autant de gestes que nous faisions sans y penser, ça va être difficile sans une arrière pensée parano.
On ne pourra plus, comme certains charmants petit vieux, distribuer généreusement de chastes becs à toutes les belles inconnues ou connues, sans y trouver de résistance, après le confinement. Seuls nos infatigables politiciens viennent le faire quotidiennement, (…le con, finement), en nous promettant de dépenser abondamment les milliards qu’ils refusent systématiquement à des causes bien plus modestes…
On nous recommande régulièrement de nous laver les mains à l’eau et au savon, faute des gants et désinfectants, accaparés par de gros malins et stockés dans des chambres fortes!.. Et puis, bonne nouvelle : Le Dr. Weiss passe son message : Quand je me regarde, je me désole, mais quand je regarde les autres, je me console…
L’arrondissement vient, avec un certain retard qui a fait en sorte que les renseignements ne firent pas partie de la programmation d’été publiée en début de mois, de faire connaitre la tarification du camp de jour pour l’été 2020. Plusieurs parents ont sursautés devant les tarifs exigés qui dans certains cas peuvent passer du simple au double selon les options choisies. Décidément confier le camp Soleil à une OBNL ne se fera pas sans heurt.
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Cela dit, il ne faut pas s’en surprendre. En vertu des données recueillies lors du budget, le camp de jour géré par la ville en 2020 aurait généré des pertes de 128 000$ sur des revenus de 170 000$, donc des dépenses de 298 000$ principalement des salaires. Puisque l’arrondissement n’a octroyé qu’une subvention de 30 000$ et comme il est impensable de couper les dépenses de 100 000$ sur un budget d’opération de 298 000$, il fallait bien augmenter les tarifs. (On ne peut augmenter le nombre d’inscrits indéfiniment sans pour autant augmenter les dépenses car il y a des ratios d’encadrement à respecter).
Déjà lors du budget j’avais part de ces commentaires au Maire qui m’avait assuré qu’il avait bon espoir de trouver une OBNL pour faire le camp. Il s’est bien tenu de dire qu’il n’allait pas obliger l’OBNL à maintenir le tarif. Ou encore croyait-il peut-être l’OBNL capable de miracles. Ce n’est pas la faute de l’OBNL qui, je suis sûr, va offrir un camp de qualité. A l’impossible nul n’est tenu.
Le vrai problème c’est que c’est un choix politique de cette administration qui se targue pourtant d’être du côté des familles. Si on avait vraiment voulu continuer la mission sociale d’offrir un camp de jour abordable aux familles, on aurait fixé les tarifs dans l’appel d’offre et augmenter la subvention. Projet Montréal préfère se payer des conseillers politiques ou encore augmenter le salaire des conseillères d’arrondissement. On préfère donner des rabais de stationnement aux résidents et non-résidents à faible revenus plutôt qu’aider les familles à faible revenus qui ont des enfants en leur offrant un camp de jour abordable. Encore un autre exemple de l’incohérence de cette administration.
Marc Poulin
Avenue de la Brunante
Au dernier conseil M. Tomlinson nous annonçait l’intention de Projet Montréal d’augmenter de plus de 12 000$ par an le salaire de nos conseillers d’arrondissement. Cette prime va s’ajouter à diverses primes déjà existantes et porter le salaire de base d’un conseiller d’arrondissement à environ 60 000 $. Évidement si vous êtes du parti au pouvoir et que comme Madame Patreau vous siégez sur divers comités à la ville centre votre rémunération va dorénavant frôler les 100 000 $ par an (source TVA 14 sept. 2019).
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Une augmentation substantielle (…)
Premièrement, on vote cette augmentation de façon rétroactive au 1er janvier et n’ayant pas été budgétée, elle sera payée à même le surplus. Pourtant l’approbation du budget au conseil ne date que de quelques mois… Où était l’urgence (…) ? Combien de simples mortels se font fait dire par leur patron alors qu’ils réclamaient une augmentation de salaire ‘’ je comprends mais ce n’est pas prévu au budget, on en reparlera au prochain budget’’. Pas à Outremont car les budgets, on les manipule…. Il était beau d’entendre la résidente du Mile End et conseillère Mindy Pollak, justifier cette utilisation du surplus pour financer une dépense d’opération récurrente, par le fait que le budget présenté ne faisait pas appel aux surplus (vrai mais ceci fut accompli en modifiant la façon de comptabiliser certains revenus…). En fait depuis le dépôt du budget, Projet Montréal a approuvé pour 283 000$ de dépenses imputées au surplus (dont 125 000$ récurrente). A vous de juger si il s’agit de mauvaise planification ou d’un tour de passe-passe pour se vanter d’un budget équilibré.
Deuxièmement, les raisons invoquées. D’abord d’autres arrondissement le font pourquoi pas nous? Doit-on rappeler à nos élues qu’Outremont est l’un des plus petits arrondissements? Que St-Laurent avec sa population de 98 000 âmes accorde une prime à ses 2 conseillers d’arrondissement qui représentent 25 000 citoyens chacun, cela peut se comprendre. Mais 4 primes à Outremont pour représenter environ 5500 citoyens par conseillers, c’est indécent. Si Mme Magini voulait le salaire d’un conseiller de ville, elle n’avait qu’à se présenter dans Côte-des-Neiges où elle habite.
On invoque aussi, un surplus de tâche dans la dernière année. On comprend que les conseillères ont dû être plus fortement sollicitées dans les derniers 9 mois suites aux politiques improvisées de cette administration. Mais le style de gestion de l’équipe Tomlinson est aussi en cause, quand on privilégie des contacts individuels plutôt qu’une consultation publique en bonne et due forme pour discuter du plan de stationnement, c’est fortement inefficace et occasionne un surplus de travail. Doit-on payer 50 000$ par an ad vitam aeternam pour ce choix politique?
On oublie également que cette équipe s’est dotée d’un conseiller politique à 80 000$ par année en début de mandat, sous prétexte de mieux répondre aux questions des citoyens. Et pourtant à 130 000$ de nouvelles dépenses de représentation, de nombreuses questions des citoyens restent sans réponse…
Troisièmement, ce salaire n’a aucune mesure avec celui des conseillers de villes de villes comparables à Outremont ailleurs dans l’agglomération. C’est environ 25 000$ à Mont-Royal, Westmount, Saint-Lambert, DDO etc…. La différence s’explique par le fait que dans ces municipalités, le rôle de conseiller en est un de service public assumé souvent à temps partiel. A Outremont, sous Projet Montréal, on voit ces rôles comme des rôles politiques à temps plein. Il est indéniable que les conseillères de Projet Montréal sont très présentes dans les activités politiques du parti, probablement un bon moyen pour assurer sa réélection, mais cela ne justifie pas de refiler la facture aux citoyens d’Outremont.
Quand Outremont était une ville, on avait 9 conseillers à temps partiel, habitant tous Outremont et payés environ 10 000$ chacun. Aujourd’hui c’est 4 politiciens professionnels payés à temps plein 60 000$ et souvent parachutées de l’extérieur. Ça coute beaucoup plus cher, mais sommes-nous mieux servi?
Marc Poulin
Avenue de la Brunante
Je suis travailleur autonome depuis 30 ans desservant l’arrondissement d’Outremont et Côte-des-Neiges, pendant 17 ans au CEPSUM, ensuite dans des locaux loués dans l’arrondissement d’Outremont.
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Malgré mon âge (69 ans), je travaille à temps partiel (2 jours/semaine) au 1569 avenue Van Horne chez Mince Alors! Pour continuer à servir une clientèle qui m’est restée fidèle depuis de nombreuses années. Je me déplace en auto, car je fais aussi du massage à domicile pour les personnes âgées et quelques personnes atteintes de problèmes de mobilité réduite dans le quartier.
Le transport de ma table ainsi que les accessoires ne peuvent se faire en transport en commun. À l’annonce de la tarification annuelle de 1200 $ pour une vignette de stationnement, je remets en cause mon acharnement à continuer à travailler pour rendre service à ma clientèle et me rendre utile. Si je renonce à offrir mes services à cette clientèle très localisée (dans le H2V), alors les résidents perdront leur thérapeute (je fais principalement du massage thérapeutique). Les commerçants/restaurateurs à proximité vont également perdre un client et la propriétaire du commerce, où je donne mes soins, perdra un locataire et une source de revenus apportée par ma clientèle.
Ce que je souhaite, c’est une tarification qui est respectueuse de notre capacité à payer, surtout pour des travailleurs autonomes ou des contractuels qui ne peuvent dépenser de telle somme.
Tout le monde est pour la vertu, mais le fait de « punir » les automobilistes qui doivent stationner dans les rues d’Outremont n’apportera pas une solution durable au manque de stationnement dans le quartier.
Aspects économiques
• Fragilise les emplois à temps partiel à Outremont.
• En diminuant ces emplois, vous diminuez l’offre de service aux résidents.
• Vous diminuez les retombées économiques de ces travailleurs dans le quartier.
• Certains travailleurs autonomes doivent se déplacer plusieurs fois dans une même journée pour remplir leurs fonctions, parfois avec de l’équipement (c’est mon cas), donc le transport en commun n’est pas une option.
Aspects logistiques
• Dans le secteur Davaar/McEachran, il y a peu de triplex ou même de duplex, donc il n’y a aucune pénurie de stationnement pour les résidents du quartier.
• Le représentant de l’Université de Montréal a démenti la notion que les étudiants du nouveau campus des sciences prenaient massivement leurs voitures pour se rendre à l’école.
• Le nouveau REM qui aura une gare à la station Edouard-Montpetit, n’augmentera pas plus la demande de places de stationnement dans ce secteur, vu que depuis les 30 dernières années où j’ai travaillé dans ce secteur, il n’y avait jamais eu de disponibilité de stationnement à cause du CEPSUM et du campus de l’Université de Montréal.
• Tout mouvement pour l’écologie ou toute forme de taxation devrait être progressif.
• Ce qui serait souhaitable, ce serait au mieux des places sans vignette comme c’est le cas présentement : au pire, une facturation qui respecte la capacité du monde à payer.
Philippe Beauchamp
massothérapeute
avenue Van Horne
Je m’appelle Tatiana Tourville, je vis à Outremont depuis mai 1968 - donc presque 52 ans!
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(…)
Au sujet du nouveau règlement de stationnement, personnellement je n’ai pas de problème étant donné que j’ai un garage et en plus une place à l’extérieur. J’ai recueilli plus de 70 signatures pour qu’il y ait une consultation: je me bas pour ceux et celles qui avaient des vignettes car ils habitent des rues avec beaucoup de logements, qui en arrivant avec leurs emplettes, après une journée de travail, avec leurs enfants, celles qui ont des problèmes de se déplacer à pieds …. pouvaient toujours trouver une place pour se garer. Maintenant ce n’est plus le cas.
Je trouve aussi très injuste que les professeurs, les éducatrices des garderies, tous les employés dans les différents commerces, restaurants, doivent payer $1200 par année pour venir enseigner aux enfants, en prendre soin, nous offrir différents services, etc… C’est un non-sens total.
Et quoi dire de la taxe sur l’hospitalité: si un ami me rend visite a l’improviste, je dois partir une minuterie à son arrivée pour éviter une contravention, ou alors lui demander combien de temps il compte rester et l’informer que, soit moi ou lui, devra payer $10 pour passer un moment convivial ! En plus il s’agit d’une autre taxe ! Sans compter que donner le numéro des plaques d’immatriculation de nos visiteurs est une atteinte à la vie privée. Ce service devrait être gratuit, car taxer l’hospitalité, c’est le comble du non-sens !
Ce plan de stationnement est basé sur de fausses données : 10 000 étudiants de l' UDM viendraient se stationner chez nous, quand c’est à peine 275 selon M. Jean Renaud, directeur de cabinet du recteur de l’Université de Montréal. Il n’a pas eu d’étude, ni de consultation avec les citoyens, il nous a été simplement imposé de force.
Je suis pour la diminution des GES, pour plus de verdure, plantations d'arbres, etc… mais le plan de M. Tomlinson n’adresse aucun de ces enjeux.
Pour toutes ces raisons, je demande un moratoire.
Tatiana Tourville
Av.Antonine-Maillet
Le règlement de stationnement d’Outremont aggrave le problème qu’il est censé résoudre. Nonobstant les prétentions du maire, il ne réduira les émissions ni de polluants ni de gaz à effet de serre (GES). Une fois soustraits les frais d’implantation, de contrôle et d’administration, le fruit de la vente des vignettes défrayera à peine les projets de verdissement promis, si tant soit même qu’il les défraie. Si on se fie aux témoignages lors de la consultation publique du 19 février dernier au CCI, à quelques exceptions près les Outremontais accueillent ce règlement avec hostilité.
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Auparavant, seuls les résidants de certains secteurs où des foyers sont dépourvus d’un garage éprouvaient de la difficulté à stationner près de chez eux. Malheureusement, non seulement la vignette unique ne les protège-t-elle pas, elle expose de nouveaux secteurs au même problème. Pour éviter cet écueil, il eût fallu implanter un régime de vignettes locales réservant l’exclusivité du stationnement aux riverains. Ce n’est pas tout. Une abondance de témoignages de non-résidants révèle que le coût de leur vignette entraînera de graves problèmes pour des enseignants, des ouvriers spécialisés (plombiers, électriciens et autres), des employés de commerces, etc., pour qui l’automobile est le seul moyen pratique de déplacement vers ici. Le jour, ils empruntent des espaces libérés par des Outremontais œuvrant ailleurs; le soir, ils les leur rendent. Ils chercheront un emploi ailleurs et, en nous privant de leurs services ici, celui qu’ils trouveront éventuellement réduira notre qualité de vie.
Le règlement crée aussi des problèmes jusqu’à présent inconnus: inquiétudes, le soir et les weekends, lors de l’accueil d’invités (parents, enfants, amis); précarisation de la rentabilité de commerces précieux, en particulier les restaurants fréquentés hors des heures de travail quand moins de véhicules occupent nos rues.
Bref, sans résoudre le problème prétendument ciblé, le règlement de stationnement en crée. Réduira-t-il, en revanche, comme l’assure le maire, celui des émissions?
À moins que son moteur ne tourne à vide, un véhicule stationné ne dégage ni polluants, ni GES: il n’en dégage qu’en circulant. Plus la circulation sera fluide, moins il en dégagera. Or on observe de sérieux problèmes de fluidité sur les artères traversant Outremont. Le matin, les véhicules qui les empruntent viennent surtout du nord et de l’ouest et, en fin d’après-midi, du sud et de l’est. À partir de 15h30, environ, on remarque des bouchons bloquant à répétition l’intersection des avenues McEachran et Van Horne dans les directions nord et ouest. Au feu vert sur McEachran, ou pire au feu jaune, même s’il n’y a pas encore d’espace pour leur véhicule au nord, des conducteurs s’aventurent à traverser Van Horne; quand le feu sur McEachran passe au rouge et celui sur Van Horne au vert, le véhicule engagé entrave la circulation en direction ouest sur Van Horne: les nombreux véhicules retardés sur cette artère tournent à vide. Des blocages se produisent probablement ailleurs pour la même raison. Aux heures de pointe, la présence d’agents de circulation aux intersections stratégiques atténuerait ce problème et réduirait les émissions. Le maire a rejeté d’emblée une suggestion à cet effet.
Le 19 février, un peu après 20h00 au CCI lors de la consultation publique sur le règlement, Mme Alexandra Troubetzkoy, intervenant au nom d’une douzaine de parents, signala une situation où l’on pourrait réduire les émissions délétères. Elle rappela que des autobus scolaires, souvent aux trois quarts vides, circulant sur plusieurs avenues six jours par semaine de 8h00 à 22h00 à une cadence de 50 par jour, contraignent les véhicules derrière eux à stopper parfois d’une porte à la suivante où des enfants sont pris en charge ou déposés, les moteurs dégageant tous polluants et GES pendant ces nombreux arrêts. Mme Troubetzkoy proposa le déplacement actif, en mode trottibus, des enfants vers leur école et au retour, ou le remplacement des autobus au diesel par des autobus électriques.
C’est une répétition, je le sais, mais ce sont les véhicules en déplacement et tournant à vide, non ceux stationnés, qui polluent et dégagent des GES. C’est à leur endroit que l’arrondissement aurait dû, et devrait toujours, intervenir pour réduire les émissions.
Je ne possède pas de voiture et n’en conduis pas depuis plus de treize ans. J’emprunte le transport en commun et m’en porte mieux. Je partage les soucis du Conseil régional de l’environnement eu égard à l’urgence du problème des GES. Je conviens que les signataires de sa déclaration sont des experts de bonne foi. Mais ont-ils examiné les aspects particuliers du stationnement à Outremont? Savent-ils que l’inefficacité et l’importunité du règlement aient rendu incrédules les Outremontais? Apprécient-ils que son adoption irréfléchie et son imposition cavalière les aient rendus réfractaires aux modifications d’habitudes nécessaires pour contribuer leur part à résoudre un péril pour l’humanité de par le globe?
J’ai évoqué une mesure, et Mme Troubetzkoy en a évoqué d’autres que pourrait adopter l’arrondissement dans le champ de ses compétences pour réduire les émissions délétères. Vu la taille du problème et son urgence, ces mesures seraient évidemment insuffisantes. Il faut réduire le parc des véhicules propulsés à l’essence et au diesel. Parce que, pour l’essentiel générée par de l’eau en chute, au Québec l’électricité est «propre»; le passage à un parc de véhicules électriques réduirait donc les émissions. S’il se réalise, toutefois, ce ne sera cependant pas demain. De plus, si propres et si abondantes soient-elles, nos sources d’électricité sont limitées: il en faut aussi pour d’autres usages.
Veux, veux pas, par nécessité écologique il faut réduire notre parc de véhicules automobiles et accroître notre équipement de transport collectif. Le pouvoir et les compétences voulues résident à Ottawa et à Québec. Nos gouvernements pourraient augmenter les taxes sur les véhicules et le carburant, et consacrer le produit complet de l’augmentation au transport collectif. Les arrondissements et les villes n’en n’ont ni les compétences, ni le pouvoir. Compte tenu de cette réalité, à quoi bon importuner les résidants par un règlement aussi gêneur qu’inefficace? Serait-ce farfelu, cynique même, que d’y voir une tentative, fort maladroite d’ailleurs, de récupération du sentiment de responsabilité, louable mais naïf, de citoyens consciencieux?
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